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Un Israélien extradé en Allemagne dans une affaire d’escroquerie à l’investissement

Les autorités affirment que Yuri Dashevsky fait partie d’un organisation criminelle qui, de 2015 à 2019, a proposé des instruments financiers fictifs

Illustration : Un policier tient des menottes. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Illustration : Un policier tient des menottes. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Un Israélien a récemment été extradé vers l’Allemagne afin d’y être jugé pour son rôle présumé dans plusieurs escroqueries aux investissements proposées à des citoyens allemands, a rapporté jeudi le site d’information Ynet.

Yuri Dashevsky, 33 ans, est l’une des 15 personnes arrêtées en 2021 lors d’une descente menée dans un centre d’appels de Petah Tikva, à la demande de la police allemande.

La police israélienne a interpelé Dashevsky et trois autres personnes, soupçonnées d’avoir escroqué des citoyens allemands au moyen d’arnaques aux options binaires, au change et crypto-monnaies.

Ces individus sont accusés de faire partie d’un gang organisé qui aurait opéré plusieurs sites internet proposant des investissements risqués ou frauduleux, entre 2015 et 2019. Le nom des sites concernés a été révélé : il s’agit de IntegraOption, SolidCFD, TradeSolid, BitCapitalMarkets, GetFinancial, ProCapitalMarkets, NordCapitalMarkets, ProfitsTrade, FXPace, AccepTrade et GainFinTech.

Selon le parquet de Bamberg, en Allemagne, ces sites internet, tous liés, étaient gérés par les quatre suspects et leurs associés, à partir de centres d’appels situés en Israël, à Tbilissi, en Géorgie, Erevan, en Arménie et Chisinau, en Moldavie.

En outre, en 2019, le groupe aurait également géré les sociétés FXLaws et Tradelegal, à travers lesquelles ils proposaient d’aider les victimes d’escroqueries à récupérer leur argent, moyennant finances. Ils auraient empoché l’argent des victimes sans jamais les aider, accusent les procureurs allemands.

Les suspects seraient parvenus à convaincre des investisseurs dans le monde entier d’investir dans les opérations de change, les options binaires et autres instruments financiers. Les régulateurs affirment que ces types d’investissement, qui impliquent souvent de parier sur les mouvements boursiers sans posséder les titres en question, s’apparentent à des jeux illégaux et frauduleux.

Les suspects sont accusés d’avoir utilisé l’argent confié par les investisseurs pour gérer leurs centres d’appels et plates-formes, ainsi que pour leur usage personnel.

Les victimes allemandes ont perdu à elles seules plusieurs millions d’euros, précisent les procureurs allemands. Les sites avaient vocation à recruter des investisseurs dans le monde entier, ce qui laisse à penser que les pertes subies par les victimes seraient encore bien supérieures.

Les 11 sites internet qui, selon les procureurs allemands, étaient contrôlés par les suspects étaient alimentés par deux plates-formes : SpotOption et Tradologic.

Capture d’écran du site Tradesolid.com en 2016.

Le site israélien d’information sur la criminalité Posta croit savoir qu’en octobre dernier, la police israélienne aurait, à la demande de la police allemande, appréhendé et interrogé un avocat susceptible d’avoir pris part à la gestion des sites internet en question, depuis le centre d’appels à Petah Tikva.

Sept personnes, membres du même groupe que celui de Petah Tikva, ont été interpelées en Géorgie, selon un communiqué de presse publié le 27 octobre par le procureur de Bamberg, en Allemagne. Trois d’entre elles étaient des femmes.

Depuis 2005, Israël est une plaque tournante de la fraude en ligne, au moyen de sites internet de commerce ou d’investissement frauduleux. Les autorités israéliennes ont laissé prospérer la fraude, qui s’est bientôt muée en une industrie à part entière employant des milliers de personnes et dépouillant de millions de dollars aux internautes du monde entier.

Initialement, ces sites frauduleux proposaient des activités de trading sur les opérations de change. En 2013, de nombreux agents ont commencé à proposer le trading d’un instrument financier connu sous le nom d’options binaires. Après l’interdiction par la Knesset des sites proposant des options binaires, en 2017, à la suite d’un reportage du Times of Israel, bon nombre de ces agents se sont reconvertis dans les fausses opérations de change, les CFD (contrats sur la différence) et crypto-monnaies. Certains ont délocalisé une partie de leurs activités à l’étranger.

La police israélienne a arrêté quelques-uns de ces agents, mais quasiment aucun n’a été poursuivi.

Et lorsque les médias israéliens ont fait état d’escroqueries en matière d’investissement, ils les ont souvent décrites comme des opérations menées par des individus, passant largement sous silence la dimension massive et puissamment interconnectée de ce qui est devenu une véritable industrie.

Ces dernières années, les forces de l’ordre aux États-Unis, en Allemagne, en Autriche et, dans une moindre mesure, au Canada ont, contrairement à leurs homologues israéliens, enquêté, inculpé et condamné certains de ces escrocs israéliens.

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