Une œuvre volée par les nazis retrouvée… dans un musée israélien
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Une œuvre volée par les nazis retrouvée… dans un musée israélien

Un fin limier de l’art met en évidence une peinture apportée au kibboutz Ein Harod en 1954

Le mendiant (Crédit : autorisation the The Company for Location and Restitution of Holocaust Victims’ Assets)
Le mendiant (Crédit : autorisation the The Company for Location and Restitution of Holocaust Victims’ Assets)

Le musée d’art dans la ville d’Ein Harod des artistes israéline du nord a découvert que la collection incluait un œuvre pillée aux Juifs à Paris par les Nazis, selon un article de mardi.

L’œuvre, intitulée le « Mendiant » et peinte par un artiste inconnu, est maintenant présentée à la Maison verte de Tel Aviv dans le cadre d’un forum international créé par l’organisation fondée par le gouvernement de restitution d’objets de l’Holocauste, Hashava, selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth.

L’organisation espère que l’exposition au public permettra d’obtenir des indices concernant la provenance de l’œuvre et, selon le PDG d’Hashava Israël Peleg, permettra d’attirer l’attention sur le besoin de financement du gouvernement pour aider à localiser des œuvres d’art pillées qui peuvent se trouver dans des musées israéliens.

Parmi les innombrables œuvres d’art volées par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, environ 60 000 appartenaient aux Juifs.

Le « Mendiant » est à Ein Harod depuis 1954, a déclaré au Times of Israel Elinor Krotoru, de l’organisation de restitution.

Le tableau a été repéré par un étudiant juif polonais en doctorat spécialiste de l’art pillé qui, au cours d’une visite, a vu la marque au dos de la peinture ce qui signifiait qu’elle avait été confisquée par les nazis, a expliqué Kroitoru.

« La marque lui a permis d’aller à la base de données appropriée et elle y a trouvé la carte du catalogue remplie par les nazis après l’avoir confisquée. La carte reprenait les informations sur la peinture, mais pas sur les propriétaires.

« Cette même carte, appartenant à ERR (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, ou Reichsleiter Rosenberg Force, une organisation nazie qui a confisqué la propriété culturelle lors de la guerre) a révélé que la peinture avait été volée à Paris dans le cadre de mesures visant à confisquer les propriétés appartenant aux Juifs ».

Le musée Ein Harod ne savait pas que l’œuvre avait été pillée et Hashava suppose que d’autres musées présentent aussi, sans le savoir, des œuvres volées par les nazis.

« Nous pensons que la peinture a été amenée en Israël après la guerre par Mordechai Narkiss, une figure en pointe dans le monde de l’art en Israël, qui a été envoyé en Europe par l’Agence juive pour sauver les vestiges de l’art juif en Europe », a déclaré Kroitoru.

A la fin de la guerre, les Alliés ont collecté plus d’un million d’objets d’art pillés à travers tout le Troisième Reich. Certaines œuvres étaient en état de ruines, d’autres ont été sauvées par les désormais célèbres Monument Men d’un réseau de dépôts nazis dans des monastères et chateaux reculés, y compris un trésor géant piégé dans des mines de sel au fin fond de l’Autriche

De nombreuses œuvres ont été rendues aux héritiers de leurs propriétaires depuis lors, mais la recherche continue dans le monde pour des oeuvres qui sont toujours manquantes.

En mars 2012, dans l’une des plus grandes saisies d’art de puis la guerre, le procureur de district de Augsburg a saisi 121 œuvres cadrées et 1 258 non cadrées dans l’appartement de Cornelius Gurlitt, le fils de Hildebrand Gurlitt, un des marchands d’art spécialement proches d’Hermann Goering. On pense que de nombreuses œuvres ont été pillées.

Plus proche de chez nous, le musée Israël déclare qu’il a rendu des dizaines d’œuvres d’art à leurs propriétaires légaux au cours des années récents.

Cela inclut la « Maison et le Jardin à Wannsee » de Max Libermann et le « Retour de Tobias », et la peinture de « Veil Dance » (1920) par Paul Klee, a été restituée au collectionneur d’art Harry Fuld Jr.

En 2000, le musée a restitué « Boulevard MontMartre » (1897) par Camille Pissarro à une héritière de Max Silberberg, assassiné dans l’Holocauste. Elle a décidé de laisser les peintures à l’exposition dans le msuée pour un prêt à long terme.

Hashava a été fondé en 2006 par une loi israélienne qui lui donne pour mission de trouver les objets et de trouver les héritiers qui les possédaient. Les fonds non réclamés sont utilisés par l’organisation pour le bien-être des survivants de l’holocauste vivant en Israël pour la commémoration de l’Holocauste à travers l’éducation.

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