Washington finance une ligue de football à Jérusalem pour Juifs et Arabes
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Washington finance une ligue de football à Jérusalem pour Juifs et Arabes

Après avoir réduit les fonds pour les projets de coexistence israélo-palestinienne, l'ambassade verse 200 000 $ à une ligue de quartier pour enfants israéliens et palestiniens

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des participants de la Ligue de quartier de Hapoel Katamon de Jérusalem. (Avec l'aimable autorisation de Hapoel Katamon Jerusalem)
Des participants de la Ligue de quartier de Hapoel Katamon de Jérusalem. (Avec l'aimable autorisation de Hapoel Katamon Jerusalem)

Plus d’un an après que l’administration américaine a annoncé des coupes drastiques dans le financement des programmes en faveur des Palestiniens, l’ambassade des États-Unis à Jérusalem a accordé une belle subvention pour un projet réunissant des enfants juifs et arabes vivant dans la capitale pour jouer au football.

La Hapoel Katamon Neighborhood League, à laquelle participent des enfants de l’ouest et de l’est de la ville, est « en harmonie » avec la vision de paix de Washington, a déclaré l’ambassadeur américain en Israël David Friedman au Times of Israel.

Elle recevra un paiement unique de 200 000 dollars, selon les représentants de l’ambassade.

« Cette année, 51 équipes de 25 écoles différentes prendront part au projet, auquel participeront plus de 750 garçons et filles et 26 entraîneurs de tous les secteurs de la société – juifs religieux et laïcs, musulmans et chrétiens, représentant la diversité de Jérusalem », a déclaré l’ambassade des États-Unis dans un communiqué.

« L’ambassade des États-Unis considère les activités sportives et éducatives comme des outils essentiels pour jeter des ponts entre les différentes communautés et promouvoir une société juste, égalitaire et solidaire. »

Participants de la Hapoel Katamon Neighborhood League de Jérusalem. (Avec l’aimable autorisation de Hapoel Katamon Jerusalem)

En septembre 2018, l’administration du président américain Donald Trump a coupé tous les financements pour les Palestiniens, y compris l’assistance en matière de sécurité et de nombreux projets de coexistence qui bénéficiaient tant aux Palestiniens qu’aux Israéliens. Cette décision a été largement perçue comme une punition pour le refus de l’Autorité palestinienne de coopérer avec la Maison Blanche et le rejet catégorique de son prochain plan de paix après que Trump eut reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et déplacé son ambassade dans la ville.

« Je continue de croire en l’importance d’établir des relations entre Israéliens et Palestiniens, en particulier les enfants. Mais les enfants palestiniens et israéliens seront perdants, et ces programmes seront dénués de sens, si l’AP continue à condamner un plan qu’ils n’ont pas vu et refuse d’y participer », avait tweeté Jason Greenblatt, alors envoyé de paix de la Maison Blanche.

Mais en s’adressant au Times of Israel cette semaine, des responsables américains ont déclaré que les programmes qui ont été coupés en 2018 étaient financés par USAID, l’agence américaine de développement international, et ont profité tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens. Les projets qui réunissaient des Israéliens juifs et non juifs, en revanche, ont continué de recevoir un financement.

Participantes de la Hapoel Katamon Neighborhood League de Jérusalem. (Avec l’aimable autorisation de Hapoel Katamon Jerusalem)

Parmi les participants à la Hapoel Katamon Neighborhood League figurent des centaines d’enfants vivant à Jérusalem-Est qui ne sont pas citoyens de l’État d’Israël.

La subvention de 200 000 dollars a été demandée par l’ambassade de Jérusalem ; l’argent provient du budget alloué aux projets de diplomatie publique du bureau du Département d’État au Moyen Orient.

« La section de diplomatie publique de notre ambassade soutient un large éventail de projets dans tous les secteurs », a déclaré M. Friedman au Times of Israel dans un courriel.

« Dans le cadre de notre travail continu pour construire des ponts entre des personnes de différentes religions et d’origines ethniques différentes, nous avons établi un programme de peuple à peuple (P2P) à Jérusalem qui est en harmonie avec la vision de paix de l’Administration », a-t-il écrit.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman à l’ambassade américaine de Jérusalem, le 30 mai 2018, avant une interview accordée au « Times of Israel » (Crédit : Matty Stern, US embassy Jerusalem)

« Les efforts de recherche de la paix n’existent pas dans le vide ; toutes les parties de la population ont un rôle à jouer dans la construction de la paix – parfois cela signifie un quartier, un dialogue ou un match de football à la fois. Les habitants de Jérusalem de tous les secteurs veulent vivre dans la paix et la dignité. Nos programmes de diplomatie ouverte aident à jeter les bases pour atteindre cet objectif. »

La Neighborhood League méritait une subvention exceptionnellement importante parce qu’elle « correspond à nos priorités », a déclaré Jon Berger, l’attaché culturel de l’ambassade de Jérusalem.

« Nous leur avons dit (au Département d’État) que ce genre de programme permet d’atteindre les objectifs que nous avons en Israël, ce qui signifie rapprocher les différentes composantes de la société, mais aussi donner aux jeunes les moyens de se prendre en charge et leur donner confiance pour qu’ils puissent jouer un rôle réel, apporter une contribution réelle à la société ».

Au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont soutenu 18 projets dits « de peuple à peuple » qui visent à favoriser de meilleures relations entre Israéliens et Palestiniens, selon l’ambassade.

« Beaucoup d’entre eux sont modestes et basés dans le quartier, mais ils ont un impact », a déclaré un fonctionnaire de l’ambassade. « Par exemple, nous avons donné 25 000 $ à Good Neighbors Abu Tor, une organisation israélo-palestinienne qui fait de l’excellent travail pour embellir le quartier et aussi pour que les enfants jouent au football ensemble ».

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