Une ville arabe annule un événement consacré au livre d’un terroriste condamné
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Une ville arabe annule un événement consacré au livre d’un terroriste condamné

Baqa al-Gharbiya a abandonné son initiative après que le ministre de l'Intérieur a mis en garde contre l'utilisation de bâtiments publics pour "donner la parole" à Walid Daka

Vue de la ville arabe israélienne de Baqa al-Gharbiya. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Vue de la ville arabe israélienne de Baqa al-Gharbiya. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Le maire d’une ville arabe israélienne, Baqa al-Gharbiya, a abandonné lundi son projet de mettre en place un événement de lancement officiel pour un livre écrit par un terroriste palestinien condamné.

Cet événement, qui devait avoir lieu dans un centre communautaire qui fonctionne grâce à des financements publics, devait être organisé pour le lancement d’un livre pour enfant écrit par Walid Daka, citoyen israélien condamné pour l’enlèvement et le meurtre du soldat israélien Moshe Tamam en 1984.

Le maire, Mursi Abu Mokh, a annulé l’événement après avoir reçu un avertissement du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri.

« Dans l’Etat d’Israël, on ne donne pas la parole aux écrits d’un terroriste dans un bâtiment public propriété du conseil local », a averti Deri.

Daka avait été condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour son implication dans le meurtre de Tamam. En 2012, le président de l’époque, Shimon Peres, avait rabaissé la peine à 37 ans.

Le soldat israélien Moshe Tamam, assassiné en 1984 ( Capture d’écran : YouTube)

Le 6 août 1984, à la veille du jeûne de Tisha Beav, Tamam avait été enlevé par un groupe d’Arabes israéliens alors qu’il sortait d’un bus, à quelques minutes de son domicile situé aux abords de Netanya. Sa dépouille avait été retrouvée quatre jours plus tard – il avait reçu des balles dans le corps et son visage avait été sauvagement mutilé. Il était âgé de 19 ans.

Quatre arabes israéliens affiliés au groupe terroriste palestinien du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) avaient été ultérieurement condamnés pour l’attaque, dont Daka, qui avait nié toute implication dans le meurtre.

Au début de l’année, le ministère de la Culture aurait commencé à dégager des fonds publics d’un théâtre arabophone qui avait fait l’objet d’une controverse après une production basée sur la vie de Daka.

La décision de ne plus financer le théâtre Al-Midan à Haïfa avait été officiellement prise en raison d’irrégularités financières et parce que les lieux ne répondaient pas aux exigences nécessaires à l’octroi d’une subvention d’Etat, avait fait savoir la radio israélienne au mois de février.

Le ministère avait décidé de ne pas transférer 1,1 million de shekels de fonds qui avaient déjà été promis en 2016 et il avait rejeté la demande soumise par le théâtre en vue d’une subvention pour l’année 2017, avait noté la station de radio.

La ministre de la Culture Miri Regev avait une première fois gelé les financements d’Etat en 2015 pour le théâtre en raison de la pièce, intitulée « Temps parallèle » et avait demandé au procureur-général, en 2017, d’enquêter sur le responsable du théâtre ainsi que sur son directeur artistique pour une éventuelle incitation à la violence à l’encontre des soldats israéliens.

Les administrateurs d’Al-Midan et le metteur en scène de la pièce avaient maintenu que cette dernière n’était que le récit sous forme de fiction des activités quotidiennes des prisonniers palestiniens détenus en Israël et qu’elle n’évoquait en aucun cas les actes de terrorisme, pas plus qu’elle ne les glorifiait.

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