Une association accuse la mairie de Montréal d’inaction face à l’antisémitisme
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Une association accuse la mairie de Montréal d’inaction face à l’antisémitisme

Le communiqué a été publié à la suite d’un nouveau conseil municipal et du refus, l’an dernier, de la ville d’adopter la définition d’antisémitisme de l’IHRA

Valérie Plante lance sa campagne à la direction de Projet Montréal le 20 septembre 2016 au Café Stouf à Montréal. (Crédit : André Querry / CC BY-SA 2.0)
Valérie Plante lance sa campagne à la direction de Projet Montréal le 20 septembre 2016 au Café Stouf à Montréal. (Crédit : André Querry / CC BY-SA 2.0)

Le Centre pour Israël et les affaires juives (CIJA), organisation juive canadienne qui représente les fédérations juives du Canada, a accusé dans un communiqué publié lundi la municipalité de Montréal et sa mairesse Valérie Plante d’inaction face à l’antisémitisme.

Le texte a été publié à la suite d’un nouveau conseil municipal et du refus, l’an dernier, de la ville d’adopter la définition d’antisémitisme de l’IHRA.

« Il faut plus que des mots pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme », a affirmé Eta Yudin, vice-présidente du CIJA pour le Québec.

« Répéter encore et encore les mêmes promesses n’a pas de sens face à l’inaction et n’est pas digne d’un leader. La communauté juive a pris la mairesse au mot, et après un an à traîner les pieds, elle continue à se cacher derrière son bureau, comme elle le fait sur d’autres questions. Son silence envoie un message très troublant aux Montréalais. »

« Ces derniers mois, Paris, Nice, l’Ontario et l’administration Biden se sont joints au Canada et à d’autres juridictions éclairées à travers le monde pour prendre des mesures concrètes en adoptant la définition de travail d’antisémitisme de l’IHRA », a ajouté Yair Szlak, président de la fédération CJA de Montréal.

« Depuis plus d’un an, Montréal est en sommeil face à la montée de l’antisémitisme. L’inaction de la mairesse sur ce front, à la veille de Yom HaShoah, jour de commémoration des victimes de l’Holocauste, est une tache sur la réputation de notre ville et nuit au nombre de plus en plus faible de survivants qui habitent Montréal. »

Cette semaine, la ville de Strasbourg a, comme Montréal, rejeté l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA. La décision a aussitôt été dénoncée sur Twitter, notamment par l’ambassade d’Israël en France et Haïm Korsia, grand rabbin de France.

La définition décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces parties de la définition ont été vivement critiquées ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elle étouffe la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition.

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