Un juge condamne la violence policière après qu’un suspect a eu le nez cassé
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Un juge condamne la violence policière après qu’un suspect a eu le nez cassé

La police de Hadera dément avoir frappé au visage un Israélien d'origine éthiopienne, disant qu'il s'est blessé lors d'un accès de violence au poste

A titre d'illustration : La police patrouille sur une autoroute israélienne. (Police israélienne)
A titre d'illustration : La police patrouille sur une autoroute israélienne. (Police israélienne)

Un juge de Hadera a sévèrement critiqué la police pour sa conduite « scandaleuse » mercredi après que des policiers ont frappé un homme issu de la communauté éthiopienne lors de sa détention.

Cet incident est le dernier en date de ce que les dirigeants communautaires et d’autres ont qualifié de racisme et d’abus de la part de la police à l’égard des Israéliens éthiopiens, en dépit des promesses faites au plus haut niveau pour résoudre ce problème.

Behela Melso a raconté à Hadashot qu’il avait appelé la police au domicile familial mercredi après avoir eu une altercation avec son frère, qui, selon lui, était ivre et avait un comportement violent.

À l’arrivée des policiers, M. Melso a dit qu’il regrettait d’avoir appelé la police au sujet de l’incident et qu’il avait changé d’avis au sujet du dépôt d’une plainte contre son frère. Cependant, les policiers ont dit à Melso qu’il devait signaler l’incident et ont emmené les deux frères au poste de police pour un interrogatoire.

Pendant l’interrogatoire, Melso a dit qu’il s’était disputé avec les policiers au sujet de la plainte, et l’un d’eux l’a frappé au visage, lui cassant le nez. Il saignait abondamment et a été transporté à l’hôpital pour y être soigné.

Les photos obtenues par la chaîne d’information Hadashot montrent Melso menotté à un lit d’hôpital avec ses vêtements couverts de sang.

Alors qu’il était à l’hôpital, la police a demandé à un juge du tribunal de district de Hadera de prolonger la détention provisoire de Melso.

Le juge Alex Ahter a rejeté la demande et ordonné la libération immédiate de M. Melso. Il a sévèrement critiqué la police pour la façon dont elle avait géré l’incident.

« J’ai été confronté à une situation difficile et dérangeante, et je trouve cela choquant », écrit-il dans sa décision. « Il m’est difficile d’accepter qu’une telle violence soit nécessaire contre un suspect… au point que ce dernier doive recevoir des soins médicaux ».

Le juge Ahter a fustigé les policiers pour leur usage de la force « grave et disproportionnée » et pour l’avoir maintenu menotté sur son lit d’hôpital alors qu’il recevait des soins médicaux. Il a ajouté que forcer Melso à porter plainte contre son gré était « injustifiable ».

En réponse, la police a démenti la version de Melso, disant que c’était sa sœur qui avait appelé la police à la maison à la demande de leur mère qui était effrayée. Les policiers ont indiqué que les deux frères étaient sous l’influence de drogues ou d’alcool à leur arrivée et les ont interpellés tous les deux pour enquêter plus en détail sur cet incident.

Dans un communiqué, la police a déclaré qu’après son arrivée au poste, l’un des frères a violemment attaqué des officiers et endommagé du matériel.

La déclaration indiquait qu’un suspect avait été « blessé au nez » pendant cet accès de violence, et que les circonstances de sa blessure feraient l’objet d’une enquête interne.

L’incident survient une semaine après l’arrestation violente par la police d’Ashdod d’un adolescent israélien éthiopien qui se trouvait dans son lycée.

Une vidéo de l’incident obtenue par le radiodiffuseur public Kan montre un policier en train d’étrangler le jeune de 15 ans et de le traîner pendant qu’un autre le frappe, le tout sous les yeux du proviseur qui ne réagit pas.

Des inspecteurs de police interpellent un lycéen israélien d’origine éthiopienne à Ashdod, sous le regard du directeur de l’école. (Crédit : Kan)

La police avait convoqué l’adolescent au poste de police une semaine plus tôt pour qu’il réponde à des questions, après que celui-ci et plusieurs autres ont répandus du gaz lacrymogène à l’intérieur de l’école. Comme il ne s’est pas présenté, des inspecteurs se sont rendus à son école et l’ont appréhendé.

L’arrestation de l’adolescent a été vivement critiquée par les députés, le ministère de la Protection sociale et du Travail et la municipalité d’Ashdod, qui ont demandé qu’une enquête soit ouverte sur cet incident.

La police a rejeté les accusations de racisme ou de recours excessif à la force, affirmant que le jeune homme de 15 ans avait « activement » résisté à son arrestation.

Plus de 135 000 Juifs éthiopiens vivent en Israël, la plupart d’entre eux ayant immigré en deux vagues en 1984 et 1991. Mais nombre d’entre eux ont lutté pour s’intégrer dans la société israélienne malgré les accusations persistantes de discrimination.

Dans leur appel lancé plus tôt ce mois-ci aux Israéliens éthiopiens pour qu’ils présentent des demandes de grâce pour des atteintes à l’ordre public qui ont eu lieu à l’occasion de la fête de Sigd, le président Reuven Rivlin et la ministre de la Justice Ayelet Shaked ont cité un rapport gouvernemental adopté il y a deux ans qui décrivait la discrimination à l’encontre de la communauté israélo-éthiopienne dans divers domaines, notamment les forces de l’ordre, la santé, l’éducation et l’emploi. Le rapport a révélé que des enquêtes criminelles ont été ouvertes et que des accusations ont été portées contre des Israéliens éthiopiens dans une proportion nettement supérieure à leur représentation au sein de la population.

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