USA : Elizabeth Warren et les sujets qui intéressent les électeurs juifs en 2020
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USA : Elizabeth Warren et les sujets qui intéressent les électeurs juifs en 2020

Alors que la campagne présidentielle s’accélère, outre la politique intérieure, les Juifs américains s'intéressent aux positions des candidats sur Israël et l'antisémitisme

La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, s'exprime lors d'un débat sur les primaires présidentielles démocrates organisé par CNN et le "New York Times" à l'université Otterbein, le 15 octobre 2019, à Westerville (Ohio). (John Minchillo/AP)
La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, s'exprime lors d'un débat sur les primaires présidentielles démocrates organisé par CNN et le "New York Times" à l'université Otterbein, le 15 octobre 2019, à Westerville (Ohio). (John Minchillo/AP)

Elizabeth Warren, sénatrice progressiste du Massachusetts, est apparue très tôt comme l’une des premières candidates à la course aux primaires du parti démocrate, très disputée.

Premièrement : qu’a dit et fait Elizabeth Warren pour lutter contre l’antisémitisme ?

« Soyons clairs, l’antisémitisme n’a pas sa place dans la démocratie », a déclaré Mme Warren dans un discours prononcé en juin 2019 devant le Forum mondial de l’American Jewish Committee. Elle a qualifié les tags antisémites retrouvés dans son État « [d’]actes lâches de haine » et condamné la dégradation des pierres tombales juives à Fall River (Massachusetts) comme étant un « acte de haine« .

Après la fusillade antisémite à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh en octobre 2018, elle a assisté aux offices du Shabbat au Temple Emanuel de Newton dans le cadre de la campagne #ShowUpForShabbat organisée par l’American Jewish Committee. Au Temple Emanuel, elle a dirigé la congrégation en récitant une prière pour le bien-être des États-Unis.

Son compte Twitter officiel de campagne a réagi deux fois dans le sillage de Pittsburgh, une fois après la fusillade du centre Habad de Poway, une autre après celle de Halle en Allemagne, une fois lors de Yom HaShoah (Journée de commémoration de la Shoah en Israël) et lors de l’équivalent américain, l’Holocaust Memorial Day.

La représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, (à gauche), avec la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, démocrate de Californie, aux abords du Capitole à Washington, le 8 mars 2019. (Crédit : AP /J. Scott Applewhite)

Après que la députée Ilhan Omar a été critiquée pour avoir tenu ce que certains considèrent comme des remarques antisémites sur la richesse et l’influence des Juifs en février, la Chambre a voté une résolution visant à condamner l’antisémitisme. Cette résolution a été largement considérée comme une réprimande des propos de l’élue.

Elizabeth Warren a fustigé la résolution, qui, selon elle, était une tentative de faire taire le débat, faisant valoir que « le fait de qualifier automatiquement d’antisémite la critique d’Israël a un effet paralysant sur notre discours public et rend plus difficile l’obtention d’une solution pacifique entre Israéliens et Palestiniens ».

Que pense-t-elle du mouvement de boycott, désinvestissement et de sanction d’Israël – communément appelé BDS ?

« Je ne soutiens pas le boycott, je pense que le boycott est mauvais, mais je crois qu’interdire une activité protégée par la liberté d’expression viole notre constitution fondamentale », a-t-elle commenté en réponse à la loi controversée contre le boycott d’Israël, contre laquelle elle a voté en février 2019.

Son responsable de partenariats progressistes, Max Berger, a participé à la fondation de l’organisation – IfNotNow – et a tweeté en 2017 qu’il était « d’accord avec le BDS ».

La candidate démocrate à la présidence, la sénatrice américaine Elizabeth Warren (Démocrate-Massachusetts), prend la parole lors d’un dialogue communautaire au East Las Vegas Community Center, le 2 juillet 2019 à Las Vegas, Nevada (Ethan Miller/Getty Images/AFP)

Avec quelles organisations juives américaines travaille-t-elle ?

En tant que sénatrice, Elizabeth Warren a accepté l’appui de J Street, le groupe de pression pro-Israël de gauche.

Pendant le blocage du gouvernement [shutdown] à la fin 2018 et début de 2019, la sénatrice a promis de verser son salaire à la HIAS – anciennement connue sous le nom de Hebrew Immigrant Aid Society – un organisme juif à but non lucratif qui soutient les réfugiés. (Les salaires des membres du Congrès n’ont pas été gelés pendant cette période).

Quelle est sa position générale concernant Israël ?

Elle soutient, mais critique certaines de ses politiques.

« Israël vit dans une région dangereuse du monde où il n’y a pas beaucoup de démocraties libérales », a dit Mme Warren peu après avoir déclaré sa candidature à la présidence. « Nous avons besoin d’un Israël fort là-bas. »

« L’Amérique a une relation très spéciale avec Israël », avait-elle déjà déclaré dans une mairie en août 2014. « Israël vit dans une partie très dangereuse du monde… Et nous avons vraiment besoin d’un allié dans cette partie du monde. »

Cependant, dans une interview vidéo « question/réponse » avec le New York Times en juin 2019, Elizabeth Warren a parlé d’une « situation actuelle » en Israël-Palestine qui n’est « pas tenable ». Lorsqu’un membre d’IfNotNow lui a demandé si elle allait « pousser le gouvernement israélien à mettre fin à l’occupation » en juillet, elle a répondu oui.

