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Après 55 ans, une cadre juive quitte le Labour en raison de l’antisémitisme

Louise Ellman a déclaré que le dirigeant du parti n'était pas apte à devenir Premier ministre et a attiré le soutien de beaucoup trop d'antisémites

Louise Ellman a démissionné du Parti travailliste en raison de ce qu'elle a décrit comme un antisémitisme systémique au sein du parti. (Autorisation)
Louise Ellman a démissionné du Parti travailliste en raison de ce qu'elle a décrit comme un antisémitisme systémique au sein du parti. (Autorisation)

Mercredi, une cadre juive du parti Travailliste du Royaume-Uni a quitté la formation politique, déclarant qu’un antisémitisme inacceptable avait pu s’y développer sous la direction de Jeremy Corbyn. Elle a déclaré qu’il n’était pas apte à devenir Premier ministre.

L’élue de Liverpool Rivserside Louise Ellman a annoncé dans une lettre sa démission du parti dont elle était membre depuis 55 ans.

Ellman, âgée de 73 ans, a été une voix très critique de la gestion de l’antisémitisme au sein du parti et de Corbyn.

« Je pense que Jeremy Corbyn serait un danger pour ce pays, un danger pour la communauté juive également, mais surtout un danger pour le pays », a-t-elle déclaré au Times.

Dans sa lettre de démission, Ellman a écrit être « profondément dérangée » par la recrudescence de l’antisémitisme et qu’elle ne pouvait plus soutenir un vote travailliste qui pourrait conduire Corbyn à devenir Premier ministre.

« Je crois que Jeremy Corbyn n’est pas apte à servir en tant que Premier ministre », a écrit Ellman, qui était membre du parlement pour le parti depuis 1997.

« Corbyn, qui a passé trente ans sur les bancs parlementaires à fréquenter, sans jamais s’opposer, aux antisémites, aux négationnistes de la Shoah et aux terroristes, a attiré le soutien de trop nombreux antisémites », a-t-elle écrit.

« Des membres juifs du parti ont été intimidés, insultés et forcés à quitter le parti. Les antisémites se sont sentis à l’aise avec des théories du complot qui se sont diffusées, a-t-elle écrit. Un parti qui permet au racisme anti-juif de se développer ne peut pas être qualifié de parti anti-raciste. »

Elle a déclaré que sa décision était un « véritable crève-cœur », mais a précisé qu’elle ne rejoindrait pas un autre parti, affirmant qu’elle reviendrait au parti Travailliste quand il aurait un nouveau chef.

Jeremy Corbyn, le chef du parti Travailliste, l’opposition britannique, s’adresse aux militants lors d’une Conférence du parti à Brighton, en Angleterre, le 24 septembre 2019. (Kirsty Wigglesworth/AP)

Un porte-parole du parti Travailliste a déclaré que Corbyn avait remercié Ellman pour ses nombreuses années de service.

« Jeremy Corbyn et le parti Travailliste sont entièrement engagés au soutien, à la défense et à la célébration de la communauté juive et continuent à prendre des mesures fortes pour déraciner l’antisémitisme dans le parti et dans la société en général », a déclaré le porte-parole dans un communiqué.

Plus tôt ce mois-ci, Ellman avait été confrontée à un vote de confiance prévu la veille de Yom Kippour par une antenne locale du parti en raison de sa critique de Corbyn et de ses remarques de septembre où elle disait « comprendre pourquoi les Juifs envisageraient sérieusement de quitter la Grande-Bretagne si Corbyn devenait Premier ministre ».

Le vote de confiance a été annulé après que des officiels travaillistes de la région nord-ouest ont déconseillé de procéder à ce vote.

Mercredi, d’autres membres du parti Travailliste ont regretté la démission d’Ellman. Harriet Harman a notamment tweeté : « Cela devrait tous nous conduire au sein du parti Travailliste à être gênés et honteux. »

L’élue Travailliste Ruth Smeeth a tweeté : « Je suis dévastée. Qu’une autre femme juive ait dû quitter notre parti. Il n’y a pas d’excuse, pas d’explication ni de justification pour l’antisémitisme dont elle a souffert. Les responsables du parti Travailliste devraient avoir honte de ce qui se passe sous leur direction. »

Jeremy Corbyn, chef du parti Travailliste de l’opposition britannique , s’exprime lors de questions au gouvernement à l’intérieur de la Chambre des Communes à Londres, le 10 juillet 2019. (Jessica Taylor / Chambre des Communes via AP)

M. Corbyn a fait l’objet d’attaques répétées, y compris au sein du parti, pour avoir permis à l’antisémitisme de s’y propager et pour avoir refusé d’adopter pleinement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) dans le nouveau code de conduite du Labour.

Le parti Travailliste a été secoué par des accusations d’antisémitisme depuis que Corbyn, un militant d’extrême-gauche, a été élu à sa tête en 2015. Le parti a de nouveau été au centre de l’attention médiatique après la diffusion d’un reportage de la BBC dans lequel un certain nombre d’anciens officiels du parti l’ont accusé, lui et ses alliés, d’entrave dans les efforts pour traiter le sujet.

En mai, l’Equality and Human Rights Commission (EHRC) du Royaume-Uni a annoncé qu’elle avait lancé une enquête officielle sur les accusations d’antisémitisme au sein du parti Travailliste.

L’EHRC, le principal organisme de lutte gouvernementale contre le racisme, a dit qu’il allait mener une enquête pour déterminer si le parti dirigé par Corbyn avait harcelé et attaqué des Juifs en infraction de l’Equality Act de 2006 du Royaume-Uni.

En février, la député travailliste Luciana Berger a quitté le parti en le qualifiant « d’institutionnellement antisémite » et, le mois dernier, elle a annoncé rejoindre les Libéraux démocrates.

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