Un réseau de trafic de bébés accusé d’avoir enlevé un nouveau-né à sa mère
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Un réseau de trafic de bébés accusé d’avoir enlevé un nouveau-né à sa mère

La Cour a levé un embargo sur une enquête portant sur la femme d'un rabbin israélien soupçonné d'organiser des adoptions illégales

Des Juives ultra-orthodoxe poussant leurs poussettes dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 4 juillet 2013 (Crédit : Shohat Nati / Flash90)
Des Juives ultra-orthodoxe poussant leurs poussettes dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 4 juillet 2013 (Crédit : Shohat Nati / Flash90)

La Cour des Magistrats de Nazareth a partiellement levé un embargo sur une enquête ouverte il y a deux ans sur un réseau de trafic de bébés dans la communauté ultra-orthodoxe.

La police avait ouvert une enquête sur un système d’adoption pendant l’année 2017 après qu’une enquête sous couverture du quotidien Yedioth Ahronoth a détaillé les allégations d’une femme ultra-orthodoxe qui racontait que son bébé lui avait été retiré et placé en adoption contre son gré.

Mercredi, la Cour a révélé que la police enquêtait sur la femme d’un rabbin du nord d’Israël pour son rôle présumé dans le kidnapping du nouveau-né de cette mère, identifiée dans les documents juridiques par le prénom « Yael ».

Yael, qui a été placée sous la tutelle de la femme du rabbin en raison d’une pathologie mentale non spécifiée, a raconté à la police en 2016 que lorsqu’elle était enceinte de 8 mois, la femme du rabbin l’a persuadée de se rendre à New York pour une procédure médicale.

En arrivant à un hôpital – non spécifié – lié à la communauté ultra-orthodoxe, Yael a déclaré que son bébé est né par césarienne, et qu’elle a ensuite été pressée de signer des documents qu’elle ne comprenait pas.

Yael a indiqué que son fils lui avait été enlevé à l’hôpital et confié à un couple ultra-orthodoxe sans enfants, qui est ensuite rentrée en Israël. Elle dit n’avoir pas vu son fils depuis.

Nouveaux-nés à l’hôpital Bikur Holim de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)

Yediot avait rapporté en 2017 que les trafiquants de Yael avaient facturé entre 100 et 150 000 dollars de « frais de gestion » pour chaque adoption qu’ils organisaient.

En plus de l’enquête sur l’adoption, les documents légaux montrent que les autorités tentent de déterminer si l’adoption était légale et si le garçon, aujourd’hui âgé de 3 ans, doit être rendu à sa mère biologique.

La police a récemment placé en détention la femme du rabbin et deux autres suspects, mais tous trois ont ensuite été libérés et assignés à résidence.

La femme du rabbin nie avoir organisé le voyage de Yael à New York, et nie toute implication dans l’adoption de l’enfant.

Cependant, la police pense que le cas de Yael n’est pas isolé, et fait partie d’une réseau de trafic humain qui sévit dans la communauté ultra-orthodoxe israélienne depuis quelques temps.

D’autres suspects potentiels ont été identifiés, et le tribunal a indiqué que des enquêteurs tentaient d’identifier d’autres victimes.

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