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« Israël est une démocratie », rappelle Yael German après le rapport d’Amnesty

La nouvelle ambassadrice d'Israël en France a publié une tribune répondant au rapport de l'ONG accusant Israël de mener une "politique d'apartheid" contre les Palestiniens

La députée Yesh Atid Yael German à une réunion de faction au parlement israélien, le 8 janvier 2018.  (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée Yesh Atid Yael German à une réunion de faction au parlement israélien, le 8 janvier 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Yael German, nouvelle ambassadrice d’Israël en France, a publié ce week-end dans le Journal du Dimanche une tribune répondant au rapport d’Amnesty International accusant Israël de mener une « politique d’apartheid » contre les Palestiniens.

Dans son texte, intitulé « Israël est une démocratie », la diplomate a écrit que le rapport d’Amnesty « repose sur une interprétation malheureusement biaisée et décontextualisée des faits ».

« Israël est une démocratie, la seule de la région. La séparation des pouvoirs, la liberté de la presse ainsi que les droits individuels et collectifs des citoyens y sont garantis par la loi. La Cour suprême, qui en est un des piliers, est connue pour son indépendance et a toujours farouchement protégé les valeurs libérales de notre pays. Dans notre démocratie, les citoyens arabes israéliens bénéficient des mêmes droits que leurs compatriotes juifs. Ils sont juges à la Cour suprême, entrepreneurs, ministres, médecins ou journalistes », a-t-elle rappelé.

Listant plusieurs exemples de cette égalité de droits, elle a ensuite critiqué les dirigeants de l’Autorité palestinienne (AP), qui « ont toujours rejeté les offres de compromis territoriaux et de retrait des territoires ».

Elle s’étonne qu’Amnesty s’attaque à Israël plutôt qu’à d’autres pays du Moyen-Orient, dont le Liban, où les réfugiés palestiniens « font l’objet d’un régime de discrimination particulièrement dur, avec restrictions du champs d’activité professionnelle, cantonnement dans des camps fermés, interdiction d’accès à la propriété foncière, inégalité devant les tribunaux et interdiction de participation à la vie politique ou d’intégration dans le corps civique », écrit-elle.

Le groupe Amnesty organise une manifestation devant le siège britannique de la société américaine de voyages TripAdvisor, à Londres, le 30 janvier 2019. (Crédit : Tolga AKMEN / AFP)

« Le régime syrien qui a massacré un demi-million de ses propres citoyens, en utilisant notamment des armes chimiques, a maintenu des centaines de milliers de Kurdes en situation d’apatrides pendant des décennies. De l’Irak au Yémen, en passant par la Libye et la Syrie, les minorités, bien souvent chrétiennes, sont pourchassées, expulsées et massacrées. Pourtant c’est Israël, la seule démocratie de la région, et un des rares pays moyen-orientaux où les minorités s’épanouissent librement, qu’Amnesty a choisi de qualifier d’apartheid », ajoute-t-elle.

Défendant la « société ouverte, diverse et dynamique » israélienne et la « démocratie forte, vivante et capable d’introspection », elle déclare qu’Israël « fait face à une réalité extrêmement complexe », alors que « la plupart des pays de la région ne reconnaissent toujours pas notre droit à exister et des groupes djihadistes comme Daesh, le Hamas ou le Hezbollah attaquent régulièrement nos villes et ont amassé des centaines de milliers de missiles a moins de 150 km de nos grand centres urbains ».

« La diabolisation et le double standard dont fait preuve Amnesty International à notre égard visent à isoler notre pays et contribuent à la perpétuation du conflit », conclut-elle. « L’organisation internationale devrait plutôt s’inspirer des accords d’Abraham pour inciter d’autres pays musulmans à rejoindre le cercle de la paix. Cette dynamique d’acceptation et de reconnaissance mutuelle est le seul moyen d’arriver à un accord, et c’est notre souhait le plus cher, avec notre voisin palestinien. »

De gauche à droite : La députée Yesh Atid Yael German, le leader du parti Yair Lapid et le défenseur des droits LGBT and LGBT Idan Roll qui a rejoint la formation lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 7 février 2019. (Autorisation)

Yael German, nommée l’an dernier, a pris ses fonctions à Paris fin janvier. Elle a remis copie de ses lettres de créances à Philippe Franc, directeur du protocole de l’État français.

Ancienne députée du parti Yesh Atid de 2013 à 2020, Mme German, 74 ans, a longtemps été maire de la ville de Herzliya, de 1998 à 2013. Elle était alors membre du Meretz, classé à gauche – un parti sioniste, socialiste, laïc, écologiste et porté par des valeurs sociales. Elle a également été ministre de la Santé en 2013 et 2014.

Le poste d’ambassadeur d’Israël en France était occupé par des envoyés temporaires depuis qu’Aliza Bin-Noun a quitté ses fonctions à la fin de 2019.

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