Un opérateur britannique aurait aidé un logiciel espion israélien à fonctionner
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Un opérateur britannique aurait aidé un logiciel espion israélien à fonctionner

Rayzone Group, spécialiste du traçage téléphonique, affirme ne travailler qu'avec les gouvernements, après des accusations contre un opérateur, qui lui aurait fourni un accès

Illustration : Une femme parle sur son téléphone portable à un arrêt de bus à Tel Aviv, le 24 août 2012. (Yaakov Naumi / Flash90 / File)
Illustration : Une femme parle sur son téléphone portable à un arrêt de bus à Tel Aviv, le 24 août 2012. (Yaakov Naumi / Flash90 / File)

La société privée israélienne de renseignement Rayzone Group a eu recours à un opérateur de téléphonie mobile basé dans les îles anglo-normandes du Royaume-Uni pour accéder au réseau mondial de télécommunication, lui permettant de traquer les déplacements de n’importe quel utilisateur de téléphone portable à travers le monde.

Sure Guernsey, un fournisseur de services sans fil des îles anglo-normandes, a loué un point d’accès au réseau de télécommunication à Rayzone en 2018, selon des factures obtenues par The Guardian et le Bureau of Investigative Journalism, une entreprise de journalisme indépendante.

Ce point d’accès a permis à la compagnie israélienne d’accéder à un réseau utilisé pour suivre les frais d’itinérance, mais qui pourrait également être exploité pour traquer les emplacements des téléphones à travers le monde.

Rayzone commercialise sur son site Web un service appelé « GeoMatrix », qui prétend fournir la géolocalisation en temps réel de tout utilisateur de téléphone cellulaire dans le monde.

La société basée à Tel Aviv affirme que ses outils de géolocalisation ne sont fournis qu’aux autorités gouvernementales.

Des experts de l’industrie et de la sécurité ont expliqué à The Guardian que les sociétés de renseignement utilisaient souvent de petits opérateurs de téléphonie mobile, basés sur de minuscules îles situées dans des juridictions offshores, pour exploiter le réseau de télécommunications – notamment les îles de Guernesey et Jersey, potentielles routes fluides vers les réseaux téléphoniques britanniques.

Guernesey, photo prise le 18 janvier 2020. (CC-BY, Andrew Milligan sumo, Flickr)

Rayzone a refusé de divulguer l’usage de son accès via le réseau Sure Guernsey. La société a déclaré à The Guardian que cela « entraînerait des problèmes de réglementation et de secret commercial et un risque pour les opérations en cours de nos clients contre le terrorisme et la criminalité ».

L’opérateur de téléphonie mobile Sure Guernsey a répondu à The Guardian en ces termes : « Sure ne fournit pas directement ou sciemment l’accès aux titres mondiaux à des organisations ayant pour but de localiser et de traquer des individus ou d’intercepter du contenu de communication », ajoutant que tout abus de leur réseau provoquerait l’interruption immédiate du service.

Rayzone Group est loin d’être la première société israélienne de renseignement à être examinée de près sur son utilisation de logiciels espions pour suivre les utilisateurs de téléphones portables.

NSO Group, basé à Herzliya, est poursuivi par Facebook pour son prétendu piratage de WhatsApp au nom de clients. L’entreprise a été accusée d’avoir vendu son logiciel de piratage Pegasus 3 à des régimes qui utilisent cette technologie pour traquer les opposants, notamment le Mexique et dans le golfe Persique.

Le logiciel permet à l’opérateur d’accéder à un appareil en quelques heures, simplement en fournissant au programme le numéro de téléphone de l’appareil que l’on souhaite pirater, sans qu’aucune action ne soit requise de la part de l’utilisateur ciblé.

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