Rechercher

Une vingtaine de morts, une majorité d’enfants, dans les intempéries en Jordanie

Alors que les équipes israéliennes sont rentrées, le chef du COGAT a adressé aux familles des victimes ses condoléances, soulignant la similitude avec la tragédie de Nahal Tzafit

Les secouristes israéliens cherchent des survivants après les crues de la mer Morte, le 26 octobre 2018. (Crédit : AP/Omar Akour)
Les secouristes israéliens cherchent des survivants après les crues de la mer Morte, le 26 octobre 2018. (Crédit : AP/Omar Akour)

Au moins 20 personnes, en majorité des écoliers, ont été tuées à la suite de pluies diluviennes qui se sont abattues jeudi dans l’ouest de la Jordanie, a indiqué vendredi la Défense civile dans un bilan revu à la hausse.

Dans ces intempéries, 35 personnes ont également été blessées, dont des membres des forces de l’ordre qui participaient aux opérations de secours, a précisé une source de la Défense civile à l’AFP.

Selon une source sécuritaire, huit personnes sont toujours portées disparues et les recherches se poursuivent pour les retrouver.

Ce genre d’inondations dues à des pluies torrentielles n’est pas rare à cette période de l’année en Jordanie, mais les pertes humaine sont cette fois-ci particulièrement élevées.

« Les victimes sont pour la plupart des écoliers âgés de 11 à 14 ans qui participaient à une sortie scolaire dans la région de la mer Morte » à quelque 50 km à l’ouest d’Amman, a affirmé la même source.

Des torrents d’eau ont emporté dans la mer les adolescents, qui étaient descendus du bus scolaire les transportant, selon une source sécuritaire.

Parmi les morts, il y a aussi des passants qui se promenaient dans cette région touristique et qui ont été emportés par les flots, a indiqué la Défense civile, soulignant qu’un pont dans la même zone s’était par ailleurs effondré.

Des informations circulant sur les réseaux sociaux ont fait état du refus de dernière minute de nombreux parents de laisser participer leurs enfants à cette sortie scolaire, à cause des avertissements météorologiques alarmants pour la journée de jeudi.

Le lieu de l’accident de bus qui a fait vingt morts en Jordanie, le 25 ocotobre 2018. (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Le ministre de l’Education Azmi Mahafzah a promis une « enquête complète » pour déterminer les causes exactes ayant conduit à la mort des écoliers, indiquant que le bus avait emprunté une trajectoire différente de celle acceptée par son ministère.

« L’organisateur de la sortie scolaire assume l’entière responsabilité de ce qui est arrivé », a-t-il ajouté.

« Journée noire »

Selon une source au sein du ministère de l’Education, les écoliers se dirigeaient vers la réserve naturelle d’al-Azraq, à l’est d’Amman, et leur établissement avait reçu une semaine environ auparavant l’accord du ministère.

Les chaînes de télévision locales ont transmis en direct des images des opérations de recherche et de sauvetage, où l’ont peut voir des dizaines de secouristes et de membres des forces de sécurité, ainsi que des habitants, ratisser la zone côtière de la mer Morte dont les eaux ont pris une couleur de boue. Des bateaux participent également aux opérations.

La Direction de la Sûreté générale a indiqué que les routes conduisant à la zone sinistrée avaient été coupées dans les deux sens au niveau de la région de la mer Morte, depuis vendredi 07H00 locales, « pour permettre la poursuite des opérations de recherche et de secours ».

« Journée noire » titre en une vendredi le quotidien jordanien indépendant « Alghad », tandis que le journal gouvernemental « Al-Rai » déplore une « tragédie dans la mer Morte ».

Le roi Abdallah II a annulé une visite prévue vendredi à Bahreïn pour suivre la situation.

« Ma tristesse et ma douleur n’ont d’égal que ma colère contre tous ceux n’ayant pas pris les mesures qui auraient pu permettre d’éviter » cela, a écrit le souverain sur Twitter.

Jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir envoyé des hélicoptères pour aider aux opérations de recherche en Jordanie voisine.

L’armée de l’Air israélienne a fait savoir peu après minuit que les équipes étaient de retour en Israël.

« Nous compatissons avec les familles jordaniennes parce nous avons vécu une tragédie similaire en avril dernier, quand 10 étudiants ont péri dans les pluies torrentielles qui se sont déversées sur le désert pendant une excursion », a écrit le général de division Kamil Abu Rokon sur Facebook, en langue arabe, sur la page du COGAT.

« Puissions-nous ne plus voir de telles tragédies. »

En plus de l’arme, la police israélienne a dépêché un contingent de chercheurs et d’experts médicaux, ainsi que l’unité spéciale de recherche et de secours Megillot. Les experts sont revenus en Israël mais restent en état d’alerte.

La région de la mer Morte est située au point le plus bas du monde, à moins 420 mètres en dessous du niveau de la mer. Les intempéries peuvent y provoquer une soudaine et dangereuse montée des eaux et des glissements de terrain.

En avril dernier, neuf adolescentes et un adolescent sont morts, emportés par les eaux lors d’une crue subite qui a envahi une piste de randonnée populaire dans le lit de la rivière Tzafit, au sud de la mer Morte.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...