Un journaliste ayant déploré le « laxisme » israélien accusé d’agression sexuelle
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Un journaliste ayant déploré le « laxisme » israélien accusé d’agression sexuelle

Après que Dror Feuer a clamé que les Israéliens ne devaient pas être étonnés par le viol de Chypre, une journaliste a révélé des posts témoignant d'avances inappropriées de sa part

Le journaliste de Globes Dror Feuer lors d'un débat en 2013 (Capture d'écran /YouTube)
Le journaliste de Globes Dror Feuer lors d'un débat en 2013 (Capture d'écran /YouTube)

Un chroniqueur qui avait écrit un article accusant les Israéliens de laxisme envers les crimes de nature sexuelle a été accusé samedi d’avoir lui-même agressé une journaliste.

Hadar Kane, qui travaille à Haaretz, a publié samedi une série de messages textos de 2016 dans lesquels elle a interpelé Dror Feuer pour des avances non voulues. L’homme s’est excusé.

Ces messages ont refait surface après la publication d’une chronique écrite vendredi par Feuer dans le quotidien financier Globes, dans laquelle il affirmait que les accusations lancées contre des adolescents israéliens qui seraient impliqués dans une affaire de viol en réunion à Chypre n’étaient pas étonnantes, les mauvais comportements en termes de culture du viol prenant de l’ampleur en Israël.

« Quand le journaliste qui vous a harcelé écrit une chronique sur la culture pourrie qui aura entraîné le viol de Chypre #MeToo, » a écrit Kane dans un post écrit sur Facebook répondant à la chronique.

Kane a présenté, avec le post, l’échange de conversation par texto qui avait eu lieu en 2016, interpelant le journaliste sur le caractère inapproprié de ses actions dans la publication.

« Dror, ce n’est pas une bonne chose d’essayer d’embrasser une femme qui vous a dit ne pas être intéressée à plusieurs occasions. Ce n’est pas une bonne chose de faire des suggestions d’ordre sexuel après qu’elle a établi clairement et à plusieurs occasions qu’elle aimait les femmes. Et ce n’est vraiment, vraiment pas une bonne chose de toucher ses parties intimes contre sa volonté », a-t-elle écrit.

La journaliste Hadar Kane. (Crédit : Facebook)

La capture d’écran montre que Feuer a par ailleurs fait part de ses excuses, qualifiant « d’impardonnables » ses actions, d’incident isolé, disant qu’une telle chose ne se répèterait jamais.

Il a encore exprimé ses remords pour l’incident de 2016 samedi suite au post de Kane, écrivant sur Twitter qu’il avait été « horrifié » par son propre comportement à l’époque.

« Cet événement m’a choqué, je ne m’étais jamais comporté ainsi envers une femme. Cela a contredit ce que je pensais de moi, cela a contredit ce qui est important pour moi également et cela m’a fait réfléchir une nouvelle fois à mon rôle personnel en tant qu’homme dans la création d’un espace insécure pour une femme », a-t-il écrit.

Dans sa colonne de vendredi, Feuer avait écrit que les réactions choquées des Israéliens face à un viol en réunion présumé qui aurait été commis dans la station balnéaire d’Ayia Napa, cette semaine, étaient hors de propos au vu des mauvais brutaux de ce type de la part des Israéliens – qui n’étaient pas une nouveauté.

« L’élément le plus perturbant pour moi dans cette histoire, c’est le choc du public. Quel choc ? Il va de soi que je ne soutiens pas… Dieu m’en préserve, l’indifférence face à ce type d’affaire mais c’est très précisément le cas – ces affaires sont nombreuses », avait écrit Feuer .

Capture d’écran d’une vidéo des suspects israéliens dans l’affaire présumée d’un viol collectif d’une touriste britannique à Chypre qui est emmené pour une audience de mise en détention à un tribunal chypriote, le 18 juillet 2019. (Walla)

D’autres journalistes ont également été critiqués pour leur couverture du dossier, dans lequel 12 adolescents israéliens ont été arrêtés pour avoir pris part au viol d’une touriste britannique âgée de 19 ans.

Cinq des suspects ont été relâchés la semaine dernière et au moins trois devraient être inculpés, selon des informations.

Le 21 juillet, le correspondant militaire Roni Daniel avait ainsi été fustigé après avoir participé à un débat sur les ondes de 103FM, se référant avec dédain aux accusations de la victime.

Roni Daniel (à gauche) frappe du poing sur la table pendant un débat sur la Deuxième chaîne, le 20 mai 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Daniel répondait à Doron Herma, journaliste à la Treizième chaîne, qui notait que pendant la semaine, la victime avait eu des rapports sexuels consensuels avec trois des suspects mais que « la dernière soirée, elle s’est réveillée dans une des chambres avec douze Israéliens, et non les deux ou trois qu’elle connaissait ».

C’est à ce moment-là que Daniel l’avait interrompu, en disant : « Oh, elle était habituée à deux ou trois, et il y en a douze tout à coup, c’est là où ça casse ? »

Ce propos avait choqué de nombreux auditeurs et plus de 700 plaintes ont été envoyées à la Seconde autorité pour la télévision et pour la radio après l’émission.

Des touristes boivent un verre dans un pub tandis que d’autres flânent dans la ville touristique d’Ayia Napa, à Chypre, île de l’est de la méditerranée, le 17 juillet 2019 (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

Daniel avait présenté ses excuses sur Twitter.

« Quelques clarifications : Je n’ai jamais pensé adopter une approche dédaigneuse d’un incident aussi grave », a-t-il écrit. « A mes yeux, le viol – qu’il implique une personne, deux ou douze – est, dans tous les cas, un incident très grave ».

« C’est le droit de toutes les femmes de décider avec qui elles ont des relations sexuelles mais la condition en est qu’elles soient consensuelles, en toute liberté d’esprit. Si je ne me suis pas correctement fait comprendre, je n’ai rien d’autre à faire que d’exprimer mes regrets et mes excuses ».

Les médias ont également été critiqués pour leur traitement du viol qui a pu par moment attribuer la responsabilité de l’agression à la victime. La radio militaire avait ainsi interrogé un vacancier israélien disant que les routistes britanniques « couchent avec tout le monde. C’est donc de sa faute ».

Un reportage diffusé sur la Douzième chaîne avait affirmé de manière mensongère que la femme était une strip-teaseuse qui, dans le passé, avait porté plainte pour viol pour obtenir de l’argent.

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