Un membre de Lehava soupçonné de harcèlement sexuel sur une mineure
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Un membre de Lehava soupçonné de harcèlement sexuel sur une mineure

La victime avait 17 ans quand elle a été harcelée par le militant du groupe anti-LGBT, qui qualifie l'incident d' "erreur innocente" et de "mauvaise interprétation de la situation"

Yitzhak Gabai, un membre de l'organisation d'extrême droite Lehava à la cour de district de Jérusalem, le 1er décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Yitzhak Gabai, un membre de l'organisation d'extrême droite Lehava à la cour de district de Jérusalem, le 1er décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Un éminent membre de l’organisation d’extrême-droite Lehava, soupçonné d’avoir sexuellement harcelé une jeune militante du groupe, fait l’objet d’une enquête, a rapporté mercredi la télévision israélienne.

Le suspect, qui a été interrogé par la police, a été identifié par le radiodiffuseur public Kan. Il s’agit d’Yitzhak Gabai, un militant d’extrême-droite qui a, dans le passé, purgé une peine de prison pour avoir incendié une école judéo-arabe à Jérusalem.

Gabai avait été condamné à trois ans de prison pour avoir incendié l’école Max Rayne Hand in Hand à Jérusalem en 2014. Il a été reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation : incendie criminel, port d’une arme illégale et incitation à la violence sur les réseaux sociaux.

Deux autres hommes avaient été condamnés pour cet incendie criminel. Les trois hommes avaient mis le feu à l’école et peint à la bombe sur ses murs des messages racistes tels que « Il n’y a pas de coexistence avec le cancer », « Mort aux Arabes » et « Kahane avait raison », en référence au rabbin Meir Kahane, mentor du mouvement ultranationaliste juif.

L’intérieur de l’école Max Rayne Yad Beyad de Jérusalem, une école judéo-arabe qui a été vandalisée le 28 novembre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90 / JTA)

Aujourd’hui âgé de 27 ans, il fait l’objet d’une enquête pour harcèlement d’une militante, âgée de 17 ans au moment des faits, selon le radiodiffuseur public Kan. La Douzième chaîne a déclaré que le harcèlement présumé avait eu lieu il y a 10 mois.

Les deux chaînes ont allégué que Lehava a déployé des efforts considérables pour étouffer l’affaire, Kan affirmant que la militante a été licenciée après avoir porté plainte.

Lehava a également déclaré aux chaînes de télévision qu’elle avait licencié le suspect après l’incident, mais les deux reportages ont cité des sources affirmant qu’il continuait à entretenir des liens avec le groupe d’extrême droite.

« Il s’agissait d’une erreur innocente commise en raison d’une mauvaise interprétation de la situation. Je me suis excusé immédiatement et aussi plus tard. Mon activité dans l’organisation a été immédiatement arrêtée et je m’excuse pour toute la situation », a déclaré le suspect à la Douzième chaîne.

L’adolescente travaillait dans un centre d’appels géré par Lehava, que Gabai dirigeait, selon la Douzième chaîne.

Benzi Gopstein (avec le microphone), membre d’Otzma Yehudit et chef du groupe anti-métissage Lehava, mène une manifestation contre le défilé de la Gay Pride de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La chaîne a également cité la jeune fille qui a raconté l’incident à ses amis. Elle aurait déclaré avoir subi des attouchements par le suspect après qu’il l’a appelée plusieurs fois dans son bureau pour l’aider à résoudre de prétendus problèmes informatiques.

« Quand je lui ai dit ‘arrête, ça suffit’, il m’a répondu ‘je ne voulais pas te faire mal. L’envie m’a envahi' », aurait-elle dit à ses amis.

Après l’incident, la Douzième chaîne a déclaré que la jeune fille en a informé la femme du leader de Lehava Bentzi Gopstein, et la femme du leader du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, qui est maintenant membre de la Knesset sous l’étiquette du Parti sioniste religieux.

Capture d’écran d’une interview de Yitzhak Gabai, un militant juif d’extrême droite, sur la Vingtième chaîne, qui explique comment il a incendié une école arabo-juive à Jérusalem. L’émission a été diffusée le 11 novembre 2018. (Channel 20)

Les deux femmes auraient dit à la jeune fille qu’elles l’aideraient si elle contactait la police, mais la chaîne a également cité des sources indiquant qu’elles lui avaient dit : « Ça ne sert à rien de se plaindre et la police, de toute façon, ne fera rien ».

Le reportage cite également des militants qui ont dit qu’ils voulaient rendre l’incident public sur les groupes WhatsApp internes du groupe, mais qu’il ont été réduits au silence.

« Ayala Ben Gvir s’y est opposée. Elle a dit que cela nuirait aux perspectives de mariage de [la fille] », auraient déclaré les militants.

Ayala Ben Gvir a déclaré qu’elle avait recommandé à la jeune fille de se rendre à la police et dit avoir « proposé de la rejoindre ». Elle a également déclaré à la chaîne de télévision qu’elle avait suggéré à la jeune fille de suivre un traitement psychologique et qu’elle avait « mis en garde les autres contre lui », mais qu’elle avait reçu une « demande explicite » de la jeune fille de ne pas rendre l’incident public.

« Nous devons la respecter et respecter son souhait de ne pas en parler publiquement. Le bien-être de la jeune fille passe avant la publication », a déclaré Ayala Ben Gvir.

Un rabbin affilié au groupe a également été informé de l’incident, mais les autorités n’en ont été informées que lorsque l’adolescente a porté plainte la semaine dernière, selon le reportage.

Le président de Lehava, Benzi Gopstein, (à droite), et son avocat, Itamar Ben Gvir, (à gauche), à leur arrivée au tribunal de première instance de Jérusalem, le 8 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lehava a également déclaré avoir conseillé à la jeune fille de porter plainte auprès de la police et de prévenir ses parents, « mais elle a fermement refusé et nous a demandé de ne pas porter plainte auprès de la police ».

Le groupe a également dénoncé ce qu’il a appelé « les éléments qui tentent de nuire à l’organisation Lehava par des manipulations et des mensonges pour des intérêts personnels ».

Le groupe Lehava de Gopstein s’oppose aux mariages mixtes et à l’assimilation des Juifs, ainsi qu’aux droits des LGBT, et tente d’étouffer toute activité publique des non-Juifs en Israël, y compris les événements de coexistence. Les législateurs de tout l’éventail politique ont tenté de le faire qualifier de groupe terroriste.

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