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USA/Antisémitisme : Les organisations juives dénoncent un rapport « bâclé » du FBI

Le rapport sous-estimerait les actes antisémites. Des milliers d’agences n’ont pas été consultées et 35 grandes villes – New York, Los Angeles , Miami – n’ont fourni aucun chiffre

Croix gammée dessinée à la main sur le mur extérieur de la gare Union près du Capitole à Washington, le 28 janvier 2022. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)
Croix gammée dessinée à la main sur le mur extérieur de la gare Union près du Capitole à Washington, le 28 janvier 2022. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP)

Aux Etats-Unis, d’importantes et influentes organisations juives ont exprimé lundi leur inquiétude face au rapport « bâclé » du FBI sur les crimes de haine aux États-Unis en 2021 qui, selon eux, sous-estime les agression antisémites, du fait de l’omission « de grandes quantités de données ».

Ces organisations ont malgré tout relevé que même avec des données partielles, les chiffres étaient « des plus alarmants ».

En 2021, 7 262 crimes de haine ont été signalés, troisième bilan le plus élevé de ces dix dernières années.

Les crimes haineux antisémites représentent le pourcentage le plus élevé de crimes haineux fondés sur la confession, étant entendu qu’un certain nombre de juridictions avec des taux élevés d’agressions et signalement ne sont pas repris dans ce rapport.

L’Anti-Defamation League a indiqué dans un communiqué qu’il y avait eu une diminution de 22 % du nombre d’agences contributrices à l’étude, et que plusieurs grandes villes – dont New York, Miami et Los Angeles – n’avaient pas participé au rapport, tout comme la Floride et la majeure partie de la Californie.

Logan Jones, agé de 18 ans, avec cinq autres personnes soupçonnées d’avoir commis un crime de haine contre un juif hassidique à Williamsburg, Brooklyn, en avril dernier. (Crédit : NYPD)

L’Anti-Defamation League a ajouté que le rapport « aurait probablement affiché des chiffres record » si davantage de juridictions avaient communiqué leurs chiffres.

« Le fait que les plus grands États et villes du pays ne communiquent pas leurs données sur les crimes haineux est une négation difficilement excusable de ce que vivent les communautés marginalisées de ce pays », a déclaré Jonathan Greenblatt, Directeur de l’ADL.

« Les crimes haineux mettent à mal ce qui fait le tissu de notre société et laissent de profonds traumatismes au sein des communautés », a-t-il ajouté.

Jonathan Greenblatt, PDG de l’Anti-Defamation League, témoigne au Capitole, à Washington,le 2 mai 2017, devant le Comité judiciaire du Sénat sur les mesures nécessaires à la lutte contre l’augmentation des crimes de haine religieuse. (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

L’American Jewish Committee (AJC) a pour sa part déclaré que près de 4 000 agences n’avaient pas adhéré au nouveau système de collecte des données et, par conséquent, 35 grandes villes américaines « n’ont de ce fait signalé aucun crime haineux ».

« Le rapport du FBI sur les crimes haineux est l’un des documents les plus attendus du gouvernement fédéral. Mais ses profondes lacunes nuisent à l’appréciation de la gravité du problème de la haine aux États-Unis », a déclaré son PDG, Ted Deutch.

Le Représentant démocrate de Floride, Ted Deutch, membre du Comité judiciaire de la Chambre des Représentants, interroge le directeur du FBI, Christopher Wray, lors d’une audience de la Chambre au Capitole, à Washington, le 7 décembre 2017, sur la surveillance du FBI. (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

Le président du Brandeis Center, Kenneth Marcus, a dit qu’il était « épouvantable » que la collecte de données du FBI ait été « à ce point bâclée ».

« Les données relatives aux crimes haineux de 2021 sont dans le fond assez peu utiles. Le problème est tellement grave que des niveaux record d’antisémitisme apparaissent dans les données officielles comme des baisses réelles, parce que les principales juridictions ne les ont pas officiellement signalées », a déclaré Marcus.

« Cet échec sape le principe-même de la collecte des données sur les crimes haineux, précisément au moment où nous en avons le plus besoin. Si le FBI ne corrige pas rapidement ce problème, les comités du Congrès devront poser de sérieuses questions », a-t-il ajouté.

La Maison Blanche a annoncé hier lundi la création d’une commission inter-agences de lutte contre l’antisémitisme, en réponse aux demandes des Sénateurs et Représentants et des principales organisations juives, favorables à une « approche transversale » face à l’intensification du phénomène.

La décision a été prise quelques jours après la tenue, sous les auspices de la Maison Blanche, d’une table ronde avec les dirigeants des principales organisations juives qui en ont fait la recommandation, tout comme les 125 législateurs de la Chambre, Démocrates comme Républicains, dans une lettre adressée au président américain Joe Biden.

Une femme frappe un homme juif à Brooklyn, dans une vidéo publiée le 18 septembre 2022. (Capture d’écran)

Les organisations juives souhaitent depuis longtemps déjà la mise en place de politiques plus résolues contre l’antisémitisme, mais la question s’est trouvée au cœur de l’actualité, le mois passé, suite à la révélation que l’ex-président Donald Trump avait reçu chez lui, à Mar-a-Lago, le négationniste Nick Fuentes et Kanye West, quelques semaines seulement après la publication de messages antisémites par le rappeur sur les réseaux sociaux, qui lui ont coûté un grand nombre de ses contrats commerciaux.

Trump a refusé de condamner l’attitude des deux hommes qui, quelques jours après ce dîner, ont participé à l’émission de radio du théoricien du complot Alex Jones. West en a profité pour redire à plusieurs reprises son admiration d’Hitler et des nazis. Il a de nouveau été banni de Twitter suite à la publication d’un montage photo d’une croix gammée et d’une étoile de David, quelques semaines seulement après que le nouveau propriétaire de la plateforme, Elon Musk, ait rétabli son compte, déjà suspendu suite à la mise en ligne de menaces à cararactère antisémite.

Twitter a annoncé lundi avoir dissous son Trust and Safety Council, comité consultatif composé d’une centaine d’organisations civiles, de défense des droits de l’homme et autres organisations indépendantes que la plateforme avait institué en 2016 pour lutter contre les discours de haine, l’exploitation des enfants, le suicide, l’automutilation entre autres problèmes rencontrés sur et par la plate-forme.

Jacob Magid e contribué à cet article.

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