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Un rabbin réformé interroge Netanyahu sur les craintes des participants de Taglit opposés aux implantations

Dans sa lettre au Premier ministre, Rick Jacobs affirme que les participants craignent d’être interdits d’entrée en Israël après l’adoption d’une nouvelle loi

Le président de l'Union pour le judaïsme réformé, le rabbin Rick Jacobs, au centre, pendant un service de prière au mur Occidental, à Jérusalem, le 4 juillet 2016 (Crédit : autorisation de l'UJR)
Le président de l'Union pour le judaïsme réformé, le rabbin Rick Jacobs, au centre, pendant un service de prière au mur Occidental, à Jérusalem, le 4 juillet 2016 (Crédit : autorisation de l'UJR)

Le directeur de la plus grande organisation juive réformée américaine a envoyé mercredi une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans laquelle il exprime ses préoccupations concernant les participants au programme Taglit, qui pourraient ne plus avoir le droit d’entrer dans le pays en raison d’une loi contre le boycott.

Dans sa lettre, le rabbin Rick Jacobs, qui préside l’Union pour le judaïsme réformé, a écrit que le groupe avait appris les préoccupations de plusieurs participants à de futurs voyages Taglit, qui en raison de leur « opposition à l’extension des implantations, seront arrêtés à la frontière quand ils atterriront en Israël. »

En mars, la Knesset a adopté une loi qui empêche les ressortissants étrangers qui ont publiquement appelé au boycott de l’Etat juif ou travaillé pour une organisation que défend ces mesures d’entrer en Israël.

« Ce sont de jeunes gens élevés dans notre mouvement, qui sont actifs dans plusieurs organisations juives sur leurs campus, où ils affrontent presque quotidiennement des situations qui les placent sur la ligne de front pour défendre et expliquer Israël. A présent, ils se retrouvent dans cette situation très difficile et perturbante », a-t-il écrit.

Des touristes israéliens devant un stand du BDS avec des photos et des drapeaux palestiniens, appelant à la "Palestine libre", à sur la place de Dam, au centre d'Amsterdam, en Hollande, le 24 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des touristes israéliens devant un stand du BDS avec des photos et des drapeaux palestiniens, appelant à la « Palestine libre », à sur la place de Dam, au centre d’Amsterdam, en Hollande, le 24 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Il serait nuisible à notre mission et à notre souhait pour Israël d’être non seulement la patrie de tous les Juifs, mais aussi un vrai phare parmi les nations, si cette nouvelle loi dissuadait certains des plus brillants de nos jeunes se posant les questions que nous leur avons appris à poser et cherchent un moyen de vivre une vie influencée par les valeurs juives qui nous tiennent à cœur. »

Jacobs a écrit que les Juifs américains méritaient d’avoir une idée précise de ce à quoi s’attendre quand ils arrivent en Israël.

La loi s’applique également aux partisans du boycott des produits des implantations de Cisjordanie, en s’appuyant sur une définition juridique de 2011 du boycott d’Israël, qui comprend toutes « les zones sous son contrôle. »

Après l’adoption de la loi, l’Union pour le judaïsme réformé l’avait condamnée, ainsi que d’autres associations juives américaines, comme l’Anti-Defamation League et l’AJC.

Jacobs a ajouté dans sa lettre de mercredi que, même s’il était « personnellement un opposant farouche au BDS et aux boycotts d’Israël », il était inquiet que cette nouvelle loi ne soit « contreproductive » et nuise aux efforts de l’Etat juif pour toucher les Juifs du monde entier.

« Je suis frustré qu’en adoptant cette loi, le gouvernement israélien ait essentiellement posé un énorme panneau sur la porte de l’Etat juif disant ‘ne venez pas à moins que vous ne soyez d’accord avec tout ce que nous faisons ici’. »

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