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Yair Lapid et Antony Blinken discutent des « défis posés par l’Iran »

Les deux responsables ont évoqué "l'importance de faire pression sur l'Iran" et ont aussi parlé de la Russie et notamment de "l'agression russe contre l'Ukraine"

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à droite, rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le 13 octobre 2021. (Crédit :Shlomi Amsalem GPO)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à droite, rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken, le 13 octobre 2021. (Crédit :Shlomi Amsalem GPO)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et son homologue israélien, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, se sont entretenus cette nuit, a annoncé jeudi matin le département d’État américain. Ils ont évoqué plusieurs questions régionales et mondiales, notamment les « défis posés par l’Iran », selon un communiqué du porte-parole du département d’État, Ned Price.

Les deux hommes ont aussi discuté « des risques d’une nouvelle agression russe contre l’Ukraine », selon le communiqué.

« M. Blinken a réitéré l’engagement inébranlable de l’administration envers la sécurité d’Israël », conclut le communiqué.

Dans un tweet, Yair Lapid a déclaré avoir évoqué « l’importance de faire pression sur l’Iran pour qu’il arrête sa course à l’arme nucléaire » avec M. Blinken. Il n’a fait aucune mention spécifique du conflit russo-ukrainien.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid pendant une réunion de la faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’appel téléphonique a eu lieu alors que Ned Price a fait état de certains progrès lors des discussions de la semaine dernière entre les puissances mondiales et l’Iran à Vienne, visant à rétablir l’accord de 2015 qui a accordé à Téhéran un allègement des sanctions en échange de restrictions de son programme nucléaire.

L’ancien président américain Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord en 2018 et réimposé des sanctions à l’Iran, qui a en retour accéléré ses travaux nucléaires en violation du pacte. L’administration Biden envisage de réintégrer l’accord, mais à condition que l’Iran s’y conforme à nouveau.

« Il y a eu quelques progrès modestes dans les négociations la semaine dernière. Nous espérons nous appuyer sur ces progrès cette semaine », a déclaré Ned Price lors d’un point-presse téléphonique mardi, selon Reuters.

« L’allègement des sanctions et les mesures que les États-Unis prendraient […] en ce qui concerne les sanctions ainsi que les mesures nucléaires que l’Iran devrait prendre si nous devions parvenir à un retour mutuel au respect de l’accord – c’est vraiment au cœur des négociations qui se déroulent actuellement à Vienne », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Département d’État américain, Ned Price, lors d’un point de presse au Département d’État à Washington, le 7 juillet 2021. (AP Photo/Alex Brandon, File)

Ni Yair Lapid ni Antony Blinken n’ont mentionné les moyens à mettre en œuvre pour faire pression sur l’Iran dans leurs déclarations, mais selon des informations publiées mercredi, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré aux responsables israéliens que les sanctions « instantanées » du Conseil de sécurité des Nations unies étaient un moyen efficace de dissuader la République islamique d’enrichir de l’uranium de qualité militaire.

Jake Sullivan s’exprimait face aux responsables israéliens lors d’une visite à Jérusalem en décembre, selon le site d’information Axios.

Des responsables israéliens ont déclaré au site d’information que seul le Royaume-Uni – l’un des signataires de l’accord de 2015 – s’est montré ouvert à l’idée de sanctions rétroactives.

L’Iran a renoncé à tous ses engagements dans le cadre de l’accord et a augmenté le taux d’enrichissement de l’uranium, qui est passé d’une pureté de moins de 4 % à 60 %, ce qui représente une courte étape technique par rapport aux niveaux d’enrichissement de l’uranium de qualité militaire. Les inspecteurs internationaux ont du mal à surveiller les progrès de Téhéran.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan à Jérusalem le 22 décembre 2021. (Crédit : David Azagury/Ambassade américaine à Jérusalem)

Israël s’est vigoureusement opposé aux pourparlers visant à rétablir le pacte, mais ces dernières semaines, les responsables ont indiqué qu’ils étaient prêts à accepter un accord sous une forme ou une autre.

Le mois dernier, Yair Lapid a déclaré qu’Israël n’était pas opposé en principe à tout accord qui pourrait être conclu entre les puissances mondiales et l’Iran.

« Nous n’avons aucun problème avec un accord. Un bon accord est une bonne chose », a-t-il déclaré au New York Times. « La deuxième meilleure solution serait de ne pas conclure d’accord mais de renforcer les sanctions et de s’assurer que l’Iran ne puisse pas aller de l’avant. Et la troisième et pire serait un mauvais accord ».

Yair Lapid n’a pas précisé ce qui constituerait un bon ou un mauvais accord, au-delà de la suppression des dispositions dites de caducité de l’accord de 2015, qui permettent aux garanties d’expirer en 2025, et du fait que le pacte empêche l’Iran de fabriquer une arme nucléaire.

Les négociations visant à rétablir l’accord de 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) ont débuté l’année dernière mais se sont arrêtées en juin, lorsque l’Iran a élu le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Les pourparlers ont repris fin novembre et le dernier cycle a débuté lundi après une pause de trois jours pour les fêtes de fin d’année.

L’AFP a contribué à cet article.

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