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Près de 10 000 morts, en majorité des civils

Unicef : Le Yémen en guerre, un « enfer sur terre » pour les enfants

"Toutes les 10 minutes, un enfant meurt en raison de maladies pouvant être évitées," a déploré le chef du Fonds des Nations unies pour l'enfance

Imad, à gauche, et sa soeur Alia dans la tente familiale du camp d' al-Waara, dans le district de Khokha, à environ 30 kilomètres de la ville de Hays, le 1er octobre 2018 (Crédit  : / AFP PHOTO / NABIL HASSAN
Imad, à gauche, et sa soeur Alia dans la tente familiale du camp d' al-Waara, dans le district de Khokha, à environ 30 kilomètres de la ville de Hays, le 1er octobre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / NABIL HASSAN

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a exhorté dimanche les parties en conflit au Yémen à arrêter les hostilités, ajoutant que le pays était devenu un « enfer sur terre » pour les enfants, frappés par la famine.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait aussi appelé vendredi à la fin des « violences » pour éviter que le pays ne tombe dans un « précipice ».

« Le Yémen est aujourd’hui un enfer sur terre, non pas pour 50 à 60 % des enfants, c’est un enfer sur terre pour chaque garçon et fille au Yémen », a déclaré le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Geert Cappelaere, lors d’une conférence de presse à Amman.

« Les chiffres, en fait, ne disent pas grand chose mais sont importants car ils nous appellent tous à réaliser à quel point la situation est devenue désastreuse », a-t-il encore dit.

Geert Cappelaere, directeur régional du Fonds des Nations unies pour l’enfance pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. (Capture d’écran Twitter)

La guerre au Yémen oppose les forces pro-gouvernementales et une coalition menée par l’Arabie saoudite aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa.

Le conflit a fait près de 10 000 morts, en majorité des civils, et provoqué la pire crise humanitaire au monde.

Au-delà des cas de famine, la population souffre de maladies comme le choléra.

Un enfant yéménite souffrant de malnutrition dans un hôpital de Hajjah, le 25 octobre 2018. (Crédit : ESSA AHMED / AFP)

« Toutes les 10 minutes, un enfant meurt en raison de maladies pouvant être évitées », a également indiqué M. Cappelaere.

Ce responsable avait déclaré jeudi à l’AFP que 1,8 million d’enfants âgés de moins de cinq ans étaient en situation de « malnutrition aigüe ».

Le conflit exacerbe « une situation déjà mauvaise en raison d’années de sous-développement », dans ce pays le plus pauvre de la région, avait-il dit.

« Nous appelons toutes les parties à se réunir plus tard ce mois-ci sous les auspices de l’émissaire spécial de l’ONU pour se mettre d’accord sur un cessez-le-feu » au Yémen, a déclaré dimanche ce responsable de l’Unicef.

Des civils yéménites font la queue pour recevoir de la nourriture, après avoir fui le conflit à Hodeida, le 26 juin 2018. (Crédit : ESSA AHMED / AFP)

Il a souligné la situation particulièrement préoccupante à Hodeida, une ville portuaire de l’ouest du pays tenue par les rebelles et que les forces pro-gouvernementales cherchent à reprendre.

« Le port de Hodeida est un point vital pour 70 à 80 % de la population yéménite (…) parce que c’est seulement via Hodeida que sont acheminées les livraisons commerciales et humanitaires qui nous permettent de fournir l’aide au nord du pays », a-t-il expliqué.

« Avec l’assaut sur Hodeida, on ne craint pas seulement pour les vies de centaines de milliers d’enfants (dans la région) mais aussi nous craignons l’impact que cela aura sur les enfants dans le nord du pays », a-t-il ajouté.

Des Yéménites qui ont fui le conflit à Hodeida, prennent de l’eau dans un village au nord de la province de Hajjah, le 26 juin 2018. (Crédit : ESSA AHMED / AFP)

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