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Un membre de Lehava mis en examen pour harcèlement sexuel sur mineur

Yitzhak Gabai, qui a purgé une peine de prison pour avoir incendié une école judéo-arabe à Jérusalem, est accusé d'avoir harcelé une volontaire de 17 ans dont il était responsable

Yitzhak Gabai à droite, membre de l'organisation d'extrême droite Lehava, au tribunal de district de Jérusalem, le 10 novembre 2015. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Yitzhak Gabai à droite, membre de l'organisation d'extrême droite Lehava, au tribunal de district de Jérusalem, le 10 novembre 2015. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Un militant du groupe d’extrême droite Lehava qui a purgé une peine de prison pour incendie criminel a été inculpé mercredi pour harcèlement sexuel sur mineur, ont rapporté les médias israéliens.

Yitzhak Gabai, 30 ans, originaire de la ville septentrionale de Safed, est accusée d’avoir harcelé sexuellement une adolescente de 17 ans alors qu’elle faisait du bénévolat au bureau de Lehava à Jérusalem.

Selon l’acte d’accusation déposé auprès du tribunal de première instance de Jérusalem, Gabai a harcelé sexuellement la mineure – qu’il supervisait à l’époque – à deux reprises en août 2020.

Dans un enregistrement obtenu par la chaîne publique Kan, la victime adolescente a décrit son calvaire.

« Je l’ai appelé parce que j’avais des difficultés avec l’ordinateur. Il a résolu le problème et a dit ‘tu sens bon’. Je l’ai ignoré. Quinze minutes plus tard, il y a eu à nouveau un problème avec l’ordinateur et cette fois, il a commencé à toucher mon dos, ma jambe, mes mains et mon visage. Je me suis figée », a-t-elle raconté.

« Il m’a embrassée sur le front et je lui ai dit : ‘Arrêtez, je n’aime pas ça.’ Il s’est arrêté et a dit : ‘Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris’. Ce soir là, il a recommencé et m’a touchée. Je lui ai demandé de s’arrêter à nouveau et il a dit: ‘Je ne voulais pas te faire de mal. J’ai été submergé par mon désir’. »

Des membres du groupe d’extrême droite Lehava agitent des drapeaux israéliens au mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem, le jeudi 8 octobre 2015. (Crédit: Flash90)

Elle a dit qu’elle s’était plainte auprès du président de Lehava, Bentzi Gopstein, mais qu’elle avait été déçue d’apprendre que Gabai était toujours en fonction des mois plus tard.

L’enquête sur l’incident a été signalée pour la première fois par Kan en juin dernier.

Lehava a déployé des efforts considérables pour étouffer l’affaire, Kan affirmant que la jeune fille a été licenciée après avoir porté plainte.

Lehava a également déclaré aux chaînes de télévision qu’elle avait licencié le suspect après l’incident, mais les deux reportages ont cité des sources affirmant qu’il continuait à entretenir des liens avec le groupe d’extrême droite.

« Il s’agissait d’une erreur innocente commise en raison d’une mauvaise interprétation de la situation. Je me suis excusé immédiatement et aussi plus tard. Mon activité dans l’organisation a été immédiatement arrêtée et je m’excuse pour toute la situation », a déclaré Gabai à la Douzième chaîne.

Le membre d’Otzma Yehudit et président de Lehava Benzi Gopstein au centre, et le candidat d’Otzma Yehudit Itamar Ben Gvir manifestent près du défilé annuel de la Gay Pride à Jérusalem le 21 juillet 2016. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Gabai avait été condamné à trois ans de prison pour avoir incendié l’école Max Rayne Hand in Hand à Jérusalem en 2014. Il a été reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation : incendie criminel, port d’une arme illégale et incitation à la violence sur les réseaux sociaux.

Lui et deux autres hommes avaient été condamnés pour cet incendie criminel. Les trois hommes avaient mis le feu à l’école et peint à la bombe sur ses murs des messages racistes tels que « Il n’y a pas de coexistence avec le cancer » ; « Mort aux Arabes » ; et « Kahane avait raison », en référence au rabbin activiste d’extrême-droite Rabbi Meir Kahane.

Le groupe Lehava de Gopstein s’oppose aux mariages mixtes et à l’assimilation des Juifs, ainsi qu’aux droits des LGBT, et tente d’étouffer toute activité publique des non-Juifs en Israël, y compris les événements de coexistence.

Les législateurs de tout l’éventail politique ont tenté de le faire qualifier de groupe terroriste.

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