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Une fonctionnaire de l’ONU perd son poste pour avoir condamné le Jihad islamique

Le tweet de Sarah Muscroft, basée à Jérusalem Est, condamnant les roquettes qui "provoquent des représailles israéliennes" ont suscité une vive réaction des Palestiniens

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Sarah Muscroft, cheffe de l'OCHA, s'exprimant dans une allocution vidéo, le 10 juin 2021. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Sarah Muscroft, cheffe de l'OCHA, s'exprimant dans une allocution vidéo, le 10 juin 2021. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

Un porte-parole de l’ONU a confirmé au Times of Israel que l’ONU a renvoyé la responsable de l’un de ses bureaux au service des Palestiniens suite à un tweet dans lequel elle condamnait les « tirs de roquettes aveugles » du Jihad islamique palestinien lors de la récente opération à Gaza.

Cette révélation a été faite quelques jours après que Sarah Muscroft a tweeté son soutien au cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste palestinien après trois jours de combats.

Muscroft, qui a dirigé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), a déclaré : « Nous sommes soulagés de voir qu’un cessez-le-feu a été conclu, mettant fin aux hostilités qui touchent à la fois les Palestiniens et les civils israéliens. Ces tirs de roquettes aveugles du Jihad islamique provoquant des représailles israéliennes sont à condamner. La sécurité de tous les civils est primordiale – le cessez-le-feu doit être respecté. »

Muscroft, qui était en poste à Jérusalem Est, a fait l’objet de critiques incendiaires de la part de militants pro-palestiniens qui ont déclaré qu’elle rendait les Palestiniens responsables de la dernière vague de violence et ne tenait pas Israël pour responsable.

Elle a ensuite supprimé le message et a présenté ses excuses sur Twitter dès le lendemain, déclarant : « L’un de mes précédents tweets était mal formulé, raison pour laquelle je l’ai supprimé. Je présente sincèrement mes excuses pour mon mauvais jugement. Tous les civils – de toute part – doivent pouvoir vivre en paix. »

Le tollé ne s’est pas calmé pour autant, et Muscroft a complètement fermé son compte Twitter.

Vendredi, des courriels adressés à la haute fonctionnaire de l’ONU ont reçu une réponse automatique indiquant que Muscroft était « en congé annuel ».

Mais samedi, un porte-parole de l’OCHA à Genève a déclaré au Times of Israel que Muscroft « sera affectée à un nouveau poste ». Il n’a pas été précisé si elle resterait à Jérusalem Est.

« L’OCHA est présent sur le territoire palestinien occupé depuis 20 ans, travaillant pour aider à répondre aux besoins humanitaires, guidé par les principes humanitaires de neutralité, d’impartialité et d’humanité », a déclaré Jens Laerke.

« Plus de deux millions de personnes sur le territoire palestinien occupé ont besoin d’aide – ceci reste notre seule préoccupation et notre priorité. »

Par le passé, l’OCHA s’est montré très critique à l’égard des politiques israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem Est.

L’incident rappelle un peu le tumulte palestinien qui a suivi le conflit de Gaza l’année dernière, lorsque le chef de la mission de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens à Gaza (UNRWA) avait reconnu, lors d’une interview accordée à une chaîne d’information israélienne, que les frappes aériennes de Tsahal à Gaza étaient très précises.

Interrogé par la Douzième chaîne pour savoir s’il était d’accord avec l’affirmation faite par les militaires israéliens qui avaient noté la grande précision de leurs frappes, Matthias Schmale a répondu : « Je ne suis pas un expert militaire mais je ne vais pas contredire cela. J’ai, moi aussi, l’impression que les frappes de l’armée israélienne ont été d’une très grande sophistication au cours des derniers jours ».

Au cours de l’interview, Schmale avait estimé que malgré leur précision, les frappes qui ont marqué le récent conflit ont été bien plus « brutales » que pendant la guerre de 2014. « La précision était bien là mais il y a eu un bilan meurtrier inacceptable et insupportable du côté des civils », avait-il ajouté.

Malgré tout, l’interview avait suscité une réaction immédiate et Schmale avait présenté des excuses dans les heures suivantes.

Matthias Schmale, directeur de l’UNRWA, pendant une conférence de presse au siège de l’UNRWA à Gaza City, le 19 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Cependant, il a ensuite été démis de ses fonctions et transféré à Jérusalem avec son adjoint David de Bold, une mesure jugée nécessaire pour assurer sa sécurité.

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