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Vel d’Hiv : le symbole de la déportation des Juifs sous l’Occupation française

Le 16 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs sont arrêtés. 8 160 personnes sont conduits au stade du Vél d'Hiv avant d'être déportés. Quelques dizaines d'adultes seulement survivront

Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)
Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)

La rafle du Vel d’Hiv il y a 80 ans, qui sera commémorée dimanche par le président Emmanuel Macron sur le site de l’ancienne gare de Pithiviers, est devenue le symbole de la déportation des Juifs sous l’Occupation en France.

La rafle

Le 16 juillet 1942 et les jours suivants, plus de 13 000 Juifs – dont 4 115 enfants – sont arrêtés à leur domicile à Paris et en banlieue par 9 000 fonctionnaires français, dont environ 5 000 policiers sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy.

Entassés dans des autobus, 8 160 personnes, y compris les vieillards et les malades, sont conduits au stade du Vélodrome d’Hiver, sur le quai de Grenelle (XVe arrondissement de Paris), rue Nélaton.

Le 22 juillet, elles sont évacuées vers les camps de Drancy (Seine-Saint-Denis, banlieue nord), de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret, à une centaine de km au sud de Paris) puis envoyées en camps d’extermination. Quelques dizaines d’adultes seulement survivront.

Détail d’une photo de la gare de Bobigny à Paris, point de transport de Drancy à Auschwitz, 2016. (Crédit : Marc Wilson)

L’armistice signé en 1940 obligeait la police française à exécuter les ordonnances de la puissance occupante. La police du gouvernement de Vichy devient ainsi un bras armé des Allemands. Lors de la rafle, le nombre des personnes arrêtées a été bien inférieur aux attentes des Allemands. Des fuites dans la police ont permis à beaucoup d’y échapper.

Cette rafle représente toutefois à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs déportés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

Les responsabilités

De Gaulle, à la Libération puis lors de son retour au pouvoir de 1958 à 1969, et ses successeurs à l’Élysée, jusqu’au socialiste François Mitterrand, se refusent à reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des juifs.

Pour eux, il n’y eut, durant l’Occupation allemande, qu’une seule France légitime, celle de la France libre représentée par de Gaulle, en exil à Londres.

Mais les travaux des historiens, la parole libérée des survivants et les procès d’Adolf Eichmann en Israël, de Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon en France, contribuent à faire progressivement évoluer l’attitude des autorités françaises.

Le président François Mitterrand instaure en 1993 une « journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite ‘gouvernement de l’État français’ (1940-1944) ». Cette commémoration est fixée à la date anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv.

Puis, pour la première fois au plus haut sommet de l’État, un président, Jacques Chirac, reconnaît la responsabilité de la France dans les déportations de Juifs. « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français », dit-il le 16 juillet 1995.

Jacques Chirac lors des cérémonies du 53e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1995. (Capture d’écran INA)

En juillet 2012, le président François Hollande va plus loin : « la vérité, c’est que ce crime fut commis en France, par la France ». Il soulève les critiques de responsables de droite (Henri Guaino) et de gauche (Jean-Pierre Chevènement) tandis qu’au Front national, on appelle à « cesser de culpabiliser les Français ».

En juillet 2017, Emmanuel Macron, nouvellement élu président, réaffirme, pour le 75e anniversaire de la rafle, la responsabilité de la France et prononce un plaidoyer contre l’antisémitisme et le racisme, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le président français Emmanuel Macron (d) serre la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie commémorant le 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv à Paris le 16 juillet 2017. (Crédit : AFP / Pool / Kamil Zihnioglu)

Après avoir affirmé, en avril 2017, que la France n’était « pas responsable du Vel d’Hiv », la patronne du Rassemblement national (ex-Front national) Marine Le Pen change radicalement de discours en juillet 2020, saluant la « mémoire » des victimes de la rafle du Vel d’Hiv et dénonçant « les nouveaux prêcheurs de haine » qui « s’en prennent à nos compatriotes juifs ».

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