Virus : le monde confronté à sa pire crise depuis 1945, 30 000 morts en Europe
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Virus : le monde confronté à sa pire crise depuis 1945, 30 000 morts en Europe

Le secrétaire général de l'ONU décrit une "combinaison d'une maladie menaçante pour tout le monde et d'un impact économique conduisant à une récession sans précédent"

Un propriétaire de restaurant devant des magasins fermés dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 mars 2020 (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Un propriétaire de restaurant devant des magasins fermés dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 30 mars 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le nouveau coronavirus a tué plus de 42 000 personnes dans le monde, dont les trois-quart en Europe, et la pandémie, qualifiée par l’ONU de pire crise à laquelle l’humanité ait été confrontée depuis 1945, menace désormais de submerger les États-Unis.

Deuxième pays du monde le plus endeuillé par la pandémie, l’Espagne a annoncé mercredi avoir enregistré un nouveau record quotidien de 864 morts en 24 heures, passant la barre des 9 000 morts.

Deux mois après la détection d’un premier cas de contamination dans le pays, l’Espagne redoute toujours de voir submergées ses unités de soins intensifs qui travaillent déjà à la limite de leurs capacités.

Depuis le début de la pandémie en décembre en Chine, plus de 830 000 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe, 186 000 aux États-Unis et plus de 108 000 en Asie.

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,75 milliards de personnes, soit 48 % de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

Non sans difficultés dans les zone les plus pauvres, comme à Takadoum, un quartier de Rabat, aux étroites ruelles et aux minuscules fenêtres grillagées. « Je peux supporter de m’entasser dans un 40 mères-carrés avec les cinq membres de ma famille, mais comment résister sans revenus ? », proteste Abdelkhalek, 52 ans.

En Chine, alors que confinement est progressivement levé à Wuhan, berceau de la pandémie, les premiers pas en plein air des habitants sont consacrés à déposer sur les tombes de pierre les urnes contenant les cendres de leurs proches.

« Massacre silencieux »

Ailleurs, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d’un reflux et d’un désengorgement des services de réanimation.

En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès (plus de 12 400 en un peu plus d’un mois), le confinement commence à produire des résultats « encourageants », après trois semaines.

Mais la péninsule a encore compté 837 nouveaux morts en 24 heures, et les médecins italiens s’inquiètent désormais des convalescents, qui quittent l’hôpital dès que leur vie n’est plus menacée, même s’ils sont encore contagieux.

Certains sont envoyés dans des centres, qui accueillent des personnes âgées. En dépit des strictes mesures de protection édictées des médecins évoquent « un massacre silencieux » dans ces structures.

« Dans une guerre comme celle-ci, on ne peut se permettre de s’exposer à l’apparition de nouveaux foyers de contagion qui risquent de transformer ces centres de convalescence en ‘bombes virales’ qui diffusent le virus », met en garde Raffaele Antonelli Incalzi, président de la Société de gériatrie italienne.

240 000 morts envisagés aux Etats-Unis

Près de 500 patients sont aussi morts du coronavirus dans les hôpitaux français ces 24 dernières heures, soit une nouvelle hausse record depuis le début de l’épidémie, qui porte le bilan total à 3 523 morts.

L’Iran lui a dépassé mercredi la barre des 3 000 décès.

Mais ce sont les États-Unis, où près des trois-quarts des Américains vivent désormais confinés, qui risquent de devenir le nouvel épicentre de la pandémie. Le président Donald Trump a demandé à ses concitoyens de se préparer, à l’instar de l’Europe, à des semaines « très, très douloureuses ».

Un total de 4 076 décès ont été recensés mercredi, soit un chiffre multiplié par deux en trois jours, a annoncé l’Université américaine Johns Hopkins, dont les bilans font autorité. Plus de 40 % de ces décès ont été enregistrés dans l’État de New York.

La Maison Blanche a présenté ses projections : selon elle, la maladie devrait faire entre 100 000 et 240 000 morts aux États-Unis avec les restrictions actuelles, contre 1,5 à 2,2 millions sans aucune mesure.

A New York, une douzaine de tentes dressées dans Central Park se préparent à accueillir des malades. « On voit des films comme ‘Contagion’ et on pense que ça ne se produira jamais, alors voir ça pour de vrai, c’est vraiment surréaliste », dit Joanne Dunbar, 57 ans, venue assister à la transformation de ce lieu emblématique de Manhattan en véritable hôpital de guerre.

Une preuve parmi d’autres de la gravité de la situation : le commandant d’un porte-avions nucléaire américain infesté par le coronavirus s’est heurté au refus du Pentagone lorsqu’il a demandé l’autorisation d’évacuer son équipage, coincé dans l’île de Guam, dans le Pacifique.

« Récession sans précédent »

La Russie a annoncé mercredi avoir envoyé un avion chargé d’aide humanitaire aux États-Unis.

Pour le chef des Nations unies, Antonio Guterres, de noter que la Terre vivait sa « pire crise mondiale depuis que l’ONU a été fondée » il y a 75 ans.

Antonio Guterres, secrétaire-général des Nations unies, s’exprime durant le débat général de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 25 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY)

C’est, a-t-il dit, « la combinaison d’une maladie menaçante pour tout le monde et d’un impact économique conduisant à une récession sans précédent dans un passé récent ».

Il existe désormais un risque de « pénurie alimentaire » sur le marché mondial à cause des perturbations liées au Covid-19 dans le commerce international et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, ont averti des agences dépendant de l’ONU et l’OMC.

En Asie, la Bourse de Tokyo a encore creusé nettement ses pertes mercredi (-4,5 %) sur fond de craintes d’un confinement prochain de la capitale du Japon, jusque-là relativement épargné par l’épidémie.

Les marchés européens chutaient aussi mercredi à l’ouverture. La Bourse de Londres a ouvert en forte baisse (-4,16 %), mais Paris (-3,10 %) et Francfort (3,10 %) n’ont guère fait mieux.

Sur le plan sportif, les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver 2022 de Pékin ont reconnu mercredi que le report des JO de Tokyo de 2020 à 2021 les mettait dans « une situation spéciale ». Le coup d’envoi des prochains Jeux d’hiver est prévu le 4 février 2022, soit un enchaînement inédit depuis 1994 de deux JO en l’espace de six mois.

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