Un policier traduit en justice pour avoir uriné sur un Palestinien
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Un policier traduit en justice pour avoir uriné sur un Palestinien

La Cour suprême a annulé le classement de l’affaire du policier qui se serait soulagé sur un détenu menotté aux yeux bandés

Le poste de police de Maalé Adumim (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le poste de police de Maalé Adumim (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

La Cour suprême a statué mardi que le policier accusé d’avoir uriné sur un détenu palestinien menotté et bandé aux yeux pour l’humilier devra être traduit en justice. Cette décision vient annuler celle du procureur général qui avait classé l’affaire.

Les juges de la Cour suprême Salim Joubran, Noam Sohlberg et Isaac Amit ont conclu que le département des enquêtes de police, le procureur d’État et son adjoint ont « enquêté en profondeur, à plusieurs reprises » sur la plainte déposée par le Palestinien, qui accuse deux policiers d’agression physique et sexuelle dans un poste de police de Maalé Adumim, en Cisjordanie, il y a 10 ans.

Les autorités ont travaillé « de façon industrielle » pour déterminer la vérité, ont-ils dit.

Mais ils ont rejeté la décision du procureur général Avichai Mandelblit de classer l’affaire concernant un épisode qui impliquait l’un des deux policiers.

La cour a indiqué que la preuve se basait sur des conversations entre les prisonniers qui ont été enregistrés à leur insu.

« L’odeur de l’urine est répugnante… heureusement qu’ils ne m’ont pas forcé à la boire… ils pissent dans un sac et le mettent sur ta tête », a raconté la victime à son compagnon de cellule.

Le policier en question a démenti les faits durant l’interrogatoire, mais son ADN a été retrouvé sur les vêtements de l’accusation. Il été arrêté et a avoué que les faits se sont effectivement produits, mais qu’il s’agissait d’un accident.

La Cour suprême israélienne à Jérusalem (Crédit : Flash90)
La Cour suprême israélienne à Jérusalem (Crédit : Flash90)

Il a affirmé qu’il avait emmené le détenu menotté et avec un bandeau sur les yeux aux toilettes, et une fois que le détenu avait fini, il lui a demandé de se mettre de côté pour qu’il puisse lui-même aller aux toilettes.

Le policier a ajouté qu’il avait demandé au détenu de se mettre à genoux, afin qu’il reste en position de force si quelque chose se produisait. Quand le détenu a bougé de manière inattendue, le policier s’est tourné et l’a attrapé. C’est probablement à ce moment-là que des gouttes d’urine ont atterri sur les vêtements du prisonnier, a-t-il dit.

Quand les enquêteurs lui ont demandé pourquoi il avait nié les faits, il a répondu qu’il avait honte de sa « maladresse ».

Les juges ont estimé que la réponse de l’officier pouvait être considérée comme un aveu, mais aussi comme un mensonge, et c’est donc à la cour qu’il reviendra de statuer.

Mais ils ont soutenu les décisions précédentes concernant les autres plaintes déposées par le Palestinien, notamment le fait que le second policier devait être absout.

L’appel à la Cour suprême avait été déposé par le prisonnier palestinien et la Commission publique contre la torture en Israël contre le procureur général, le département d’enquête de la police et les deux agents de police, qui n’ont pas été identifiés.

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