Rechercher

Yael German s’exprime sur les accusations d’apartheid et le nucléaire iranien

La nouvelle ambassadrice d'Israël en France a donné deux récentes interviews à la presse française

L'ancienne députée Yesh Atid Yael German assiste à une réunion de commission à la Knesset, le 14 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'ancienne députée Yesh Atid Yael German assiste à une réunion de commission à la Knesset, le 14 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yael German, nouvelle ambassadrice d’Israël en France, a donné deux récentes interviews aux magazines L’Express et Paris Match, après une tribune publiée le mois dernier dans le JDD.

Dans ces récents entretiens, elle est notamment revenue sur la position d’Israël dans la guerre en Ukraine, sur le nucléaire iranien et sur les accusations d’apartheid d’Amnesty International contre le pays.

Au sujet de l’Iran, elle a déclaré qu’Israël est « très inquiet, non seulement à cause du dossier nucléaire, mais aussi en raison des missiles de précision iraniens ».

« Ces missiles se trouvent au Liban, aux frontières d’Israël. Le Hezbollah possède plus de 100 000 missiles : imaginez 100 000 missiles braqués sur Paris. Ce n’est pas le Hezbollah ou la Syrie qui vont décider où et quand tirer ces missiles, ce sont les Iraniens. Nous ferons tout, et nous espérons que nos amis feront tout, pour éviter que l’Iran devienne une puissance nucléaire », a-t-elle expliqué à L’Express.

Concernant les accusations d’apartheid d’Israël contre les Palestiniens, l’ambassadrice s’est dit « furieuse, vraiment furieuse ».

« Nos équipes à l’ambassade ont bien sûr lu ce rapport dans son intégralité. Il apparaît clairement qu’Amnesty ne croit pas que nous ayons le droit de former un État-nation du peuple juif. Tant qu’il y aura un État-nation du peuple juif, pour Amnesty, il s’agira d’un apartheid. Mais c’est notre raison d’être depuis 1948 : former un État juif, pour tous les Juifs dans le monde. Pour que la Shoah ne se reproduise jamais », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que le premier à avoir condamné ce terme d’apartheid a été le député arabe Mansour Abbas.

« De quel droit Amnesty peut dire que nous menons une politique d’apartheid ? Nous vivons à côté de l’Iran, de la Syrie… De toute la région, ils choisissent Israël, dont la très puissante Cour suprême fera en sorte qu’il n’y ait jamais d’apartheid. C’est elle qui a décidé de la liberté totale de mouvement des Arabes en Israël. C’est elle qui protège la démocratie », a-t-elle ajouté.

Elle a dit continuer à croire à la solution à deux États, tout en rappelant que, « pour l’instant, la solution de deux pays pour deux nations ne peut pas être discutée, par manque d’accord au sein du gouvernement, tout comme le sujet des constructions en Cisjordanie », et que, dans tous les cas, l’administration palestinienne ne signerait pas d’accord.

Mme German a dit regretter que la France n’ait pas réagi au rapport d’Amnesty. « J’attendais la même condamnation de la part de la France que des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qui ont dit que c’était n’importe quoi. J’attends encore que la France le dise », a-t-elle dit.

Elle a conclu en ayant un mot au sujet des Juifs de France qui font leur alyah.

« L’année dernière, 3 600 Français ont fait leur alyah », a-t-elle rappelé. « Bien sûr, nous aidons tous les Juifs qui veulent se rendre en Israël. Mais nous n’encourageons pas les Juifs français à venir : nous savons que la France est leur pays, que c’est un pays magnifique à la culture millénaire, en musique, littérature… Nous comprenons tous ceux qui veulent vivre ici. Personnellement, j’aime vivre ici. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...