Une Israélienne d’origine yéménite retrouve sa soeur grâce à un test ADN
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Une Israélienne d’origine yéménite retrouve sa soeur grâce à un test ADN

Varda Fuchs a été victime de l'affaire des enfants yéménites ; Une nouvelle technologie lui a permis de retrouver sa famille biologique

Les soeurs Ofra Mazor, à gauche, et Varda Fuchs se rencontrent pour la première fois (Autorisation : MyHeritage)
Les soeurs Ofra Mazor, à gauche, et Varda Fuchs se rencontrent pour la première fois (Autorisation : MyHeritage)

Une Israélienne d’origine yéménite qui avait été adoptée lorsqu’elle était une petite fille, dans les années 1950, a pu retrouver ses proches biologiques et renouer des liens avec sa soeur et sa famille cette semaine après avoir procédé à un test ADN.

Varda Fuchs, 67 ans, a expliqué avoir été retirée à sa famille biologique sans consentement dans le cadre de « l’Affaire des enfants yéménites ». Ses parents s’étaient entendus dire qu’elle était morte.

« J’ai tenté toutes ces années de retrouver ma famille biologique et il n’y avait aucun document », a-t-elle dit à Haaretz. « J’ai fait des recherches pendant quarante ans. Il n’y a aucune preuve que ma mère ait signé des documents d’adoption ».

« Retirer un enfant à ses parents en raison de leur situation financière est un crime », a-t-elle ajouté.

Fuchs a utilisé le site MyHeritage pour tenter de retrouver ses proches en utilisant des échantillons ADN et il lui a été notifié, cette semaine, qu’il s’avérait qu’elle était la soeur d’Ofra Mazor, 62 ans.

MyHeritage encourage les citoyens israéliens d’origine yéménite à faire un test ADN pour retrouver des proches perdus. Les deux soeurs l’avaient fait chacune de leur côté.

Leurs parents ne sont plus en vie.

Regardez les retrouvailles entre les deux soeurs (en hébreu) :

Mazor a déclaré à Haaretz que sa mère avait une fille mais qu’il lui avait été dit qu’elle était décédée. Les parents ont toujours soupçonné, toutefois, qu’on leur avait menti et que leur fille pouvait être encore en vie.

Fuchs, a indiqué Mazor, est le portrait craché de son père.

Depuis les années 1950, plus de 1 000 familles – majoritairement immigrantes du Yémen mais également des douzaines des Balkans, d’Afrique du nord et autres pays moyen-orientaux – ont prétendu que leurs enfants avaient été systématiquement kidnappés dans des hôpitaux israéliens et proposés à l’adoption, parfois à l’étranger.

Ces enlèvements délibérés n’ont jamais été prouvés. Ils ont été mis en doute par les spécialistes et apparemment réfutés par trois commissions qui se sont penchées sur l’affaire et qui ont conclu que la plus grande partie des enfants était décédée. D’autres cas auraient impliqué des erreurs administratives et médicales.

Mais Mazor explique pour sa part n’avoir aucun doute.

« Bien sûr, cela a été fait avec malveillance », a-t-elle dit. « J’espère que cela aidera à ouvrir l’histoire des enfants yéménites. Les choses doivent être dites ».

Fuchs a déclaré : « J’aurais aimé rencontrer mes parents lorsqu’ils étaient encore en vie ». Elle a exprimé toutefois sa gratitude pour sa « nouvelle famille ».

Mardi, les autorités israéliennes ont approuvé une demande des familles d’enfants yéménites portés-disparus il y a plusieurs décennies concernant l’exhumation de 17 tombes avec pour objectif de procéder à des tests génétiques.

Les législateurs ont récemment approuvé un projet de loi permettant aux familles des enfants portés disparus entre 1948 et 1970 et qui avaient été déclarés morts par les autorités à demander l’autorisation à la justice d’exhumer des tombes à des fins d’authentification par ADN.

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