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Un proche allié de Ben Gvir parmi les cibles des sanctions des États-Unis et de l’UE

Un responsable américain a indiqué que Benzi Gopstein avait été pris pour cible dans le cadre d'une décision prise de viser les proches des officiels israéliens les plus extrêmes, en évitant nommément Ben Gvir ou Smotrich

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président de Lehava, Benzi Gopstein, après une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 14 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de Lehava, Benzi Gopstein, après une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 14 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un activiste d’extrême droite et proche allié du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a été pris pour cible lors d’une troisième série de sanctions imposées par l’administration Biden, des sanctions dont l’objectif est de réprimer les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation en Cisjordanie.

La désignation de Benzi Gopstein, de la part du Trésor américain, a été apparemment coordonnée avec l’Union européenne qui a fait savoir que Lehava, le groupe extrémiste de ce dernier, avait été intégré dans sa propre enveloppe de sanctions qui a été annoncée le même jour.

Ces sanctions prises à l’égard de Gopstein entrent dans le cadre d’une décision réfléchie, a fait savoir l’administration Biden – une décision prise dans le cadre d’une initiative visant à cibler graduellement certains des membres les plus extrémistes du gouvernement israélien sans aller jusqu’à mettre en cause, pour le moment, des ministres comme Itamar Ben Gvir ou Bezalel Smotrich, a confié un responsable américain au Times of Israel.

Dans son annonce, le Département d’État a expliqué que Lehava « est une organisation dont les membres se prêtent à des violences déstabilisantes qui touchent la Cisjordanie ». Sous la direction de Gopstein, Lehava et ses membres ont été impliqués dans des actes ou dans des menaces de violence à l’encontre des Palestiniens, visant souvent des secteurs particulièrement sensibles ou volatiles.

Le groupe d’extrême-droite de Gopstein s’oppose aux mariages mixtes et à l’assimilation entre Juifs et Arabes, et tente d’étouffer de nombreuses activités organisées par les non-Juifs en Israël. Lehava, que certains députés, à la Knesset, ont tenté de faire inscrire sur la liste noire des groupes terroristes, a souvent demandé des actions contre les non-Juifs afin « de sauver les filles d’Israël ».

Gopstein a été condamné, au mois de janvier, pour incitation au racisme pour des propos qu’il avait tenus. Il avait essayé de se lancer en politique en 2019, occupant une place de premier plan dans la liste du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir avant d’être disqualifié par la Cour suprême pour des incitations au racisme dont il s’était rendu coupable dans le passé. Même s’il n’a pas été élu député, il a été régulièrement aperçu accompagnant Ben Gvir lors de réunions à la Knesset, au cours des dernières années.

Le Département américain du Trésor a aussi pris pour cible, dans ses sanctions, deux entités – le Fonds du mont Hébron et Shlom Asiraich — pour leurs rôles respectifs dans la mise en place de campagnes de financement participatif pour le compte de Yinon Levi et de David Chai Chasdai, deux extrémistes qui ont récemment été visés par les mesures de répression américaines, les deux hommes ayant pris part à des violences commises à l’encontre de Palestiniens et d’activistes israéliens en Cisjordanie. Ces collectes avaient permis de rassembler l’équivalent de 170 000 dollars pour Levi et pour Chasdai, a annoncé le Trésor.

En résultat de ces sanctions, tous les biens et autres actifs américains appartenant à Gopstein, au Fonds du mont Hébron et à Shlom Asiraich ont été bloqués, tout comme l’intégralité des entités dont ils sont propriétaires. Les Américains et autres résidents des États-Unis effectuant des transactions financières avec les individus et autres organismes désignés – ou leur faisant des dons – sont eux-mêmes susceptibles d’être sanctionnés. Des interdictions de visa américain ont aussi été imposées aux partisans du mouvement pro-implantation figurant dans la liste noire de l’administration Biden.

Des soldats israéliens se confrontant à des résidents de l’implantation d’Einav qui tentent d’attaquer la ville de Deir Sharaf, dans le gouvernorat de Naplouse, suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

De son côté, l’Union européenne a gelé les actifs des membres du groupe Lehava de Gopstein, aux côtés d’individus appartenant au mouvement des « Jeunes des collines ». Tous sont de surcroît soumis à une interdiction de visa en raison de leur implication dans des attaques qui ont pu être commises contre les Palestiniens de Cisjordanie.

Il est difficile de dire qui sont les personnes clairement visées au sein du mouvement des « Jeunes des collines » – un groupe qui n’est pas organisé et qui comprend de jeunes Israéliens connus pour établir des avant-postes illégaux dans toute la Cisjordanie et pour affronter parfois les soldats israéliens, les Palestiniens et les activistes politiques de gauche qui tentent de protéger ces derniers.

