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Une société israélienne teste des pilules de bactéries fécales contre le cancer

Des études suggèrent que le microbiome a un impact sur l'efficacité des traitements contre le cancer. Ces pilules modifient les germes intestinaux

Comprimés de Biomica, dont les essais cliniques commencent en Israël (Crédit : Avec l’aimable autorisation de Biomica)
Comprimés de Biomica, dont les essais cliniques commencent en Israël (Crédit : Avec l’aimable autorisation de Biomica)

Douze patients israéliens atteints de cancer commenceront bientôt un traitement à base de pilules contenant des bactéries fécales, dans le cadre d’un essai clinique visant à évaluer l’effet de la nouvelle thérapie sur l’efficacité globale de l’immunothérapie.

Les scientifiques de la société pharmaceutique Biomica, basée à Rehovot, ont étudié les données relatives à l’équilibre bactérien des matières fécales chez un grand nombre de patients atteints de cancer.

Ils ont noté que certaines bactéries manquaient à ceux dont la réponse à l’immunothérapie était mauvaise, et ont développé en conséquence des pilules contenant les bactéries en question.

Les pilules de Biomica contiennent ces bactéries manquantes, cultivées en laboratoire.

Les pilules ont donné des résultats positifs à la fois dans les tests sur animaux et dans le cadre d’un essai pré-clinique sur des patients humains. Dans les prochains jours, commencera un essai clinique formel de phase I à l’hôpital Rambam de Haïfa.

« Quelque part, nous avons créé la meilleure équipe de bactéries qui soit, et nous avons bon espoir en son efficacité », a déclaré le Dr Elran Haber, PDG de Biomica, au Times of Israel.

L’essai, qui a vocation à évaluer l’innocuité de la thérapie, se concentrera sur le mélanome, le cancer du rein et les cancers du poumon à grandes cellules.

« Nous pensons qu’en ajoutant des bactéries au microbiome, qui stimule le système immunitaire, nous permettrons aux médecins d’utiliser l’immunothérapie avec davantage de succès », a déclaré Haber.

Les médecins s’intéressent de plus en plus au microbiome et à ses modifications, pour lutter contre le cancer ou améliorer les chances que d’autres traitements contre le cancer fonctionnent.

En décembre 2020, des recherches sans lien avec les médecins de Biomica au à l’hôpital Sheba près de Tel Aviv ont révélé que trois patients atteints d’un cancer en phase terminale, traités avec des pilules de matières fécales, avaient vu leurs tumeurs rétrécir et, dans un cas, disparaître complètement.

Illustration : Un patient atteint de cancer reçoit un traitement d’immunothérapie (Crédit : AP Photo/Elaine Thompson)

« L’essai que nous sommes sur le point de lancer à Rambam concerne un médicament basé sur une combinaison de quatre bactéries qui vivent normalement dans le corps humain et remplissent certaines fonctions dans les processus biologiques », a déclaré Haber.

« En fournissant les bactéries aux patients qui en manquent, nous activons leur système immunitaire de manière beaucoup plus efficace, et ainsi les probabilités de succès de l’immunothérapie. »

Il a précisé que son entreprise avait commencé à travailler sur ce médicament il y a cinq ans, dans la foulée des premières recherches sur le microbiome et le cancer.

« En 2017, un certain nombre d’articles ont été publiés tentant d’expliquer pour quelle raison l’immunothérapie, qui révolutionnait le traitement des cancers, donnait de bons résultats sur certains, mais pas sur d’autres », a-t-il déclaré.

« L’accent a été mis sur le rôle du microbiome. »

Illustration du microbiome humain (Crédit : Design Cells via iStock par Getty Images)

« Nous avons décidé de mener des recherches. Nous l’avons fait en compilant un très grand nombre de données, et nous avons noté une différence significative entre le microbiome des patients sensibles à l’immunothérapie et celui des patients pour lesquels l’immunothérapie était sans effet. Nous avons fait en sorte de trouver des moyens de corriger cela. »

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