La candidate démocrate à la présidentielle, la sénatrice Elizabeth Warren (Massachusetts) s’adresse à une foule devant le Francis Marion Performing Arts Center, le 26 octobre 2019 à Florence (Caroline du Sud). (Sean Rayford/Getty Images/AFP)

Quelle est sa position sur le règlement du conflit israélo-palestinien ?

En 2014, elle a voté en faveur d’un financement de 225 millions de dollars pour le Dôme de fer, le système anti-missiles d’Israël. Elle a également défendu les actions d’Israël pendant la guerre de Gaza de 2014,
expliquant : « Lorsque le Hamas place ses lance-roquettes à côté des hôpitaux, à côté des écoles, il utilise sa population civile pour protéger ses installations militaires. Et je crois qu’Israël a le droit, à ce moment-là, de se défendre. »

En 2015, elle a voté en faveur de l’accord nucléaire iranien auquel Netanyahu s’est vigoureusement opposé.

En avril 2018, lors des émeutes à la frontière de Gaza, la sénatrice a exhorté Israël à faire preuve de retenue. « Je suis profondément préoccupée par les morts et les blessés à Gaza », avait-elle réagi. « Alors que d’autres manifestations sont prévues dans les jours à venir, l’armée israélienne devrait faire preuve de retenue et respecter le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement ».

La sénatrice américaine Elizabeth Warren annonce sa candidature à la présidence à l’Everett Mills de Lawrence, Massachusetts, le 9 février 2019. (Joseph PREZIOSO / AFP)

La candidate démocrate soutient également une solution à deux États : une porte-parole de sa campagne, Alexis Krieg, a indiqué à la JTA que « la sénatrice Warren croit qu’une solution à deux États est le meilleur résultat pour les intérêts américains, pour la sécurité d’Israël et son avenir, et pour assurer les droits, la liberté et l’autodétermination des Palestiniens. En tant que présidente, elle tentera de trouver des moyens de préserver la viabilité de la solution à deux États sur le terrain ».

En octobre 2019, Elizabeth Warren a déclaré dans un discours que « c’est la politique officielle des États-Unis d’Amérique de soutenir une solution à deux États, et si Israël va dans la direction opposée, alors tout est sur la table ».

Utiliserait-elle l’aide américaine à Israël pour parvenir à une solution à deux États ?

Quand on lui a demandé lors d’un meeting en octobre si elle envisageait d’utiliser l’aide pour faire pression sur Israël, elle n’a pas apporté de précision se contentant de répéter que « tout est sur la table ».

Comme elle l’a expliqué dans une vidéo diffusée à la conférence de 2019 de
J Street, « Nous devons trouver des moyens de faire des progrès tangibles sur le terrain en vue d’une solution à deux États. Parfois, cela peut signifier qu’il faut trouver des moyens d’exercer des pressions et de créer des conséquences pour les comportements problématiques, comme l’ont fait les présidents démocrate et républicain précédents ».

« Par exemple », a-t-elle poursuivi, « si le gouvernement israélien continue à prendre des mesures pour annexer officiellement la Cisjordanie, les États-Unis devraient préciser qu’aucune de nos aides ne doit être utilisée pour soutenir l’annexion ».

Comme la plupart des candidats démocrates, Elizabeth Warren est contre la poursuite de la construction d’implantations en Cisjordanie.

La sénatrice Elizabeth Warren (Démocrate-Massachusetts) rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 24 novembre 2014. (Haim Zach/GPO/Flash90)

Comment s’entend-elle avec Netanyahu ?

« Soyons clairs : nous pouvons nous élever contre les politiques d’extrême droite du gouvernement Netanyahu comme l’annexion et les implantations tout en soutenant Israël », a affirmé l’élue dans sa vidéo à J Street en 2019. Elle a aussi déclaré que les États-Unis devraient « dénoncer la corruption de Netanyahu ».

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

En avril 2019, lorsque le Premier ministre israélien a promis d’annexer certaines parties de la Cisjordanie s’il était réélu, elle a été l’une des premières parmi les candidats démocrates à s’élever contre une telle décision.

En novembre 2017, elle a fait partie des dix sénateurs à avoir signé une lettre adressée à Netanyahu l’exhortant à ne pas raser les villages palestiniens de Sussiya et de Khan al-Ahmar. Israël avait déclaré ces deux villages illégaux.

Anecdote juive amusante

Elizabeth Warren est soutenue par des célébrités juives telles qu’Amy Schumer, Barbra Streisand, Bette Midler, Gloria Steinem et Scarlett Johansson.

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