Une étude israélienne relie un taux de testostérone élevé aux bulles économiques
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Une étude israélienne relie un taux de testostérone élevé aux bulles économiques

Les chercheurs indiquent que le “momentum psychologique” pourrait entraîner les traders, à 90 % des hommes, à prendre des risques exagérés

Les traders de la bourse de New York, le 17 juin 2015. Illustration. (Crédit : Kena Bentacur/AFP)
Les traders de la bourse de New York, le 17 juin 2015. Illustration. (Crédit : Kena Bentacur/AFP)

Des taux élevés de testostérone chez les traders, qui sont quasiment tous des hommes, pourraient être responsables des bulles économiques, selon une étude publiée mercredi par des chercheurs suisses et israéliens.

Le momentum psychologique, un état d’esprit où un individu ou une équipe a le sentiment que les choses vont exactement dans la direction voulue, affecte de manière significative les performances des hommes, mais pas celles des femmes, et est également connue pour être en partie causé par des changements du taux de testostérone, l’hormone masculine, peut-on lire dans cette étude, publiée dans le numéro du mars du Journal of Economic Behavior & Organization.

« Nous pouvons lier nos conclusions à l’effet du momentum psychologique aux marchés financiers, où 90 % des traders sont des hommes », a déclaré Zeev Shtudiner, du département d’économie et d’administration commerciale de l’université d’Ariel, qui a mené les recherches avec Alex Krumer, de l’Institut suisse pour la recherche économique empirique (EW) de l’université de St. Gallen, en Suisse, et Dany Cohen-Zada, conférencier du département d’économie de l’université Ben Gurion du Néguev.

« Un tel effet pourrait entraîner les traders masculins, menés par une hausse de la testostérone causée par un investissement réussi, à prendre des risques exagérés, qui, à leur tour, créent une bulle des prix », a-t-il déclaré dans un communiqué publié par l’université Ben Gurion du Néguev de Beer Sheva.

Shtudiner a suggéré qu’une plus grande stabilité du marché pourrait être créée en augmentant le nombre de femmes traders.

« En augmentant le nombre de femmes sur les marchés financiers, il pourrait être possible de stabiliser ces marchés puisque les femmes connaissent moins de changements de leur taux de testostérone, ce qui les rend moins enclines à l’effet de momentum. »

L'Egyptien Islam El Shahaby (en bleu) pendant son combat contre l'Israélien Or Sasson au premier tour du tournoi de judo masculin des +100kg aux Jeux olympiques de Rio, le 12 août 2016. (Crédit : Toshifumi Kitamura/AFP)
L’Egyptien Islam El Shahaby (en bleu) pendant son combat contre l’Israélien Or Sasson au premier tour du tournoi de judo masculin des +100kg aux Jeux olympiques de Rio, le 12 août 2016. (Crédit : Toshifumi Kitamura/AFP)

Afin d’évaluer comment le momentum psychologique affecte différemment les hommes et les femmes, les chercheurs ont étudié leurs comportements pendant des compétitions de judo.

Selon Cohen-Zada, « l’objet de notre étude était double : estimer l’effet causal du momentum psychologique sur les performances en conditions de tournoi réelles, et d’examiner s’il existe une différence liée au genre dans les réponses correspondantes. »

Les chercheurs ont utilisé différents échantillons montrant le comportant des judokas et des judokates entre 2009 et 2013. Ils ont commencé par examiner les combats pour la médaille de bronze. Même si tous les concurrents étudiés avaient gagné le même nombre de rencontres, certains avaient gagné le plus récent, mais pas d’autres. Les concurrents qui commencent leur rencontre pour la médaille de bronze après avoir gagné le combat précédent ont potentiellement un avantage de momentum.

« Nos résultats ont montré que, sur la basse d’une analyse transversale des combats de 106 hommes et 111 femmes dans huit grands tournois annuels de judo, avoir un avantage de momentum psychologique augmente significativement la probabilité de gagner la rencontre masculine, mais pas la rencontre féminine », a expliqué Krumer.

Dans la seconde partie de l’étude, les universitaires ont étudié les combats de 225 hommes et 231 femmes, et ont obtenu des résultats similaires en analysant comment la performance du même duo de judokas était affectée par différents états du momentum dans différents tournois. Les résultats ont confirmé que l’effet du momentum psychologique existe chez les hommes, mais pas chez les femmes.

Krumer a souligné que ce momentum psychologique pouvait avoir un effet positif.

L'Israélienne Gili Cohen (en blanc) contre la Mauricienne Christianne Legentil dans la catégorie des moins de 52 kg en judo, pendant les JO de Rio, le 7 août 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L’Israélienne Gili Cohen (en blanc) contre la Mauricienne Christianne Legentil dans la catégorie des moins de 52 kg en judo, pendant les JO de Rio, le 7 août 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Une hausse des retours positifs des directeurs après des actions réussies peut se transformer en momentum psychologique positif et ainsi augmenter la productivité. De même, les directeurs devraient faire des efforts pour réduire l’influence des tâches non réussies de leurs employés pour éviter des pertes de productivité », a-t-il expliqué.

Cohen-Zada a recommandé que des études supplémentaires se concentrent sur le rôle des effets psychologiques sur la performance dans individus occupant des postes majoritairement masculins, comme les courtiers en bourse, les cadres dirigeants, les politiciens, et les commandants militaires.

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