Un fonds israélo-chinois va lever 300 M$ pour développer des médicaments
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Un fonds israélo-chinois va lever 300 M$ pour développer des médicaments

Le fonds de bio-industrie de Guangzhou, dirigé par l'ancien scientifique en chef d'Israël, a déjà réuni 200 M$ pour son deuxième fonds destiné à financer des essais cliniques

Guangzhou, Chine, décembre 2019. La rue piétonne Shangxiajiu dans le district de Liwan, un des principaux quartiers commerçants de la ville et une attraction touristique majeure. (Crédit : Parichart Thongmee ; iStock by Getty Images).
Guangzhou, Chine, décembre 2019. La rue piétonne Shangxiajiu dans le district de Liwan, un des principaux quartiers commerçants de la ville et une attraction touristique majeure. (Crédit : Parichart Thongmee ; iStock by Getty Images).

Le Guangzhou Sino-Israel Bio-industry Investment Fund (GIBF), qui cherche à promouvoir et à investir dans des co-entreprises chinoises et israéliennes du domaine bio-médical, a déclaré lundi, qu’il levait un deuxième fonds pour un total de 300 millions de dollars.

Le fonds GIBF 2 a déjà clôturé 200 millions de dollars et prévoit de lever 100 millions de dollars supplémentaires au cours des trois prochains mois, a déclaré Yehoshua (Shuki) Gleitman, ancien scientifique en chef de l’État d’Israël, qui dirige le fonds.

Le GIBF est un fonds d’investissement médical chinois créé en 2016, en partenariat avec le gouvernement de Guangzhou, la troisième ville la plus importante de Chine, et capitale de la Chine du Sud.

Le département du développement de Guangzhou est un investisseur d’ancrage dans le nouveau fonds, ainsi que d’autres entités gouvernementales chinoises, a déclaré Gleitman lors d’une interview téléphonique.

Le fonds est géré et contrôlé par ses partenaires israéliens, dont Gleitman, le professeur Shlomo Noy, ancien PDG par intérim du Sheba Medical Center à Ramat Gan (Israël) et directeur des activités de R&D de l’hôpital et de sa société de transfert de technologie, aussi Avner Lushi, spécialiste du capital-risque médical.

Yehoshua (Shuki) Gleitman, ancien chef du bureau du scientifique en chef d’Israël, préside le fonds d’investissement en bio-industrie Guangzhou-Israël Sino (GIBF) (courtoisie).

Carl Geng, ancien haut fonctionnaire du gouvernement central chinois dans le domaine des programmes nationaux de R&D et des collaborations internationales, est également un associé directeur du fonds.

GIBF est également le seul fonds chinois, sous gestion étrangère, autorisé à réaliser des placements en capital-privé en Chine, par la commission chinoise des valeurs mobilières et des changes (division AMAC), a indiqué GIBF dans un communiqué lundi.

La GIBF aide à créer des co-entreprises chinoises en partenariat avec des sociétés étrangères, principalement israéliennes.

Contrairement à la Chine, où les investisseurs locaux cherchent généralement à contrôler ces entreprises et à obtenir des droits sur le marché chinois, les filiales chinoises créées en coopération avec la GIBF sont contrôlées par les entreprises étrangères qui détiennent les droits de propriété intellectuelle de l’entreprise commune.

Les partenaires chinois ont accès à tout produit développé par l’entreprise pour le marché local.

Le GIBF investit généralement entre 3 et 8 millions de dollars dans la co-entreprise, en détenant des participations minoritaires et en aidant les entreprises dans leurs opérations.

Le deuxième fonds de la GIBF fonctionnera selon un modèle similaire au premier fonds, mais augmentera son financement à environ 15-20 millions de dollars par entreprise, et se concentrera sur les sociétés de biotechnologie israéliennes et européennes, qui développent des médicaments innovants et sont en phase 2-3 des essais cliniques.

La création d’une co-entreprise en Chine permettra à ces entreprises de réaliser leurs essais cliniques dans des cliniques chinoises, financés par le GIBF 2, dans le cadre de leurs études multi-centriques et de recruter des patients chinois, a expliqué M. Gleitman.

Les données seront ensuite ajoutées à celles des autres essais de la société et unifiées, pour être approuvées par les autorités de réglementation, tant aux Etats-Unis qu’en Chine, a-t-il précisé.

La propriété intellectuelle restera entre des mains étrangères, non chinoises, a souligné M. Gleitman, et les propriétaires étrangers auront le contrôle de la co-entreprise créée en Chine.

Le premier fonds, GIBF 1, qui a levé 100 millions de dollars (600 millions de yuans) en 2016, a jusqu’à présent, réalisé huit investissements dans des entreprises israéliennes dans le domaine des dispositifs médicaux et de la santé numérique : InMode, Carbofix, Visionix, Alpha Omega, CorNeat, Vitalarter, Neurotech et G-Medical, qui ont toutes créé des entités chinoises.

« Le processus a été lent », a déclaré Gleitman, et il y a une courbe d’apprentissage impliquée, car les co-entreprises créées en Chine sont des entités complètement nouvelles qui nécessitent un processus détaillé requis.

La propagation de la pandémie de coronavirus n’a pas aidé : les entrepreneurs n’ont pas pu se rendre en Chine et la conclusion d’affaires via Zoom s’est avérée difficile.

Les investissements chinois en Israël ont atteint un pic en 2018 et ont « faibli » depuis, selon un rapport de The Institute for National Security Studies.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : un changement de priorités chez le géant asiatique et de nouvelles restrictions sur la sortie des capitaux de Chine, la propagation de la pandémie, et un changement du climat d’investissement en Israël à l’égard des entreprises chinoises, en raison de la pression américaine.

Les investissements chinois en Israël représentent moins de 10 % des investissements de capitaux étrangers en Israël, « loin derrière les investissements provenant des Etats-Unis et d’Europe », indique le rapport.

La GIBF a pu poursuivre ses activités malgré les difficultés liées au climat d’investissement et à la pandémie, grâce à l’équipe locale dont elle dispose en Chine, au soutien du gouvernement, et aux contacts étroits qu’elle entretient avec les hôpitaux et la China Food and Drug Administration (CFDA).

Ce qui lui a permis de réaliser des transactions d’investissement et de créer de nouvelles entreprises en Chine, même si la capacité des cadres israéliens à se rendre en Chine reste très limitée.

Le domaine des sciences de la vie, dans lequel les deux fonds opèrent, est également moins sensible politiquement que d’autres, a déclaré Gleitman, et est donc « exempt de pressions. »

En 2019, GIBF 1 a connu sa première sortie importante, la société de dispositifs médicaux InMode ayant levé 70 millions de dollars sur le Nasdaq.

Deux autres entreprises sont à des stades avancés de sortie, a indiqué le GIBF dans son communiqué.

En outre, dans les semaines à venir, GIBF 1 annoncera la clôture de quatre investissements supplémentaires qui sont actuellement dans les processus d’approbation finale.

Le groupe dirigé par Gleitman gère également un incubateur technologique de sciences de la vie à Guangzhou, qui fonctionne selon le célèbre modèle d’incubation israélien.

Jusqu’à présent, une quinzaine d’entreprises ont été créées dans son incubateur, dont certaines sont basées sur des technologies étrangères, notamment israéliennes, allemandes et britanniques, et d’autres sur l’esprit d’entreprise chinois.

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