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Un policier raconte sa lutte contre un terroriste à Jérusalem : « c’était lui ou moi »

Le sergent M savait que quoi qu'il arrive, il ne devait pas lâcher son assaillant ; "le terroriste ne voulait pas blesser des officiers, il voulait blesser des civils innocents"

Le chef de la police Kobi Shabtai et le chef de la police des frontières Amir Cohen rendent visite au sergent M à l'hôpital Hadassah de Jérusalem après qu'il ait été poignardé par un assaillant palestinien à la porte de Damas, le 9 mai 2022. (Crédit: Police israélienne)
Le chef de la police Kobi Shabtai et le chef de la police des frontières Amir Cohen rendent visite au sergent M à l'hôpital Hadassah de Jérusalem après qu'il ait été poignardé par un assaillant palestinien à la porte de Damas, le 9 mai 2022. (Crédit: Police israélienne)

Un agent de la police des frontières qui a été poignardé par un assaillant palestinien à la porte de Damas de Jérusalem dimanche soir s’est exprimé lundi sur le déroulement de l’attaque.

Dans sa première interview depuis l’incident, l’officier, identifié comme le sergent M, s’est adressé à la Douzième chaîne depuis son lit d’hôpital à l’hôpital universitaire Hadassah du Mont Scopus à Jérusalem.

« Je me souviens de chaque détail de l’incident. Nous nous tenions à la porte de Damas et nous avons remarqué que [l’homme] agissait de manière suspecte. Nous l’avons interpellé pour un contrôle de sécurité et nous avons commencé à l’interroger », a déclaré M, notant que les soupçons de son équipe ont augmenté après avoir constaté que sa façon de s’exprimer ne correspondait pas à l’endroit d’où il prétendait être originaire.

« Le terroriste a soudainement sorti un couteau et s’est jeté sur nous dans le but de nous faire du mal. Je me suis battu avec lui lorsqu’il il m’a asséné son premier coup de couteau ».

D’autres officiers présents sur les lieux – également témoins de l’attaque – ont abattu le suspect, Nadheer Marzouq, 20 ans, originaire de la ville cisjordanienne d’Abwein, au nord de Ramallah. Il a été emmené à l’hôpital Hadassah d’Ein Kerem pour y être soigné.

« Mes coéquipiers ont réagi de la manière la plus incroyable que j’aurais pu imaginer », a déclaré M. « Ils ont affronté [l’agresseur] et ont essayé de ne pas me blesser dans le processus. Je craignais qu’en me relevant, le terroriste essaierai de m’attaquer à nouveau, moi ou l’un des miens. »

Les forces spéciales de la police sur les lieux d’une attaque terroriste, à la porte de Damas dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

« Le cerveau fonctionne automatiquement », a-t-il dit, décrivant sa réaction face à l’assaillant. « J’ai réalisé que c’était moi, ou lui. J’ai réalisé que quoi qu’il arrive – je ne pouvais pas le lâcher. »

La police a déclaré que le suspect portait un deuxième couteau.

Le sergent d’état-major A, qui commandait l’équipe qui a neutralisé le terroriste, a qualifié la réaction rapide de M de « détermination et de bravoure ».

S’adressant à la Douzième chaîne, il a déclaré que « l’un de mes officiers a identifié un individu suspect. Il était assis sur un escalier à proximité de notre cabine et portait un manteau de laine bien trop chaud pour la période. Vingt minutes plus tard, le même suspect s’est levé et a commencé à marcher vers un passage piéton situé à proximité. Deux de mes agents l’ont appelé pour un contrôle. Le suspect marmonnait et essayait d’éviter de nous parler. Il a essayé d’échapper à l’interrogatoire. Je l’ai convoqué dans la cabine. Quand il est entré, j’ai demandé à l’agent de prendre son sac. Il s’est dirigé vers moi et a essayé de me poignarder. »

« L’officier qui se tenait derrière a sauté sur lui et l’a serré par derrière… il a commencé à se battre avec lui au sol et nous avons cherché à tirer proprement. »

Invité à décrire le terroriste, A a dit qu’il se souvenait seulement « d’un visage impénétrable plein de colère ».

Photo de la police montrant les couteaux portés par un terroriste palestinien près de la porte de Damas à Jérusalem, le 8 mai 2022. (Crédit : Police israélienne)

Un autre agent de la police des frontières qui a participé à la maîtrise de l’assaillant a déclaré à la Douzième chaîne -sous couvert d’anonymat – qu’il était évident pour elle qu’il cherchait à blesser des civils.

« Je suis encore en train d’analyser la situation », a-t-elle déclaré. « Il était évident pour nous que le terroriste ne voulait pas blesser des officiers, il voulait blesser des civils innocents, des victimes qui n’auraient pas pu réagir, raison pour laquelle il scrutait la zone. Je suis heureuse que ce soit nous qui ayons pris le coup et non un civil », a-t-elle ajouté.

Après l’incident, le sergent d’état-major M a reçu la visite à l’hôpital du commissaire de police Kobi Shabtai et du chef de la police des frontières Amir Cohen, qui l’ont félicité pour ses actions.

« Vous avez réagi exactement comme prévu », a déclaré Shabtai à l’officier. « Votre instinct de sauter sur le terroriste, parallèlement aux mesures prises par vos coéquipiers, pour le neutraliser à bout portant sans vous blesser, est la preuve d’un véritable professionnalisme », a déclaré le chef de la police, ajoutant que « vos actions ont sauvé la vie de nombreux citoyens. »

Le premier sergent M à l’hôpital Hadassah de Jérusalem après avoir été poignardé par un assaillant palestinien à la porte de Damas de Jérusalem, le 9 mai 2022. (Crédit: Police israélienne)

M a déclaré à la Douzième chaîne que cette expérience ne l’avait pas dissuadé de reprendre du service.

« J’ai rejoint l’unité de la police des frontières après avoir effectué un service de trois ans dans l’armée et après avoir suivi la formation pour être officier. Une fois rétabli, je compte bien rester dans mon unité et retourner à ma vie quotidienne », a-t-il déclaré.

L’attaque est survenue quelques heures après l’arrestation de deux Palestiniens pour une attaque terroriste mortelle la semaine dernière dans la ville d’Elad.

Les tensions se sont fortement accrues entre Israël et les Palestiniens ces derniers mois, sur fond d’attaques terroristes répétées en Israël et en Cisjordanie, qui ont fait 19 morts.

L’armée israélienne a intensifié ses activités en Cisjordanie afin de tenter de réprimer la spirale de la violence. Les raids qui ont suivi ont déclenché des affrontements qui ont fait au moins 27 morts parmi les Palestiniens depuis la mi-mars. Nombre d’entre eux ont pris part aux affrontements, tandis que d’autres semblent avoir été des civils.

Tobias Siegal et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

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