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Une organisation finlandaise s’éloigne d’un groupe palestinien classé terroriste

Felm affirme ne pas avoir de preuve que les fonds versés à Defense for Children-Palestine ont été utilisés de manière inappropriée, mais anticipe d'éventuelles sanctions bancaires

Illustration : Le drapeau de la Finlande flotte à bord du brise-glace finlandais MSV Nordica lors de son arrivée à Nuuk, au Groenland, le 29 juillet 2017. (Crédit : AP Photo/David Goldman)
Illustration : Le drapeau de la Finlande flotte à bord du brise-glace finlandais MSV Nordica lors de son arrivée à Nuuk, au Groenland, le 29 juillet 2017. (Crédit : AP Photo/David Goldman)

Une organisation caritative chrétienne finlandaise a décidé de mettre fin à ses relations avec un groupe de défense des droits des Palestiniens car celui-ci a été récemment placé sur la liste noire d’Israël en raison de liens présumés avec des activités terroristes.

Chaque année, depuis 2015, la Mission évangélique luthérienne finlandaise (Felm) apporte 30 000 euros d’aide à Defense for Children International-Palestine (DCIP). Vendredi, son directeur exécutif a déclaré n’avoir aucune preuve que cet argent avait été utilisé de manière inappropriée.

« Nous avons activement surveillé l’utilisation de l’argent et il a été utilisé pour des travaux faisant progresser les droits des enfants », a déclaré Rolf Steffansson à Reuters.

Il a toutefois annoncé que Felm ne pouvait plus travailler avec DCIP après qu’Israël l’ait classé, ainsi que cinq autres groupes de défense des droits, en tant qu’organisation terroriste. Felm a aussi évoqué des sanctions bancaires potentielles.

« Cela aurait pu avoir un impact sur le travail que nous faisons dans 30 pays par le biais de services bancaires, par exemple », a-t-il justifié.

DCIP, qui nie les allégations israéliennes, a demandé à Felm de reconsidérer sa décision.

« Nous avons été soumis à une escalade de campagnes de délégitimation et de désinformation menées par un réseau international de groupes extrémistes avec le soutien de ministères israéliens », a déclaré Khaled Quzmarm, directeur général du DCIP, par l’intermédiaire d’un avocat, à l’agence de presse Reuters.

DCIP ajoute qu’aucun de ses autres donateurs n’a indiqué qu’il cesserait de le financer.

Des Palestiniens participent à un rassemblement marquant le 52e anniversaire du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hatem Moussa)

DCIP est l’une des six organisations de la société civile palestinienne qui, le mois dernier, ont été classées comme « groupes terroristes » par Israël. L’État hébreu affirme qu’elles sont liées au Front populaire de libération de la Palestine, un mouvement politique laïc de gauche doté d’une branche armée qui a mené des attaques meurtrières contre des Israéliens. Israël et les pays occidentaux considèrent le FPLP comme une organisation terroriste.

Les autres groupes palestiniens désignés comme « terroristes » sont le groupe de défense des droits de l’homme Al-Haq, le groupe de défense des droits Addameer, le Bisan Center for Research and Development, l’Union des comités de femmes palestiniennes et l’Union des comités de travail agricole.

Ces groupes, dont certains ont des liens étroits avec des groupes de défense des droits en Israël et à l’étranger, nient ces allégations. Ils affirment que la qualification de terroriste vise à museler les critiques du contrôle militaire exercé par Israël depuis un demi-siècle sur les territoires que les Palestiniens souhaitent récupérer pour leur futur État.

Les autorités israéliennes disent avoir fait face à un examen minutieux des preuves détaillant les liens terroristes présumés du FFLP. Le service de sécurité du Shin Bet a partagé ce qu’il présente comme des preuves avec les gouvernements européens, et pourrait disposer d’éléments de preuves supplémentaires qui n’ont pas été rendus publics.

Lors d’une conférence de presse le mois dernier, un haut fonctionnaire israélien a insisté sur le fait que les renseignements reliant le FPLP à ces organisations étaient « irréfutables ». Il a déclaré que les documents présentés aux États-Unis à ce sujet comprenaient « des preuves sans équivoque, notamment des séquences vidéo, des photos et des reçus de paiement, qui lient les dits groupes au soutien d’activités terroristes ».

Ce dimanche, l’armée israélienne a elle aussi désigné officiellement les six organisations comme « non autorisées » – l’équivalent juridique militaire de classification des organisations terroristes.

La décision est survenue après que l’armée a « pris connaissance d’informations abondantes, variées et fiables qui indiquent que ces organisations représentent une aile du groupe terroriste du Front populaire de libération de la Palestine ».

Avec cette désignation officielle, l’armée a désormais le pouvoir, entre autres, de fermer les bureaux de ces organisations et d’arrêter ses membres.

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