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Une députée du Labour ayant traité Corbyn d’antisémite réélue par son parti

Margaret Hodge pourra rester candidate de son parti après sa victoire lors d'un vote primaire interne qui aurait pu se finir en éviction du Parti travailliste britannique

Margaret Hodge prend la parole lors de la Conférence du Jewish Labour Movement à Londres, le 2 septembre 2018. (Dan Kitwood/Getty Images/via JTA)
Margaret Hodge prend la parole lors de la Conférence du Jewish Labour Movement à Londres, le 2 septembre 2018. (Dan Kitwood/Getty Images/via JTA)

Une députée juive expérimentée du Parti travailliste britannique, qui avait accusé l’an dernier le chef du parti Jeremy Corbyn d’être antisémite, a remporté lundi une élection primaire interne pour rester candidate du parti.

Dame Margaret Hodge, députée pour la circonscription londonienne de Barking depuis 1994, a été soumise à une élection primaire interne, sur décision du parti dans sa circonscription, qui permet aux partis de remplacer les députés en laissant d’autres travaillistes se présenter pour ce poste aux primaires.

Hodge a annoncé sa victoire dans un tweet accompagné d’une photo où elle est entourée de militants, avec le mot « Victoire ! ».

Le Board of Deputies of British Jews a félicité Hodge pour sa « large réélection », a rapporté The Guardian, en ajoutant : « Les trolls qui s’étaient opposés à elle n’avaient pas pris en compte la force et la popularité de Margaret. Tout le monde est conscient que le soi-disant leader ‘anti-raciste’ du Labour disparu au combat a tenté d’écarter une autre députée juive ».

Selon The Guardian, les nouvelles règles du parti stipulent qu’une élection primaire interne peut être déclenchée si un tiers du parti vote en ce sens.

Le Labour a été accusé d’utiliser cette procédure pour purger les éléments anti-Corbyn de ses rangs.

« Je suis évidemment déçue. Ma priorité reste le service de la population de Barking, comme je l’ai fait ces 25 dernières années, avait déclaré Hodge au Huffington Post. À un moment vital pour le pays, avec des élections législatives qui se profilent, nous devrions concentrer nos efforts sur la nécessité de tenir Boris Johnson et les conservateurs pour responsables de leurs actes. »

Le leader du parti d’opposition britannique du Labour Jeremy Corbyn prononce un discours durant un rassemblement lors d’une manifestation à Londres, à Whitehall, pour protester contre la visite d’Etat réalisée par le président américain Donald Trump, le 4 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Matt Dunham)

L’année dernière, Hodge s’est opposée à Corbyn au Parlement après que le parti a adopté de nouvelles directives sur l’antisémitisme. Ces directives ont été critiquées comme étant trop faibles et pour ne pas présenter de formulation largement acceptée. S’exprimant au Parlement, et pas directement aux médias, Hodge avait déclaré que Corbyn était un
« antisémite et un raciste ».

Le Parti travailliste britannique avait ensuite décidé de ne prendre aucune mesure contre la parlementaire, qui avait affirmé que la réaction des leaders du parti concernant les craintes juives sur l’antisémitisme au sein de la formation politique avait été méprisante et arrogante. Elle avait également critiqué la décision d’assouplir la définition du terme acceptée internationalement.

À l’époque, Hodge avait tweeté qu’elle était contente qu’aucune sanction disciplinaire n’ait été prise à son encontre. Elle avait toutefois insisté pour dire que le parti avait tort de l’attaquer, plutôt que de traiter la question de l’antisémitisme.

Hodge est juive et a perdu des membres de sa famille pendant la Shoah. Au Parlement, elle s’est exprimée sur la peine qu’elle a ressentie après avoir été la cible d’attaques antisémites sur les réseaux sociaux et ailleurs.

Au début du mois, la députée Louise Ellmann, 73 ans, a quitté le Parti travailliste et a ensuite raconté avoir été écartée par des militants d’extrême-gauche qui refusaient d’employer son nom dans certaines publications et l’avaient accusé de double allégeance à Israël.

Elle a accordé un entretien au site du Telegraph publié mercredi dans lequel elle explique que depuis qu’elle est devenue députée en 1997, de nombreux nouveaux militants ayant rejoint le parti « soutenaient des théories du complot antisémites et venaient de groupes révolutionnaires communistes ».

Louise Ellman a également accusé de nombreux membres du parti de nourrir « une ‘obsession’ pour Israël au détriment d’autres questions intérieures ou étrangères ».

Corbyn a fait l’objet d’attaques répétées, y compris au sein du parti, pour avoir permis à l’antisémitisme de s’y propager et pour avoir refusé d’adopter pleinement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) dans le nouveau code de conduite du Labour.

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique d’opposition Jeremy Corbyn et l’antisémitisme au sein du Labour, devant le Parlement dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Le Parti travailliste a été secoué par des accusations d’antisémitisme depuis que Corbyn, venu de l’extrême-gauche, a été élu à sa tête en 2015. Le parti a de nouveau été au centre de l’attention médiatique après la diffusion d’un reportage de la BBC dans lequel un certain nombre d’anciens officiels du parti l’ont accusé, lui et ses alliés, d’entrave dans les efforts pour traiter le sujet.

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