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Une Marocaine en grève de la faim après sa condamnation pour « atteinte à l’islam »

Fatima Karim est poursuivie pour avoir commenté sur un ton satirique en arabe sur sa page Facebook des versets du Coran et des hadiths du prophète Mahomet

Le drapeau du Maroc.
Le drapeau du Maroc.

Une internaute marocaine observe depuis près de deux semaines une grève de la faim pour protester contre sa condamnation mi-septembre à deux ans de prison ferme pour avoir porté « atteinte à la religion islamique » sur Facebook, selon sa famille.

Fatima Karim, 39 ans, « a entamé une grève de la faim il y a 13 jours pour protester contre son sévère jugement », a expliqué mardi à l’AFP un membre de sa famille qui a requis l’anonymat. « Nous craignons une détérioration de son état de santé. »

En détention depuis la mi-juillet, Mme Karim était poursuivie pour avoir commenté sur un ton satirique en langue arabe sur sa page Facebook des versets du Coran et des hadiths du prophète Mahomet, considérés comme sacrés dans la tradition musulmane.

L’internaute marocaine a été condamnée le 15 août à deux ans de prison ferme pour « atteinte à la religion islamique par voie électronique » par le tribunal de première instance d’Oued Zem, à l’est de Casablanca.

Ce verdict a été confirmé en appel le 14 septembre.

Devant le tribunal de première instance, elle avait fait valoir son droit à la liberté d’expression, garanti par la Constitution marocaine.

Elle avait également présenté publiquement des excuses à « quiconque s’est senti offensé » par ses publications, assurant n’avoir jamais eu l’intention de porter atteinte à l’islam, religion d’Etat au Maroc.

Les poursuites ont été déclenchées par le parquet.

L’article 267-5 du Code pénal marocain, aux termes duquel Fatima Karim a été condamnée, punit de six mois à deux ans de prison ferme « quiconque porte atteinte à la religion musulmane ».

La peine est susceptible d’être portée à cinq ans d’emprisonnement si l’infraction est commise en public – « y compris par voie électronique ».

Les défenseurs des droits humains dénoncent ce texte de loi qui entrave la liberté d’expression et dont la formulation « ne spécifie pas concrètement les faits qui pourraient constituer une atteinte ».

Une affaire similaire avait conduit en 2021 à la condamnation d’une Italo-marocaine à trois ans et demi de prison pour « atteinte à la religion musulmane » après avoir publié sur Facebook des phrases satiriques imitant des versets du Coran.

La jeune femme avait été libérée peu après, sa peine ayant été réduite en appel à deux mois de prison avec sursis, à la suite d’une campagne de protestation de défenseurs des droits humains.

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