Une femme de 40 ans originaire de Taibe poignardée à mort par son mari
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Une femme de 40 ans originaire de Taibe poignardée à mort par son mari

La forte augmentation des meurtres et des violences faites aux femmes a conduit l'opinion à demander aux autorités de prendre davantage de mesures

Une ambulance de Magen David Adom arrive sur la scène d'un meurtre à Bat Yam, le 3 mai 2020. (MDA)
Une ambulance de Magen David Adom arrive sur la scène d'un meurtre à Bat Yam, le 3 mai 2020. (MDA)

Un résident de Taibe, une ville du centre d’Israël, a été arrêté jeudi après-midi. Il est suspecté d’avoir assassiné sa femme, après qu’elle a été retrouvée avec de nombreuses plaies à l’arme blanche dans la cage d’escalier de leur immeuble.

Selon les médias israéliens, des urgentistes se sont précipités sur place après que des témoins ont alerté la police. La victime, non nommée, aurait été poignardée dans son appartement avant de s’enfuir dans la cage d’escalier, où elle s’est effondrée. Les tentatives pour la réanimer ont été vaines. Son mari a été placé en garde à vue.

« Quand nous sommes arrivés sur place, nous avons vu une femme de 40 ans inconsciente avec des blessures sur le corps », a déclaré l’urgentiste Muhammad Natour du Magen David Adom au site d’information Walla News.

Ce meurtre est le dernier drame en date d’une série d’affaires de violences domestiques lors desquelles des dizaines de femmes israéliennes ont été assassinées par leurs partenaires ces dernières années.

Des femmes manifestent contre la violence à l’égard des femmes sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Treize femmes israéliennes ont été assassinées en 2019 par une personne qu’elles connaissaient. En 2018, 25 femmes ont été assassinées dans de tels drames, le chiffre le plus important depuis des années. Ce triste record a entraîné des manifestations et des appels pour que les autorités prennent des actions contre l’augmentation des violences faites aux femmes. Beaucoup de ces femmes avaient déposé plainte à la police par crainte pour leur sécurité avant d’être assassinées.

La police et les services sociaux ont enregistré une augmentation importante des plaintes pour violence domestique depuis le début de la crise du coronavirus, alors que de nombreuses familles ont dû rester confinées chez elles sur de longues périodes de temps.

Le 1er juin, des milliers d’Israéliens se sont rassemblés pour une manifestation à Tel Aviv afin de demander au gouvernement des actions visant à faire cesser les violences contre les femmes. À ce moment-là, 11 femmes avaient déjà été tuées depuis le début de l’année. Il s’agissait de la deuxième manifestation du genre en moins d’un mois.

Les organisateurs de la protestation ont déclaré que la majorité des 250 millions de shekels (64 millions d’euros) approuvés en 2017 pour des programmes nationaux de prévention de violences féminines n’avaient pas été transférés aux autorités compétentes.

Hagit Peer, chef du groupe de défense de femmes Naamat, a déclaré à la manifestation : « Nous assistons à une augmentation dramatique du nombre d’appels vers les lignes d’urgence et des cas de violence. Ce n’est pas la faute au destin – le prochain meurtre peut être évité. »

Shira Vishniak, au centre, dont la sœur Maya a été tuée, victime de violences domestiques, prend la parole lors d’un rassemblement contre la violence envers les femmes, à Tel Aviv, le 1er juin 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La manifestation s’est déroulée alors que le ministère des Affaires sociales a publié des chiffres montrant une augmentation de 112 % du nombre de signalements pour des violences domestiques reçus sur sa ligne spéciale en mai par rapport à avril.

En octobre dernier, le ministère a annoncé une forte augmentation du nombre de cas rapportés de violences conjugales en Israël. Le ministère a rapporté que le nombre de femmes ayant appelé la ligne d’urgence avait augmenté de 160 % entre 2014 et 2018.

En mai, la Knesset a approuvé la formation d’une sous-commission visant à lutter contre les violences faites aux femmes. La commission devra siéger sous la responsabilité de la Commission de la Knesset pour l’avancement des femmes. (Le mois dernier, des groupes féministes ont exprimé leur colère après que le député Oded Forer, le seul homme à siéger dans la commission, a été choisi comme son nouveau président.)

En juin, la Commission ministérielle des Lois a voté en soutien d’un projet de loi visant à imposer un traçage électronique des hommes violents visés par des ordres d’éloignement. Le système devrait alerter l’homme et la police si l’homme approche de son épouse ou de son domicile en infraction avec la décision d’éloignement du tribunal.

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