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USA : Le gouverneur de Géorgie adopte la définition de l’antisémitisme de l’IHRA

Les soutiens de la loi estiment qu'elle devrait résister aux contestations judiciaires attendues ; ses détracteurs craignent qu'elle n'entrave la liberté d'expression

Le gouverneur de Géorgie (États-Unis), Brian Kemp, signe la loi sur l’adoption de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, au Capitole d'Atlanta, le 31 janvier 2024. (Crédit : Arvin Temkar/Atlanta Journal-Constitution via AP)
Le gouverneur de Géorgie (États-Unis), Brian Kemp, signe la loi sur l’adoption de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, au Capitole d'Atlanta, le 31 janvier 2024. (Crédit : Arvin Temkar/Atlanta Journal-Constitution via AP)

Le gouverneur de Géorgie, Brian Kemp, a promulgué mercredi une loi pour que son État adopte officiellement la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), proclamant dans le même temps son soutien aux résidents juifs.

Le projet de loi avait auparavant été voté avec une large majorité par la Chambre des représentants de Géorgie et le Sénat géorgien.

Dans le même temps, ses critiques, parmi lesquelles différentes organisations dont Jewish Voice for Peace et le Council on American–Islamic Relations (CAIR), ont exprimé leurs craintes que la mesure n’entrave la liberté d’expression des militants s’opposant aux actions d’Israël. Elles affirment ainsi que ce texte de loi géorgien « assimile à tort les critiques d’Israël et du sionisme à une discrimination contre le peuple juif ».

Le gouverneur républicain a déclaré qu’en promulguant la loi, il « réaffirmait notre engagement en faveur d’une Géorgie où chacun peut vivre, apprendre et prospérer en toute sécurité, car il n’y a pas de place pour la haine dans ce grand État ».

Si les soutiens de la loi s’attendent à ce que la mesure soit contestée devant les tribunaux la première fois qu’elle sera utilisée, ils estiment qu’elle sera maintenue. « Je suis convaincu que ça tiendra, comme cela a été le cas dans d’autres États », a déclaré John Carson, représentant républicain de l’État, qui était l’un de ses défenseurs.

La mesure a été votée dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas et d’une recrudescence des incidents antisémites en Géorgie, aux États-Unis et dans le monde.

Les partisans de la loi affirment que l’adoption de la définition de l’IHRA aidera les procureurs et autres responsables à identifier les crimes de haine et la discrimination visant le peuple juif. Cela pourrait ainsi conduire à des sanctions plus lourdes que celles qui auraient été données en vertu de la loi sur les crimes haineux promulguée dans l’État en 2020.

La définition de l’IHRA décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces passages de la définition ont été vivement critiqués ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elles étouffent la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël, en étant utilisées pour qualifier à tort la critique d’Israël d’antisémite. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition. Cependant, la définition indique également que les critiques d’Israël similaires à celles adressées à tout autre pays ne sont pas antisémites.

L’IHRA a introduit la définition en 2016, trois ans après que l’agence antiraciste de l’Union européenne (UE) a supprimé un texte très similaire de son site web suite à des protestations contre son contenu par des militants pro-palestiniens, qui affirmaient qu’il limitait la liberté d’expression.

Selon l’IHRA, 39 États membres des Nations unies ont adopté ou approuvé sa définition de l’antisémitisme, dont la France, l’Allemagne, Israël, le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis. Elle a également été approuvée par l’Union européenne.

L’adoption de la définition de l’IHRA a été l’une des principales demandes des groupes juifs traditionnels auprès des gouvernements et des organisations du monde entier.

L’an dernier, plus d’une centaine d’organisations de défense des droits de l’Homme et des droits civils avaient signé une lettre exhortant les Nations unies à ne pas adopter la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, estimant qu’elle pourrait avoir un impact sur la liberté d’expression et réduire les critiques à l’égard d’Israël.

En 2022, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Gilad Erdan, avait laissé entendre que Guterres annoncerait l’adoption de la définition de l’IHRA lors d’un événement organisé par les Nations unies à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah. Cependant, Guterres n’a fait aucune déclaration de ce type, bien qu’il ait cité la définition de l’IHRA sans la nommer.

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