Montréal n’adopte pas la définition de l’antisémitisme de l’IHRA
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Montréal n’adopte pas la définition de l’antisémitisme de l’IHRA

Les conseillers liés à la mairesse de la ville ont refusé de soutenir la demande, arguant que la question devait plutôt être soumise à la commission de la Présidence de la Ville

Vue de Montréal. (crédit photo : CC BY montroyaler/Flickr)
Vue de Montréal. (crédit photo : CC BY montroyaler/Flickr)

À l’occasion du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, l’opposition du conseil municipal de Montréal avait proposé que la ville adopte la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale de la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui comporte notamment une mention décrivant la négation de l’Etat d’Israël comme étant de l’antisémitisme.

Les conseillers liés à Valérie Plante, la maire de la ville, ont néanmoins refusé de soutenir la demande, arguant que la question devait plutôt être soumise à la commission de la Présidence de la Ville de Montréal.

Le parti d’opposition Ensemble Montréal a préféré retirer sa proposition. Le chef de l’opposition, Lionel Perez, a estimé que la ville véhiculait par son refus d’adoption un message de haine.

« C’est incompréhensible. On a un appui de tous les organismes de la communauté juive de Montréal. La définition a été adoptée par une vingtaine de pays, elle est reconnue par l’Organisation des Nations unies (ONU), par le Parlement européen. C’est incrédule, ça démontre un manque de volonté politique », a-t-il déclaré.

« Nous sommes profondément déçus que la maire de Montréal, Valérie Plante, n’ait pas apporté son soutien à l’adoption de la définition la plus largement acceptée de l’antisémitisme, privant ainsi les Montréalais juifs d’un outil essentiel approuvé par des organismes internationaux réputés et adopté par des dizaines de pays démocratiques, dont le Canada, pour renforcer la lutte contre la résurgence de l’antisémitisme », ont quant à eux déclaré dans un communiqué Gail Adelson-Marcovitz, présidente de la Fédération CJA et Reuben Poupko, co-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (CIJA-Québec).

« Afin de lutter efficacement contre la recrudescence de la haine des Juifs, les autorités publiques ont besoin d’une définition opérationnelle permettant d’identifier clairement les incidents antisémites dans leurs juridictions respectives. Nous continuerons à travailler avec le conseil municipal et la Ville de Montréal pour les sensibiliser à l’antisémitisme sous toutes ses formes contemporaines et à la nécessité d’utiliser la définition de l’IHRA comme référence et outil éducatif », ont-ils ajouté.

La définition de l’IHRA a déjà été incluse dans le programme canadien de lutte contre le racisme.

La ville canadienne de Vaughan, 306 000 habitants, a quant à elle adopté la définition ce 27 janvier.

La France a fait de même en décembre dernier. La résolution votée par l’Assemblée nationale avait déjà été validée par le Parlement européen et 20 pays dont 16 de l’UE, et était appuyée par Emmanuel Macron.

Ses détracteurs dénoncent le fait que ce texte pourrait définir la critique de l’Etat d’Israël comme de l’antisémitisme, ce que ses partisans démentent.

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