Au moins 2 Palestiniens tués lors de nouveaux affrontements frontaliers à Gaza
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Au moins 2 Palestiniens tués lors de nouveaux affrontements frontaliers à Gaza

"Le Hamas vous utilise pour mener des activités terroristes, met en garde l'armée aux manifestants palestiniens, alors que les tentes de protestation se rapprochent de la frontière

Les fidèles musulmans font la prière du vendredi, à midi, près d'une ville en tentes aux abords de la frontière avec Israël, à l'est de Jabalia, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)
Les fidèles musulmans font la prière du vendredi, à midi, près d'une ville en tentes aux abords de la frontière avec Israël, à l'est de Jabalia, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

Un porte-parole de l’armée affirme que Tsahal examine les informations selon lesquelles un Palestinien aurait été tué par un tireur isolé israélien lors d’affrontements à la frontière de Gaza.

Le Palestinien aurait été tué par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, lors du quatrième vendredi consécutif de mobilisation massive et d’émeutes dans le territoire, ont indiqué les autorités sanitaires gazaouies, contrôlées par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Ahmad Nabil Abou Aqeb, 25 ans, aurait été atteint d’une balle dans la tête à l’est de Jabalia, dans le nord de l’enclave, ont-elles précisé. Il serait le 35ème Palestinien tué par des tirs israéliens depuis le début, le 30 mars, d’un mouvement de protestation appelé « marche du retour ».

Ahmad Rashad al-Athamneh, 24 ans, a ensuite été atteint par balle dans le nord de l’enclave, ont précisé les autorités du Hamas.

Ahmad Nabil Abou Aqeb a été tué à proximité d’un groupe incendiant des pneus près de la frontière avec Israël, ont rapporté des témoins.

Des milliers de Gazaouis ont à nouveau convergé vendredi vers la frontière israélienne pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Ils dénoncent aussi le blocus qu’Israël impose depuis plus de dix ans pour contenir le mouvement islamiste Hamas qui dirige le territoire.

Dans la matinée, un avion militaire israélien a largué des tracts près de la frontière de Gaza vendredi matin pour mettre en garde les Palestiniens de rester à l’écart de la barrière séparant l’enclave côtière d’Israël, a annoncé l’armée israélienne, avant les manifestations de masse attendues plus tard dans la journée.

Dans un communiqué, l’armée a déclaré que les tracts avertissaient « de ne pas s’approcher de la barrière, de tenter de l’endommager ou de tenter [de commettre des actes de] terrorisme ».

Des personnes ont profité « des troubles violents de ces dernières semaines et ont exploité les civils pour mener des actes terroristes contre les infrastructures de sécurité israéliennes et de Tsahal », poursuit le communiqué. « Tsahal ne tolérera pas les dommages à l’infrastructure de sécurité et à la barrière, qui protègent les citoyens israéliens, et ciblera toute personne qui tente de nuire à la sécurité d’Israël. »

Les tensions se sont accrues ces dernières semaines alors que des dizaines de milliers de Palestiniens se sont affrontés avec les troupes israéliennes à la frontière pendant trois vendredis consécutifs.

La semaine dernière, au moins 10 000 Gazaouis ont participé à des manifestations de grande ampleur. Les soldats ont déclaré que les manifestants avaient lancé un engin explosif et des bombes incendiaires sur les troupes israéliennes déployées à la frontière. Ils ont également tenté plusieurs fois d’endommager la clôture et d’entrer en territoire israélien. Le vendredi précédent, environ 20 000 Palestiniens ont pris part aux manifestations et il y a deux semaines, les manifestations ont attiré environ 30 000 personnes.

Jeudi, les organisateurs de la manifestation à Gaza ont rapproché leurs tentes de sit-in de la barrière frontalière, suscitant des craintes d’affrontements plus meurtriers.

S’adressant aux « habitants de Gaza », les tracts jetés près de la frontière, vendredi, indiquaient : « vous participez à des troubles violents. Le Hamas vous utilise pour mener des activités terroristes. L’armée israélienne est préparée pour chaque scénario. Ne vous approchez pas de la clôture ou ne l’endommagez pas. Abstenez-vous d’utiliser des armes ou de commettre des actes violents contre les forces de sécurité israéliennes et les civils israéliens. Restez à l’écart des terroristes et de ceux qui encouragent les troubles et la violence ».

« L’armée », a poursuivi les tracts, « répondra à toute tentative d’endommager la barrière [frontalière] et ses composants, ou tout autre équipement militaire. Le Hamas vous utilise pour promouvoir ses intérêts politiques. Ne suivez pas les ordres du Hamas, qui mettent votre vie en danger. Il y a un autre moyen — votre avenir est entre vos mains. »

Jeudi soir, Jason Greenblatt, l’envoyé du président américain Donald Trump au Moyen-Orient, a déclaré que les Gazaouis « avaient le droit de protester contre leur situation humanitaire catastrophique », mais les a avertis de garder une « distance de sécurité ».

Dans une série de tweets, Greenblatt a déclaré que les organisateurs des manifestations frontalières de vendredi devraient se concentrer sur les conditions dures à Gaza et « ne pas attiser le potentiel de plus de violence avec des bombes incendiaires et des cerfs-volants enflammés ».

Il a déclaré que le coût des manifestations était « trop élevé en pertes en vies humaines et en blessés » — bien qu’il ne précise pas qui était responsable de cela — et que c’était pour cela que Trump était « prêt à investir autant pour forger la paix ».

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