Une Cour ordonne la libération de Tal Yinon Dardik après 38 jours de détention
Ce résident d'implantation, qui aurait exhibé un Palestinien nu et ligoté dans son village, se verra interdire l'accès à la Cisjordanie, sauf pour se présenter 2 fois par jour au commissariat local
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Le tribunal de Jérusalem a ordonné mardi la libération immédiate et sans conditions restrictives de Tal Yinon Dardik. Ce dernier, soupçonné d’avoir participé à une grave attaque contre des Palestiniens en mars, était détenu depuis 38 jours en vertu de mesures administratives.
Dardik restera néanmoins soumis aux restrictions imposées par le major général Avi Bluth, chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne, qui lui interdisent de pénétrer dans toute zone de la Cisjordanie à l’exception de l’implantation de Modiin Illit, où il sera tenu de se présenter au commissariat local deux fois par jour.
Dardik est soupçonné d’avoir participé à une agression brutale à Khirbet Humsa, un village palestinien de Cisjordanie, où lui et d’autres résidents d’implantations extrémistes auraient déshabillé une victime palestinienne, attaché ses parties génitales avec des liens en plastique et l’auraient exhibée dans tout le village. Dardik nie avoir pris part à cette agression.
Il avait initialement été placé en résidence surveillée à l’extérieur de son avant-poste agricole illégal de Kfar Tarfon, le 9 juin, mais il a été incarcéré dans une cellule de détention, en vertu d’une mesure de restriction administrative, début juillet, après avoir enfreint à plusieurs reprises les conditions de sa détention.
Une mesure administrative permet aux autorités de détenir ou de restreindre la liberté des suspects pour une durée indéterminée, sans inculpation. Cette mesure est presque exclusivement utilisée à l’encontre des Palestiniens depuis que le ministre de la Défense Israel Katz, a décidé de mettre fin à son application à l’encontre des extrémistes juifs.
Dardik avait insisté pour que son assignation à résidence soit purgée à son domicile, situé dans la Zone B de la Cisjordanie – plus proche du lieu de l’attaque contre Khirbet Humsa -, mais Bluth n’a pas voulu le laisser y retourner.
Cependant, dimanche, le tribunal a rejeté la tentative de Bluth d’empêcher sa mise en détention à Kfar Tarfon, confirmant ainsi la décision d’un tribunal militaire selon laquelle les conditions de son assignation à résidence, au domicile de sa belle-mère dans l’implantation d’Adei Ad, située au centre de la Cisjordanie, étaient intenables, car celle-ci ne souhaitait pas l’accueillir chez elle.
Le tribunal a toutefois reconnu que l’ordonnance administrative d’assignation à résidence prononcée le 9 juin était « justifiée, proportionnée et raisonnable » et que Dardik constituait un danger pour la sécurité de la région, raison pour laquelle il devait être assigné à résidence.
Bluth et le parquet du district de Jérusalem avaient interjeté appel devant le tribunal de district après que la Cour d’appel militaire de Tsahal en Cisjordanie eut accepté, le 26 juillet, l’argument de Dardik selon lequel la mesure de détention était impraticable.
Après l’acceptation de l’appel de Dardik par la Cour d’appel militaire, Katz a ordonné aux autorités de ne pas renouveler sa détention et a appelé l’armée à trouver une solution alternative permettant de le libérer sans qu’il ne représente une menace. Selon la presse israélienne, Katz a également rendu visite à Dardik dans sa cellule le mois dernier.
Face à la colère de la droite contre Bluth pour avoir cherché à prolonger les restrictions imposées à Dardik, Katz s’était engagé, la semaine dernière, lors d’un débat télévisé pro-gouvernemental, à remplacer le général. Cette annonce avait aussitôt suscité un tollé, ses détracteurs l’accusant d’ingérence préélectorale dans les nominations au sein de l’armée.
Il est revenu le lendemain sur sa décision après que le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, eut déclaré que Bluth resterait à la tête du Commandement du Centre.
Ces dernières années, la violence des résidents des implantations s’est intensifiée, avec des attaques quasi quotidiennes, parfois meurtrières, qui ont lieu dans toute la Cisjordanie, mais peu de suspects ont été arrêtés, et encore moins inculpés. Les détracteurs accusent le gouvernement de tolérer, voire d’encourager ces attaques.
Les chiffres publiés en début d’année par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont révélé que trois fois plus de Palestiniens que de Juifs avaient été victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie.
L’armée a recensé 867 cas de crimes à caractère nationaliste et de violences commis par des résidents d’implantations en 2025, contre 682 en 2024.
Jeremy Sharon a contribué à cet article.
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