Un jeu de société de l’université de Tel Aviv pour les enfants malades du cancer
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Un jeu de société de l’université de Tel Aviv pour les enfants malades du cancer

Testé à l’Hôpital pour enfants Schneider de Tel Aviv, il a pour but de permettre aux enfants malades de mieux exprimer leurs sentiments et a connu un succès immédiat

Le jeu de société Roboboss. (Crédit : Université de Tel Aviv)
Le jeu de société Roboboss. (Crédit : Université de Tel Aviv)

Dr. Irit Schwartz Atias, professionnelle de santé, a lancé un jeu de société interactif à destination des enfants malades du cancer, a rapporté le site des Amis de l’université de Tel Aviv. Ancienne directrice des soins infirmiers au Département d’hémato-oncologie de l’Hôpital pour enfants Schneider de Tel Aviv, elle est actuellement directrice adjointe de l’Ecole d’infirmières du Centre médical Meir de Kfar Saba.

Le projet a été lancé suite à sa thèse de doctorat, qui avait pour but d’examiner si les enfants atteints de cancer et leurs parents pouvaient ressentir des émotions positives pendant la période difficile de la maladie et des traitements. L’étude a été réalisée sous la direction des professeurs Tamar Krulik du Département des sciences infirmières de l’Université de Tel Aviv, et Tami Ronen, doyenne sortante de la Faculté des sciences sociales. Le jeu a ensuite été créé en collaboration avec l’Hôpital Schneider.

Il vise à aider les enfants atteints d’un cancer âgés de 6 ans et plus et leurs parents à exprimer leurs sentiments. Il a également pour but de leur permettre de développer des émotions positives même face à la maladie, à l’anxiété et aux lourds traitements qu’ils suivent.

« Le jeu permet un dialogue sur des émotions dont il n’est pas toujours facile de parler, renforçant ainsi considérablement les liens entre les membres de la famille », explique Tami Ronen, spécialiste en psychologie positive, axée sur le bonheur des enfants et des adolescents. « Même les personnes qui ont du mal à s’ouvrir apprennent à mener des conversations approfondies avec ceux qui leur sont le plus chers, et parfois même en font la connaissance comme ils ne l’avaient jamais fait auparavant. »

L’action se déroule dans une réalité fictive, en 2080, alors que le monde est dirigé par des robots à intelligence artificielle. « Les participants doivent effectuer diverses tâches pour enseigner à Roboboss, le chef des robots qui fait montre d’une grande curiosité, ce que sont les émotions humaines : comment être heureux ? Comment faire face aux difficultés ? Comment se faire des amis ? Qu’est-ce qu’un lien familial ? Qu’est-ce qui me rend reconnaissant ? Qu’est-ce qui est difficile pour moi ? Qui est-ce que j’aime ? Qu’est-ce qu’une vexation ou un affront et comment les pardonner ? Et autres », écrit le site des Amis de l’université de Tel Aviv.

Outre un tableau, des dés et des cartes à tirer, le jeu comprend une application mobile, qui permet aux joueurs de scanner des codes du jeu puis de regarder des vidéos liées sur YouTube. Dans celles-ci, des célébrités évoquent la manière dont elles sont parvenues à gérer leurs difficultés émotionnelles. On y retrouve notamment Gal Gadot, actrice israélienne qui a interprété Wonder Woman.

Testé à l’Hôpital pour enfants Schneider, il a connu un succès immédiat auprès des enfants et des parents, qui ont salué son efficacité.

« C’est un jeu charmant et divertissant qui permet à l’enfant d’énoncer des sentiments et des sensations qu’il a beaucoup de mal à exprimer dans une conversation ordinaire en raison de la maladie », raconte une maman. « Nous avons reçu le jeu un matin particulièrement dur pour Jonathan et juste après avoir commencé à jouer, son humeur a changé du tout au tout. Il a commencé à rire et à s’amuser, surtout quand il a découvert que les célébrités qu’il connaissait traversaient aussi des difficultés et des crises tout comme lui. »

Une autre maman a raconté que son fils, qui a perdu ses cheveux après une chimiothérapie, avait repris confiance en lui malgré sa calvitie.

Le Dr. Schwartz-Atias espère maintenant pouvoir développer son jeu à une plus grande échelle, et même auprès des enfants en bonne santé. « Qui parmi nous n’a pas de difficultés et ne doit pas faire face à des défis émotionnels ? J’espère qu’à l’avenir, nous serons en mesure de fournir le jeu à quiconque en fera la demande et pourra y trouver un apport », explique-t-elle, après avoir expliqué être « submergée de demandes d’autres départements d’hôpitaux à travers le pays et de thérapistes dans divers domaines ».

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