Une erreur de localisation a conduit à la fermeture d’un centre de cartographie palestinien
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Une erreur de localisation a conduit à la fermeture d’un centre de cartographie palestinien

Les autorités pensaient que les bureaux se situaient au sein de Jérusalem, alors qu'al-Ram est en réalité en Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Les forces de l'ordre israéliennes dans le village d'al-Ram en Cisjordanie, durant la fermeture des bureaux aui auraient été utilisés par l'AP pour suivre les transactions immobilières entre Palestiniens et juifs, le 14 mars 2017. (Crédit : AFP PHOTO/Ahmad Gharabli)
Les forces de l'ordre israéliennes dans le village d'al-Ram en Cisjordanie, durant la fermeture des bureaux aui auraient été utilisés par l'AP pour suivre les transactions immobilières entre Palestiniens et juifs, le 14 mars 2017. (Crédit : AFP PHOTO/Ahmad Gharabli)

En raison d’une erreur de cartographie par la police de Jérusalem et le ministère de la Sécurité intérieure, un centre de cartographie palestinien dans le village d’al-Ram en Cisjordanie, a été fermé par erreur par les autorités israéliennes la semaine dernière.

Le Département de cartographie et des systèmes d’information géographique de la Société d’études arabes a été fermé suite à l’accusation selon laquelle il était utilisé par l’Autorité palestinienne pour surveiller les ventes de terres aux juifs par les Palestiniens. En 2001, Israël avait interdit à l’Autorité palestinienne de mener des activités officielles à Jérusalem-Est.

La police et le ministère de la Sécurité intérieure pensaient que le centre se trouvait à l’intérieur des limites de la capitale, ce qui leur donnait le pouvoir discrétionnaire de l’interdire pendant six mois, le temps de mener l’enquête.

Selon son propre site Internet, la Société d’études arabes étudie et documente l’histoire sociale, culturelle et politique des Palestiniens depuis sa fondation en 1980.

Les autorités ont brièvement arrêté Khalil Tafakji, le cartographe principal du centre, sur les lieux. Tafakji dirige également le Département des cartes et de l’enquête à la Maison d’Orient de Jérusalem, qui a servi de siège à l’Organisation de Libération de la Palestine dans la ville jusqu’à ce que le bâtiment soit fermé par Israël en 2000.

Cependant, seulement après avoir interrogé Tafakji plus tard dans la journée, la police a appris que le centre était en réalité situé en Cisjordanie, en dehors des limites de la capitale, selon le quotidien Haaretz.

Il a été libéré peu après et les autorités lui ont assuré que le département de cartographie pourrait être rouvert immédiatement.

Arrestation du cartographe Khalil Tufakji dans le village d'al-Ram en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : AFP PHOTO/Ahmad Gharabli)
Arrestation du cartographe Khalil Tufakji dans le village d’al-Ram en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : AFP PHOTO/Ahmad Gharabli)

Le cartographe principal a dit que les interrogateurs avaient insisté sur ses liens avec l’AP. Tufakji a assuré que ses revenus provenaient exclusivement de la Société d’études arabes, un organisme de recherche non gouvernemental.

Peu de temps après la fermeture du centre, le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, qui en avait ordonné la fermeture, a déclaré dans un communiqué de la police que les opérations du bureau faisaient « partie du plan de l’AP pour nuire à notre souveraineté à Jérusalem et terroriser les Arabes qui vendent leurs propriétés à des juifs dans la ville. »

« Je continuerai à travailler avec détermination pour empêcher les autorités palestiniennes de s’implanter à Jérusalem », a-t-il déclaré.

La déclaration indique également que le centre a agi sans permis et en violation des accords d’Oslo dans le quartier de Beit Hanina, à l’intérieur des frontières de l’Etat d’Israël.

Le ministère de la Sécurité intérieure et la police n’ont pas encore émis de déclaration excusant l’erreur.

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