Un troisième soldat plaide coupable d’avoir battu des prisonniers palestiniens
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Un troisième soldat plaide coupable d’avoir battu des prisonniers palestiniens

Le soldat va passer 190 jours en prison, comme ses deux autres camarades qui ont accepté la peine négociée

Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)
Un des cinq soldats israéliens de la brigade Kfir (G), arrêtés pour avoir prétendument battu deux suspects palestiniens placés sous leur surveillance, arrive à une audience au tribunal militaire de Jaffa le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)

Mercredi, un soldat israélien, qui faisait partie des cinq soldats accusés d’avoir passé à tabac deux prisonniers palestiniens le mois dernier, aurait accepté l’accord de plaider coupable devant le procureur militaire. Il a suivi la voie de deux de ses camarades qui avaient passé un accord similaire plus tôt cette semaine.

Le soldat va plaider coupable d’abus aggravés et écoper de 190 jours d’incarcération, a annoncé la chaîne publique Kan.

Les soldats, du bataillon religieux Netzah Yehuda de la brigade Kfir, avaient été arrêtés et accusés d’avoir passé à tabac les suspects palestiniens, soupçonnés d’avoir aidé un terroriste qui avait tué deux de leurs camarades dans une attaque à l’arme à feu à un arrêt de bus.

Plus tôt cette semaine, l’armée avait indiqué que deux des soldats accusés avaient accepté de plaider coupable d’abus aggravés et de recevoir une peine de 6 mois et demi de prison en échange, évitant ainsi une condamnation plus lourde pour agression aggravée.

Ils seront aussi placés en régime de mise à l’épreuve et rétrogradés au rang de simple soldat.

Des soldats de la Brigade Kfir de Tsahal lors d’un entraînement dans la vallée du Jourdain, le 28 novembre 2017. (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

Les cinq soldats étaient inculpés pour agression et abus aggravés. Deux d’entre eux ont aussi été mis en examen pour obstruction à la justice pour avoir tenté de coordonner leur déclaration avant d’être interrogés.

Selon les documents d’inculpation, les soldats auraient brutalement battu les deux prisonniers menottés et les yeux bandés – un père et son fils, qui ont depuis été inculpés d’assistance au terroriste – et filmé leurs actes avec un téléphone portable. Un des prisonniers a subi des blessures si graves qu’il avait dû être hospitalisé et n’avait pas pu être interrogé par les services de sécurité pendant plusieurs jours.

L’officier en chef des soldats, un lieutenant, a aussi été inculpé plus tôt ce mois pour ne pas avoir empêché les violences, alors qu’il savait qu’elles avaient lieu.

Depuis que les mises en examen ont été déposées, des procureurs militaires ont tenté de convaincre les soldats d’accepter l’accord afin d’éviter un procès.

Le 13 décembre, le terroriste palestinien Asem Barghouti avait ouvert le feu sur un arrêt de bus à proximité de l’avant-poste de Givat Assaf non loin de Ramallah, tuant deux soldats et en blessant gravement un troisième, ainsi qu’une civile, selon l’armée israélienne.

Barghouti, qui avait fui la scène après l’attaque, avait été arrêté dans la maison d’un complice présumé dans le village d’Abu Shukheidim le 8 janvier. Les deux Palestiniens victimes du passage à tabac ont été arrêtés le même jour dans le village, soupçonné d’avoir aidé Barghouti à se cacher des forces de sécurité.

Les cinq soldats ont été accusés de « maltraiter les Palestiniens par des gifles, des coups de poing et de matraque, alors qu’ils étaient menottés et avaient les yeux bandés, leur infligeant des blessures graves », avait déclaré l’armée dans un communiqué le mois dernier.

Selon les documents d’inculpation visant les soldats, lors de l’agression, ces derniers ont retiré le bandeau au fils « afin qu’il voie comment ils battaient » son père.

Un des soldats a filmé les violences avec son téléphone, alors que les autres  « exultaient et se montraient fiers d’eux mutuellement – le tout devant la caméra », toujours selon les documents d’inculpation.

Les soldats du bataillon Netzah Yahuda, qui opère en Cisjordanie, sont au centre de plusieurs polémiques liées à des extrémistes de droite et des Palestiniens, particulièrement ces derniers temps.

Le bataillon a été créé pour que les soldats ultra-orthodoxes et autres religieux puissent servir sans avoir le sentiment de compromettre leurs croyances. Ainsi, ils ne sont pas autant en contact avec des femmes que ne le sont les autres soldats et disposent de plus de temps pour prier et étudier.

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