Une commission de la Knesset annule l’exonération de TVA de 150 $ accordée par Smotrich
Selon les membres du Likud menés par Milwidsky, le président de la commission des Finances, doubler l'exonération de TVA sur les importations personnelles de 75 $ pénalisera les entreprises locales

En choisissant de passer outre la décision prise par le ministre des Finances Bezalel Smotrich de relever le plafond de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée sur les commandes personnelles passées à l’étranger, la Knesset a pris une décision rare.
Le décret pris par Smotrich permettait aux citoyens d’acheter jusqu’à 150 $ de marchandises à l’étranger – notamment sur des sites très prisés comme Amazon et Temu – sans avoir à payer 18 % de TVA supplémentaire. S’il avait été salué par le grand public, il avait cependant suscité de vives critiques de la part des entrepreneurs locaux, qui craignaient de ne plus être compétitifs.
Le plafond précédent était fixé à 75 $.
Ces dernières semaines, depuis l’entrée en vigueur du décret, le 24 décembre, les groupes de pression économiques sont parvenus à obtenir le soutien de certains membres de la coalition, en particulier du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Sollicitée, la commission des Finances de la Knesset a donc organisé un débat sur la question.
La commission a voté mardi en faveur du renvoi du débat devant l’ensemble de la Knesset. Les députés pourront alors voter sur l’opportunité de révoquer le décret.
Voir la Knesset annuler des décrets ministériels est extrêmement inhabituel.
Smotrich, chef du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, a critiqué la décision prise par la commission de soumettre le décret au vote de la Knesset, écrivant mardi sur le réseau social X que le ministre de l’Économie Nir Barkat « travaille pour les monopoles depuis le début de son mandat ».
Barkat, pour sa part, a déclaré que ce décret n’avait aucun sens, et qu’il reviendrait à « subventionner les importations étrangères » au détriment de l’industrie locale.
Le ministre des Finances a en outre accusé le député du Likud Eli Dalal, qui avait requis que la question soit débattue en commission, et le président de la commission des Finances, le député du Likud Hanoch Milwidsky, d’être à la solde des monopoles locaux.
« Barkat, Milwidsky et Dalal s’opposent au libéralisme économique du Likud et du Premier ministre Netanyahu », a affirmé Smotrich. « Je ne céderai pas. Je m’efforce de lutter contre le coût – élevé – de la vie, afin que nous puissions tous réduire nos dépenses mensuelles. La vie, ici, peut être moins chère. »
Milwidsky lui a alors répondu : « La vie pourrait être moins chère ici. Mais sous votre mandat de ministre des Finances, tout est devenu extrêmement plus cher, réellement. »
Reprochant à Smotrich son inaction face aux intérêts monopolistiques depuis trois ans, Milwidsky a ajouté que le ministre des Finances « appuyait une mesure populiste, à laquelle tous les fonctionnaires de votre ministère s’opposent » en guise de tactique de « dernier recours » avant les élections prévues en octobre.
Selon les responsables du Likud, le parti est divisé sur la question.
Smotrich a fait valoir que ce décret était nécessaire, arguant qu’il permettrait des importations moins coûteuses, ce qui, par conséquent, encouragerait la concurrence et ferait baisser les prix.
Pour d’autres membres du Likud, au contraire, une telle politique sera de nature à nuire aux entreprises locales. L’exonération de TVA ne s’applique en effet qu’aux importations étrangères, ce qui place les vendeurs locaux, qui doivent facturer la TVA, dans une situation désavantageuse en termes de concurrence.
Milwidsky s’est opposé à plusieurs reprises au ministre des Finances, notamment au sujet de l’initiative de Smotrich qui visait à accorder un crédit d’impôt aux réservistes de Tsahal. Smotrich avait donc boycotté, durant une brève période, les législations avancées par le gouvernement, jusqu’à ce que Milwidsky fasse avancer son projet de loi.
Il s’agit du dernier obstacle en date au programme de Smotrich. Son autre mesure phare, dont l’objectif était de supprimer le système réglementé et centralisé de quotas laitiers et d’ouvrir le marché à la concurrence, a également rencontré une forte opposition cette semaine.
Des centaines d’agriculteurs de tout le pays ont manifesté lundi. Selon eux, la réforme prévue va dévaster les entreprises locales et contraindre à la fermeture d’environ 400 exploitations laitières dans les kibboutzim et les zones périphériques.







