Un homme rescapé d’une attaque en Syrie serait le fils de l’ex-chef du Hezbollah
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Un homme rescapé d’une attaque en Syrie serait le fils de l’ex-chef du Hezbollah

Des médias arabes rapportent que deux missiles ont été tirés sur le véhicule dans lequel se trouvait Mustafa Mughniyeh près de la frontière libanaise

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un véhicule que le Hezbollah aurait utilisé pour transférer des armes a été visé par une frappe attribuée à Israël près de la frontière libanaise en Syrie, le 15 avril 2020. (Réseaux sociaux)
Un véhicule que le Hezbollah aurait utilisé pour transférer des armes a été visé par une frappe attribuée à Israël près de la frontière libanaise en Syrie, le 15 avril 2020. (Réseaux sociaux)

Un passager d’une voiture visée par une attaque aérienne mercredi en Syrie attribuée à Israël était le fils d’un haut commandant du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah qui aurait été assassiné dans un attentat conjoint israélo-américain il y a plus de dix ans, a rapporté jeudi le site d’information Al-Arabiya. Il a survécu à l’attaque, ainsi que les autres personnes présentes à bord du véhicule.

Selon les médias arabes, deux missiles ont été tirés sur la voiture, une Jeep Grand Cherokee, alors qu’elle traversait la ville de Jdeidat Yabous, dans l’ouest de la Syrie, en direction de la frontière avec le Liban.

Le premier missile a touché le sol près du véhicule. Les quatre hommes à l’intérieur – identifiés par les médias arabes comme des membres du Hezbollah – ont ensuite abandonné la voiture, qui a été détruite par le deuxième missile quelques instants plus tard.

Ni le Hezbollah ni l’armée israélienne n’a réagi à ces informations.

Le jeudi matin, Al-Arabiya a rapporté que l’une des personnes à bord du véhicule était Mustafa Mughniyeh, le fils du terroriste Imad Mughniyeh, qui a été tué dans un attentat à la voiture piégée attribué en 2008 au service de renseignement du Mossad et à la CIA.

Mustafa Mughniyeh a été identifié comme un commandant supérieur du Hezbollah, jouant un rôle actif dans les opérations du groupe terroriste en général et dans ses efforts pour établir une présence militaire permanente le long du plateau du Golan syrien en particulier.

Imad Mughniyeh, commandant du Hezbollah tué en 2008. (Crédit : CC BY-SA, Wikimedia Commons)

Les médias arabes ont identifié mercredi l’un des autres occupants de la voiture comme étant un haut responsable du Hezbollah, « Imad Karimi », bien que l’on ne sache pas immédiatement s’il s’agit de son vrai nom ou d’un nom de guerre.

On ignore pour l’instant si le premier missile a accidentellement manqué sa cible ou s’il s’agissait d’une tentative de forcer les personnes à l’intérieur à s’échapper du véhicule – semblable à la méthode israélienne qui consiste à « frapper sur le toit » d’un bâtiment avec une petite bombe en guise d’avertissement avant une attaque plus importante visant à détruire la structure.

Les images publiées sur les réseaux sociaux semblaient montrer un véhicule ravagé et incendié.

La deuxième frappe, après la fuite des passagers, a conduit à l’hypothèse que la véritable cible de l’attaque au missile était une pièce d’équipement à l’intérieur de la voiture, plutôt que ses passagers, potentiellement une pièce de machinerie liée au projet de missile de précision du Hezbollah. Israël s’est fixé comme priorité absolue de contrecarrer les efforts du groupe terroriste pour convertir son arsenal massif de simples roquettes en munitions à guidage de précision.

Israël a également soutenu depuis longtemps qu’il n’accepterait pas l’établissement d’une présence militaire permanente en Syrie par le Hezbollah ou l’Iran, qui soutient le groupe terroriste libanais.

Bien que les responsables israéliens s’abstiennent généralement d’assumer la responsabilité de frappes spécifiques en Syrie, ils ont reconnu en avoir mené des centaines, voire des milliers dans le pays depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Ces raids ont été en grande majorité dirigés contre l’Iran et ses alliés, notamment le Hezbollah, mais Tsahal a également pris pour cible les défenses aériennes syriennes lorsque ces batteries ont tiré sur des avions de chasse  israéliens.

La frappe de mercredi est survenue quelques jours après que Tsahal a accusé l’armée syrienne d’aider le Hezbollah à établir une présence militaire permanente sur le plateau du Golan, en diffusant des images vidéo montrant un officier syrien de haut rang en visite dans la région.

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