Parmi les membres des « Jeunes des collines » qui se sont particulièrement distingués dans l’actualité, ces dernières années, Meir Ettinger et Elisha Yered, qui ont tous les deux été sanctionnés individuellement par l’Union européenne, avec deux partisans du mouvement pro-implantation, Neria Ben Pazi et Yinon Levi.

Ettinger est le petit-fils de feu le rabbin extrémiste Meir Kahane et il est un militant d’extrême-droite de premier plan. Yered, pour sa part, a été le porte-parole de la députée Limor Son Har-Melech qui appartient au parti Otzma Yehudit de Ben Gvir.

Levy et Ben Pazi ont récemment écopé, eux aussi, de sanctions américaines.

« Les individus et les entités figurant sur la liste sont responsables de graves violations faites aux droits de l’Homme lors d’attaques qui ont pris pour cible des Palestiniens », a noté le communiqué émis par l’Union européenne.

Le communiqué a précisé que ces violations comprenaient « des actes de torture et autres traitements ou punitions cruels, inhumains et dégradants », avec des faits de « violation du droit à la propriété ou à la vie privée et familiale, des violations dont ont été victimes des Palestiniens de Cisjordanie ».

Elisha Yered, soupçonné d’être impliqué dans la mort du Palestinien Qusai Jamal Matan, 19 ans, dans le village cisjordanien de Burqa un jour plus tôt, arrivant au tribunal de première instance de Jérusalem, le 5 août 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

L’UE, les États-Unis et plusieurs pays européens au niveau individuel ont imposé, cette année, des sanctions à des extrémistes israéliens dans un contexte de frustration croissante face à l’incapacité d’Israël à réprimer ce type de violence, en particulier depuis le 7 octobre.

Les États-Unis prennent une décision concernant des violations aux droits de l’Homme israéliennes

Vendredi également, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a dit avoir pris une décision concernant accusation lancée à l’encontre d’Israël – celle qu’Israël aurait violé une série de lois américaines interdisant d’offrir une assistance militaire à des individus ou à des unités sécuritaires commettant des violations flagrantes des droits de l’Homme.

Connues sous le nom de lois Leahy – il s’agit de directives juridiques qui avaient été rédigées par Patrick Leahy, qui avait été sénateur à la fin des années 1990 – ces législations interdisent d’apporter une aide militaire à des personnes ou à des unités qui ont contrevenu aux droits de l’Homme et qui n’ont pas eu à répondre de leurs actes devant la justice.

Blinken s’est exprimé alors que l’organisation ProPublica, spécialisée dans le journalisme d’investigation, a signalé, au début de la semaine dernière, qu’un panel spécial du département d’État, l’Israel Leahy Vetting Forum, avait recommandé il y a plusieurs mois à Blinken qu’il soit interdit à de multiples unités policières et militaires israéliennes de bénéficier de l’assistance des États-Unis suite à des violations des droits de l’Homme présumées.

Le secrétaire d’État Antony Blinken lors d’une conférence de presse aux côtés du Secrétaire britannique aux Affaires étrangères David Cameron (hors cadre) au Département d’État de Washington, le 9 avril 2024. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Blinken n’a encore entrepris aucune action, a noté ProPublica. Les incidents présumés auraient eu lieu en Cisjordanie et majoritairement avant la guerre entre Israël et le Hamas, a précisé l’organisation.

Alors qu’il était interrogé, lors d’une conférence de presse qui a eu lieu en Italie, sur des informations laissant entendre que le Département d’État avait recommandé de couper l’aide militaire à certaines unités de sécurité israéliennes suite à de possibles violations des droits de l’Homme en Cisjordanie, Blinken n’a pas confirmé de manière formelle ces informations mais il a promis qu’il y aurait des résultats très rapidement.

« Je pense que vous faites référence à la Loi Leahy et au travail que nous avons lancé dans ce cadre », a-t-il répondu. « C’est une loi très importante. Et c’est une loi que nous appliquons à tous les niveaux. Et quand nous menons ces investigations, ces enquêtes, cela prend du temps. Cela doit être fait de manière très minutieuse, que ce soit concernant la collecte d’information ou l’analyse de ces informations ».

« Et c’est très exactement ce que nous avons fait. Je pense que je peux vous dire que vous pourrez observer des résultats très bientôt. J’ai pris des décisions. Vous pouvez vous attendre à en voir le résultat dans les jours à venir », a expliqué Biden sans donner d’autre détail.

L’AFP a contribué à cet article.

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