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Une chronique anti-Israël parue dans un journal étudiant supprimée après des menaces

L'auteur dit avoir été menacé, avec sa famille, par des étudiants juifs pour avoir dit qu'aller en Israël encourageait l'apartheid

Illustration : le campus de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, aux États-Unis, en avril 2015. (Crédit : AP Photo/Gerry Broome, File)
Illustration : le campus de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, aux États-Unis, en avril 2015. (Crédit : AP Photo/Gerry Broome, File)

JTA — Le journal de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill a retiré une chronique qui critiquait les étudiants qui se rendent en Israël après que son auteur a dit avoir reçu des menaces, ainsi que sa famille, en réponse à son article.

L’article, qui était intitulé « Quand étudier devient une déclaration politique », avait été publié mercredi. Il avait disparu dimanche.

« Être en désaccord avec les conclusions tirées par un individu dans son travail est une chose, » a écrit Guillermo Molero, rédacteur en chef du Daily Tar Heel, dans un communiqué expliquant le retrait de la chronique. « Mais harceler personnellement les gens et en particulier ceux qui n’ont pas été directement impliqués dans la publication du dit travail est à la fois irresponsable et répréhensible ».

Dans sa chronique, l’éditorialiste du Daily Tar Heel, Carson Elm-Picard, qualifiait Israël « d’État d’apartheid », affirmant que les étudiants se rendant dans le pays faisaient par cela une déclaration politique « au détriment d’une population opprimée ».

« Je n’ai aucun état d’âme concernant quelqu’un qui va profiter de la plage ou publier sur les réseaux sociaux – je fais fréquemment les deux », avait écrit Elm-Picard. « Mais j’ai été choqué par un Américain qui se rendait en Israël sans se poser de questions alors que moi-même, je ne pouvais pas penser à autre chose qu’à l’apartheid imposé actuellement aux Palestiniens dans ce même pays ».

Il a aussi écrit qu’il reconnaissait ne pas être spécialiste du conflit israélo-palestinien, en partie « parce qu’Israël combat les narratifs négatifs de manière active à ce sujet en faisant de la propagande sur des plateformes comme TikTok. »

Le campus de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, le 20 avril 2015. (Crédit : AP/Gerry Broome)

La chronique a été très critiquée sur internet, ses détracteurs affirmant sur les réseaux sociaux qu’elle avait contrarié les étudiants juifs. Dimanche, Elm-Picard a écrit sur Twitter que sa mère recevait « des messages de haine ».

« Ceci dit, je ne retire pas ce que j’ai écrit et je réalise que si ce retrait de ma chronique peut ressembler à une sorte de rétractation, je vais tout de même accorder la priorité à la sécurité et au bien-être de ma famille », a-t-il encore écrit.

Il y a environ 1 000 étudiants juifs à l’UNC de Chapel Hill. Sollicité par JTA, Elm-Picard n’a pas répondu à une demande de réaction.

Dans sa déclaration, Molero a indiqué que les arguments présentés dans la section des chroniques et des éditoriaux « n’engagent strictement que leurs auteurs ».

« La chronique en question a été supprimée de manière à garantir la sécurité et le bien-être de son auteur, quelque chose que le Daily Tar Heel veillera toujours à préserver par tous les moyens », a-t-il écrit. « Nous défendons avec fierté le travail réalisé par nos chroniqueurs et par nos éditorialistes de talent, par notre comité de rédaction et par nos journalistes et nous sommes reconnaissants à l’égard de leur travail passionnant, stimulant, qui permet d’améliorer notre journal. »

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