Women’s March: appel à la démission de leaders qui « autorisent l’antisémitisme »
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Women’s March: appel à la démission de leaders qui « autorisent l’antisémitisme »

Suite à la controverse Farrakhan, Teresa Shook a estimé que les cheffes du mouvement ont permis l'entrée en son sein de la haine anti-juive et du sectarisme

Les organisatrices de la Women’s March, de gauhe à droite Bob Bland, Linda Sarsour, Carmen Perez et Tamika Mallory à Atlanta,, le 11 févrirer 2018. Crédit : Paras Griffin/Getty Images for BET via jTA)
Les organisatrices de la Women’s March, de gauhe à droite Bob Bland, Linda Sarsour, Carmen Perez et Tamika Mallory à Atlanta,, le 11 févrirer 2018. Crédit : Paras Griffin/Getty Images for BET via jTA)

La cofondatrice de la Women’s March, Teresa Shook, a appelé ses responsables actuelles à démissionner lundi, estimant qu’elles ont permis l’entrée de l’antisémitisme dans le mouvement.

Dans un post écrit sur Facebook, Shook a déclaré que Bob Bland, Tamika Mallory, Linda Sarsour et Carmen Perez « ont fait dévier le mouvement de sa trajectoire initiale ».

« Contrevenant à nos principes d’unité, elles ont permis à l’antisémitisme, au sentiment anti-LBGTQIA et à une rhétorique haineuse, raciste, d’entrer au coeur de notre plate-forme en refusant de se désolidariser de groupes qui épousent ces convictions racistes et haineuses », a écrit Shook.

La controverse qui entoure la Women’s March est née des liens entretenus par Mallory avec le leader antisémite du groupe Nation of Islam, Louis Farrakhan.

Au début de l’année, Mallory a été critiquée pour ne pas s’être démarquée à l’issue d’un événement durant lequel Farrakhan avait établi que « les Juifs puissants sont mes ennemis », accusant « les Juifs sataniques » d’avoir « la main-mise sur les médias ».

Les organisatrices avaient ultérieurement déclaré que les propos de Farrakhan « ne sont pas sur la ligne des principes d’unité de la Women’s March » tout en défendant Mallory contre les critiques.

Farrakhan se distingue par de nombreuses déclarations antisémites, homophobes et transphobes. Il a été vivement critiqué le mois dernier – notamment par Chelsea Clinton – pour un tweet qui comparait les Juifs à des termites.

La cofondatrice de la Women’s March Teresa Shook. (Capture d’écran : Facebook)

Dans le sillage de l’élection présidentielle de 2016, Shook avait créé l’événement Facebook qui devait donner naissance à la Women’s March à Washington.

Elle était devenue l’une des plusieurs cofondatrices du mouvement, aux côtés de Bland, Vanessa Wruble et Evvie Harmon. Wruble avait recruté Sarsour, Mallory et Perez aux postes de co-présidentes avec Bland.

Au début du mois, l’actrice Alyssa Milano a fait savoir qu’en raison du positionnement adopté par les organisatrices face à Farrakhan, elle ne s’exprimerait pas lors de la prochaine Women’s March.

Les manifestantes dans les rues du centre de Los Angeles pendant la Women’s March contre le président Donald Trump, le 21 janvier 2017 (Crédit : AP Photo/Jae C. Hong)

Sarsour, citoyenne américano-palestinienne, a suscité une vive controverse ces derniers jours pour avoir paru critiquer les Juifs américains libéraux, disant qu’ils préféraient leur soutien à Israël à leur engagement en faveur de la démocratie. Certains ont estimé que ces propos venaient renforcer le préjugé portant sur la double allégeance chez les Juifs.

Le post a suscité la colère de l’AJC (American Jewish Committee), qui a répondu dans un tweet : « Accuser les Juifs de double loyauté est l’un des tropes les plus antisémites, les plus anciens et les plus pernicieux ».

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