Une firme israélienne développe un outil pour vite détecter le cancer de la peau
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Une firme israélienne développe un outil pour vite détecter le cancer de la peau

La technologie créée par Ofir Aharon, co-fondateur de Scade Medical, prend une photo des lésions en utilisant trois types de lumière pour détecter les anomalies sous-cutanées

Illustration : Un dermatologue examine un grain de beauté. (Wavebreakmedia ; iStock by Getty Images)
Illustration : Un dermatologue examine un grain de beauté. (Wavebreakmedia ; iStock by Getty Images)

Ofir Aharon travaillait à son doctorat en électro-optique il y a sept ans lorsque sa mère a été diagnostiquée comme porteuse d’un mélanome, un type courant de cancer de la peau qui peut être mortel.

« Elle aurait pu détecter le mélanome avant qu’il ne devienne cancéreux, mais elle a raté un rendez-vous chez le médecin », a déclaré Aharon, 45 ans, dans une interview téléphonique avec le Times of Israel.

Aharon s’est alors demandé pourquoi le cancer n’avait pas été détecté à ses premiers stades, ce qui aurait aidé sa mère à se remettre plus rapidement de la maladie. Elle va bien maintenant.

Le cancer de la peau est une croissance anormale de cellules dans la peau qui se développe principalement sur les zones de la peau qui sont exposées aux rayons du soleil. La maladie affecte tout le monde. S’il est diagnostiqué et traité suffisamment tôt, le cancer de la peau est l’une des formes de cancer les plus faciles à guérir. Lorsqu’on le laisse progresser, il peut entraîner une défiguration ou la mort.

Plus de 5,4 millions de cas de cancer de la peau sans mélanome ont été traités chez plus de 3,3 millions de personnes aux États-Unis en 2012, les statistiques les plus récentes dont nous disposons, selon la Skin Cancer Foundation, et chaque année aux États-Unis le nombre de personnes dont on a diagnostiqué un cancer de la peau est plus élevé que tous les autres cancers réunis.

Ofir Aharon, co-fondateur de Scade Medical (Autorisation)

Lorsqu’Aharon s’est mis à étudier le sujet, il a découvert que l’instrument le plus couramment utilisé par les dermatologues pour détecter le cancer chez les patients, le dermascope (également appelé dermatoscope), qui consiste en une loupe et une source lumineuse, était insuffisant.

« Le dermascope n’agrandit les lésions qu’en termes de couleurs », explique Aharon. Mais les lésions se manifestent sous la peau avant même que la surface de la peau ne change de couleur, précise-t-il.

Aharon a créé un appareil portable qui fonctionne avec un logiciel qui, selon lui, peut identifier les grains de beauté ou les lésions avant même que la couleur de la peau ne change.

« Il est important d’être conscient des altérations sous la peau, dit-il. « Il est difficile de détecter ce genre d’altérations, surtout quand la peau n’est pas pigmentée. »

La technologie développée par Aharon, appelée DOSI (Differential Optical Spectro-Polarimetric Imaging), examine plus en profondeur l’interaction de la lumière et des tissus et détecte les changements dans la façon dont la lumière pénètre les tissus lorsqu’il y a une altération des tissus – comme cela arrive lorsqu’un cancer se développe ou un problème esthétique apparaît, explique Aharon.

L’appareil prend une photo de la lésion ou du grain de beauté à l’aide de trois types d’ondes lumineuses – rouge, vert et bleu. L’algorithme d’Aharon analyse ensuite les différences dans l’interaction entre la lumière et le tissu, détectant les anomalies.

« La lumière qui est diffusée par les tissus vers la caméra change, ce qui nous permet de voir de petits changements dans les tissus », dit-il. « L’algorithme que nous avons développé peut quantifier et mesurer ces changements. Notre scan DOSI est une carte des changements. Ça n’a rien à voir avec la couleur, mais ça en dit long sur l’altération sous-cutanée ».

« De cette façon, vous pouvez voir même les plus petits changements dans les tissus », a-t-il ajouté.

Le DOSI-Dermascope, modèle BlueSky, développé par Scade Medical, vise à détecter les cancers de la peau à un stade précoce (Autorisation).

Lors d’études cliniques préliminaires menées au centre médical Soroka de Beer Sheva, le taux de détection de la DOSI était de 100 % dans 77 lésions cutanées. Une étude de validation de principe portant sur 139 lésions, réalisée dans trois cliniques à Jérusalem, une à Rome et une au Texas, a montré que la technologie était précise à 92 % dans le diagnostic « non cancéreux » et exacte à 100 % dans la détection du cancer.

La société qu’Aharon a co-fondée avec Gabi Mizrachi, Shy Zyman et Shlomi Swisa, Scade Medical, veut devenir la référence en matière de diagnostic des lésions cutanées pour la détection précoce du cancer, a-t-il déclaré. Sa technologie brevetée vise à devenir une aide supplémentaire pour aider les dermatologues dans leur travail, et plus tard pour une utilisation dans chaque maison, a-t-il ajouté.

Exemples de deux lésions bénignes, (en haut), et de deux lésions cancéreuses, (en bas), et les différences entre une vue dermatoscopique et la technologie DOSI développée par Scade Medical (Autorisation)

Aujourd’hui, avec un dermascope ordinaire, c’est le dermatologue qui est « l’œil et le cerveau » derrière l’analyse des lésions cutanées, a déclaré le Dr Leon Gilead, directeur médical de Scade et dermatologue au Shaare Zedek Medical Center, spécialisé dans le cancer de la peau et la chirurgie des cancers de la peau.

« Leur capacité est limitée en termes d’analyse d’une multitude de signaux simultanément », explique-t-il.

« Seuls les dermatologues spécialisés en dermoscopie obtiennent un bon pourcentage de diagnostics précis », dit-il, les résultats se soldant souvent par de faux positifs, ou parfois, dans le pire des cas, par des lésions malignes qui ne sont pas décelées.

« Notre appareil utilise la puissance de l’intelligence artificielle pour analyser et comparer beaucoup plus d’informations dérivées des images dermoscopiques des lésions afin de fournir au dermatologue des informations qui n’étaient pas encore disponibles pour étayer sa décision clinique », a-t-il déclaré. « C’est un instrument supplémentaire qui nous aidera à prendre des décisions plus précises et plus sûres ».

Ofir Aharon, co-fondateur de Scade Medical, (au centre), avec le Dr Victor Dyomin, (à gauche), et le Dr Igor Igorevich au département de pathologie de l’hôpital Soroka. (Autorisation)

L’appareil, appelé BlueSky, est un prototype opérationnel et Scade Medical entreprend maintenant de recueillir jusqu’à 4 millions de dollars dans le cadre d’une phase A de financement pour la réalisation du produit final – le dispositif portable avec le logiciel – et l’aider à obtenir les homologations en Europe et aux Etats-Unis.

Le financement de la phase B se concentrera sur la reconnaissance des modèles d’intelligence artificielle et sur un plan de remboursement par les mutuelles, a expliqué M. Aharon.

Il espère que le produit sera prêt à être vendu dans les deux ans suivant la fin de la phase A de financement.

Dans un premier temps, les utilisateurs finaux de BlueSky seront des dermatologues, a-t-il dit, mais l’entreprise a pour objectif de faire entrer la machine dans chaque maison – soit via l’appareil BlueSky ou une application mobile utilisant la technologie DOSI.

« Au final, nous voulons que le scanner soit présent dans les foyers du monde entier « , a déclaré M. Aharon. « Nous voulons que la lésion soit détectée avant qu’elle ne dégénère en cancer ».

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