Un investisseur émirati s’intéresse à l’équipe de football du Beitar Jerusalem
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Un investisseur émirati s’intéresse à l’équipe de football du Beitar Jerusalem

Des progrès auraient été réalisés dans un éventuel accord entre un entrepreneur émirati anonyme et le club à la réputation sulfureuse

Le football israélien revient après des mois d'interruption à cause du coronavirus, avec un match de Premier League entre le Beitar Jérusalem et l’Hapoel Beersheba au Stade Teddy de Jérusalem le 30 mai 2020 (Flash90)
Le football israélien revient après des mois d'interruption à cause du coronavirus, avec un match de Premier League entre le Beitar Jérusalem et l’Hapoel Beersheba au Stade Teddy de Jérusalem le 30 mai 2020 (Flash90)

Un homme d’affaires des Émirats arabes unis souhaite investir dans une équipe de football israélienne à la réputation sulfureuse, connue pour le sentiment anti-arabe et anti-musulman de ses supporters, ont rapporté ces derniers jours plusieurs médias israéliens.

Moshe Hogeg, le propriétaire du club Beitar Jerusalem, aurait reçu l’offre par l’intermédiaire d’un membre de la famille royale d’Abou Dhabi, suite à l’accord de normalisation annoncé entre les pays le mois dernier et qui doit être signé cette semaine.

L’homme d’affaires, qui n’appartient pas à la famille royale et n’a pas été publiquement identifié, serait un ami personnel de Hogeg et aurait dit à ses associés que l’accord était réaliste et que plusieurs appels vidéo via Zoom avaient eu lieu à ce sujet, a rapporté samedi le radiodiffuseur public Kan.

Des comptables et des avocats auraient été engagés pour évaluer la faisabilité financière et juridique de l’accord, selon Kan.

Le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat salue du coude un fonctionnaire émirati avant de monter à bord de l’avion avant de quitter Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le 1er septembre 2020. (Nir Elias/Pool/AFP)

Hogeg aurait tenté d’expliquer à ses associés pourquoi un homme d’affaires des Émirats arabes unis pourrait être intéressé par un investissement dans une équipe traditionnellement anti-arabe.

« Le fanatisme est ancré dans l’ignorance et la xénophobie », a déclaré l’homme d’affaires israélien à ses associés, selon Kan. « S’il y a un esprit de tolérance, nous pouvons créer une atmosphère de pure amitié entre nous et les autres. Le sport est un langage mondial caractérisé par la tolérance et la paix entre les pays et les nations.”

« J’aime que les supporters du Beitar soient dévoués et loyaux envers l’équipe, et ils comprendront bientôt que les habitants des Émirats veulent la paix et la coexistence », a-t-il ajouté. « Ce qu’on attend d’eux, c’est qu’ils respectent les gens, quelle que soit leur race ou leur religion. »

L’homme d’affaires émirati a même appelé ses collègues à investir comme lui dans le sport israélien, selon Kan.

Moshe Hogeg, homme d’affaires israélien et propriétaire du Beitar Jérusalem, sur le terrain d’entraînement de l’équipe à Jérusalem, le 25 juin 2019. (Flash90)

Hogeg a adopté une attitude positive à l’égard de cette offre et se rendra aux EAU la semaine prochaine, a déclaré la Douzième chaîne dans un rapport qui a précédé l’approbation ministérielle attendue d’un confinement national en Israël.

Le Beitar, l’une des meilleures équipes de football israéliennes, est connu pour son long passé anti-arabe et anti-musulman. Il est le seul club de la ligue israélienne qui n’a jamais eu de joueur arabo-musulman. Les responsables de l’équipe ont indiqué par le passé qu’il s’agissait d’une politique non officielle.

Hogeg, un entrepreneur de high-tech, a déclaré après avoir acheté l’équipe en 2018 qu’il espérait la mettre sur une « nouvelle voie » et que la religion ne serait plus un facteur dans les décisions des recrues du club.

L’équipe a essayé de changer son image ces dernières années et, en 2017, elle a reçu un prix du président Reuven Rivlin pour ses efforts dans la lutte contre le racisme et pour avoir réduit de manière significative le nombre de slogans racistes lors de ses matchs.

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