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USA: comparaison entre invasion russe et conflit israélo-palestinien ; l’ADL répond

Washington se trouve accusé de faire d'un poids, deux mesures en sanctionnant la Russie pour l'invasion de l'Ukraine tout en s'opposant aux sanctions contre Israël

Capture d’écran Sarah Leah Whitson (Crédit : YouTube)
Capture d’écran Sarah Leah Whitson (Crédit : YouTube)

Sarah Leah Whitson, ancienne directrice de la division Moyen-Orient de l’ONG Human Rights Watch, a accusé lundi Washington de faire d’un poids, deux mesures en donnant le feu vert à de lourdes sanctions contre la Russie en raison de l’invasion de l’Ukraine tout en s’opposant aux sanctions contre Israël pour son traitement des Palestiniens.

« Nous constatons que non seulement le gouvernement américain mais aussi les entreprises américaines ne savent pas quoi inventer pour sanctionner et boycotter tout ce qui est lié au gouvernement russe », aurait-elle déclaré, selon des propos rapportés par The Guardian.

« Comparez donc cela avec ce qui est très exactement le contraire lorsqu’il s’agit de sanctionner Israël pour ses violations du droit international, au point où les états américains adoptent des lois pour sanctionner les Américains – à moins qu’ils ne fassent la promesse de ne jamais boycotter Israël. Il est très clair que les raisons avancées pour rejeter les sanctions sur Israël, voire la nécessaire mise en conformité avec le droit international, sont purement politiques ».

La députée du parti travailliste britannique Julie Elliott a tenu des propos similaires devant le Parlement : « Les Palestiniens attendent de nous que nous parlions et que nous agissions de la même manière. Nous avons sanctionné la Russie à cause de la Crimée, et nous allons probablement imposer davantage de sanctions – que j’approuve de tout mon cœur – mais les Palestiniens, pendant ce temps-là, se demandent pourquoi nous ne faisons rien pour mettre un terme à l’occupation israélienne. »

Jonathan Greenblatt, chef de l’ADL, a riposté, disant que le conflit au Moyen-Orient était « une querelle portant sur un territoire entre deux peuples qui ont, l’un et l’autre, des revendications et des liens historiques sur les terres en question ».

Jonathan Greenblatt, PDG et directeur national de l’Anti-Defamation League, s’exprime au Capitole à Washington, le 2 mai 2017. (Carolyn Kaster/AP)

« Comparer cette situation complexe à l’usage brutal de la force par la Russie contre la nation souveraine et pacifique de l’Ukraine, c’est une mauvaise représentation intentionnelle du conflit israélo-palestinien, et ce sont des propos qui se montrent profondément insensibles à la crise humanitaire et sécuritaire que doivent affronter aujourd’hui les Ukrainiens ».

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