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Une scénariste de Grey’s Anatomy a menti en disant avoir perdu un ami à Tree of Life

L'enquête de Disney et l'information de Vanity Fair indiquent qu’Elisabeth Finch a menti, notamment en disant avoir aidé à « retirer le corps de la synagogue » à Pittsburgh

Elisabeth Finch (à droite) apparaît dans le rôle d'une infirmière, dans un épisode de la série télévisée 'Grey’s Anatomy' (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Elisabeth Finch (à droite) apparaît dans le rôle d'une infirmière, dans un épisode de la série télévisée 'Grey’s Anatomy' (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Elisabeth Finch dit avoir survécu à une forme rare et mortelle de cancer. Elle affirme avoir connu un avortement qui aurait pu lui coûter la vie et une greffe de rein, dont lui aurait fait don l’actrice oscarisée Anna Paquin. Elle assure également avoir été traquée par un frère violent et suicidaire.

Après une dizaine d’années au service de la série médicale d’ABC
« Grey’s Anatomy », en tant que scénariste et productrice, il semble que la scénariste juive originaire de Cherry Hill, dans le New Jersey, ait raconté beaucoup d’histoires étranges à propos de son histoire. Rassemblés, ces éléments dressent le portrait d’une âme blessée mais résiliente, de nature à alimenter plusieurs épisodes de « Grey’s». En premier lieu, ces histoires lui auraient permis de décrocher le poste très convoité de scénariste, puisque ses malheurs auraient ému jusqu’à la créatrice de la série, Shonda Rhimes.

À la suite d’une enquête de la société-mère Disney et d’un reportage en deux parties, publié cette semaine dans Vanity Fair, il sebleraienr que les histoires de Finch aient été presque entièrement inventées. Et certains des mensonges les plus flagrants qu’on lui prête se rapportent à sa judéité.

Selon Vanity Fair, Finch aurait été admise dans un centre médical spécialisé dans la santé mentale en Arizona, peu de temps après la fusillade de masse de 2018, à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh. Là, sous le nom d’emprunt d’un personnage de « Grey’s Anatomy », elle aurait confié à son groupe de parole souffrir d’un stress post-traumatique du fait de la mort d’un ami, victime de l’attentat de Tree of Life.

Finch aurait en outre affirmé s’être rendue à Pittsburgh pour aider les autorités à « retirer le corps et les restes du sol de la synagogue » – conformément à ce qu’elle disait être la tradition juive.

Finch aurait continué à colporter cette histoire sur son lien avec l’attentat de Tree of Life pendant des années, prétendant même que des bruits forts, le fait de parler d’armes à feu ou même la vue d’objets revêtus d’un design inspiré de Tree of Life pouvait lui déclencher une crise de stress post-traumatique. Dans un tweet publié dans le sillage d’une fusillade dans une mosquée néo-zélandaise en 2019, elle s’était identifiée comme « quelqu’un qui avait vécu le carnage de la synagogue de Pittsburgh ».

Mais l’examen de ses propres réseaux sociaux indique qu’elle se trouvait avec des amis la nuit de la fusillade ainsi que la nuit suivante. En outre, les sociétés funéraires juives de Pittsburgh qui ont coordonné les opérations de nettoyage ont déclaré à Vanity Fair que personne du nom de Finch n’était, à leur connaissance, présent sur les lieux.

La fusillade de Tree of Life n’a pas été la seule occasion pour Finch de se dire directement victime de l’antisémitisme. Après l’élection du président américain Donald Trump en 2016, elle avait publié la photo d’un message antisémite qui aurait été déposé devant sa porte, à Santa Monica, ajoutant : « Oui, je suis la seule personne juive de mon immeuble ». Bien que les origines du message n’aient pas été révélées dans l’article, le reportage indique que Finch avait l’habitude de s’inventer des menaces de mort et, selon son ex-femme, avait même mis en scène le cambriolage de son appartement.

Jennifer Beyer, alors épouse de Finch, rencontrée lors de séances de thérapie, lui a demandé des explications au sujet de ses mensonges et tenté de la convaincre de présenter des excuses à ceux qu’elle avait trompés. Beyer croyait que le moment le plus approprié pour le faire serait Yom Kippour, la fête juive du repentir.

Mais les fêtes se sont terminées sans que Finch ne présente d’excuses. Aujourd’hui, le couple est en procédure de divorce contentieux. Beyer a découvert que Finch racontait des histoires de traumatismes qui, selon Beyer, étaient les siens.

Finch, qui, selon Vanity Fair, aurait eu une bat mitzvah et participé à un camp d’été juif, avait écrit pour « The Vampire Diaries » avant de rejoindre l’équipe de scénaristes de « Grey’s » en 2014. En sa qualité de scénariste de « Grey’s », elle évoquait ouvertement ce qu’elle présentait comme ses propre traumatismes et publiait des articles pour Elle et The Hollywood Reporter sur sa vie personnelle.

Finch a pris un congé, le mois dernier, dans le cadre de l’enquête professionnelle en cours concernant ses déclarations, peu de temps après que Rhimes a créé une nouvelle série « Inventing Anna », à propos d’une talentueuse arnaqueuse.

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