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Reprise des négociations sur le nucléaire iranien : tâche « difficile », selon l’UE

Enrique Mora, coordinateur de l'Union européenne, a indiqué que toutes les parties avaient montré "une claire volonté de travailler à la réussite de cette négociation"

Le secrétaire général adjoint et directeur politique du Service européen d'action extérieure, Enrique Mora, s'adresse aux médias devant le "Grand Hotel Vienna" où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos, à Vienne, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : Florian Schroetter/AP)
Le secrétaire général adjoint et directeur politique du Service européen d'action extérieure, Enrique Mora, s'adresse aux médias devant le "Grand Hotel Vienna" où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos, à Vienne, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : Florian Schroetter/AP)

Les négociations pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien qui ont repris lundi à Vienne vont être « très difficiles », a prévenu le coordinateur de l’Union européenne (UE) Enrique Mora.

Après cinq mois d’interruption, les négociations pour sauver l’accord conclu en 2015 ont été relancées fin novembre lors d’un huitième cycle entre les pays toujours parties à l’accord (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Iran et Russie).

M. Mora, qui préside la réunion, a indiqué que toutes les parties avaient montré « une claire volonté de travailler à la réussite de cette négociation ».

« C’est de très bon augure », a-t-il ajouté. « Nous allons travailler très sérieusement dans les jours et les semaines à venir… Cela va être très difficile ».

Le Palais Cobourg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

Les négociateurs vont travailler jusqu’à vendredi, puis s’interrompront pour le week-end pour des raisons logistiques, a précisé M. Mora.

L’enjeu des pourparlers vise à faire revenir dans le pacte les Etats-Unis, qui l’avaient quitté en 2018 et rétabli des sanctions contre l’Iran. Les Etats-Unis participent aux négociations de manière indirecte, Téhéran refusant des discussions directes avec Washington.

« Aujourd’hui, un nouveau cycle de pourparlers s’ouvre. La question des garanties et de la vérification » de la levée des sanctions américaines si Washington réintégrait l’accord « sont à l’ordre du jour », a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, cité par l’agence de presse officielle IRNA.

Pétrole iranien

L’accord de 2015 offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions étouffant son économie, en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l’ONU.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avant sa rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 6 octobre 2021. (Crédit : Kirill Kudryavtsev/Pool/AFP)

Il est moribond depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis et le rétablissement de sanctions économiques affectant plusieurs secteurs économiques du pays, dont l’exportation de pétrole. L’Iran est ensuite revenu progressivement sur la plupart de ses engagements.

« La chose la plus importante pour nous est d’atteindre un point où nous pouvons nous assurer que le pétrole iranien sera vendu facilement et sans aucune limite, que l’argent de ce pétrole sera transféré en devises étrangères sur des comptes bancaires iraniens et que nous pourrons bénéficier de tous les revenus des différents secteurs économiques », a rappelé M. Amir-Abdollahian.

« Nous sommes parvenus à un document commun sur la question nucléaire et sur les sanctions. Aujourd’hui, les premières négociations (à ce sujet) vont commencer », a-t-il ajouté.

Le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh, a « conseillé à tous les participants aux négociations de venir à Vienne avec la volonté d’obtenir un bon accord », soulignant le refus de Téhéran de « perdre du temps et de l’énergie ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh pendant une conférence de presse à Téhéran, le 22 février 2021. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Il a rappelé que la délégation iranienne allait se « concentrer sur deux documents : la levée des sanctions et l’activité nucléaire ».

« Temps compté »

Washington avait déjà mis en garde Téhéran contre des discussions qui traîneraient en longueur, sans pour autant fixer d’ultimatum pour l’instant.

Il ne reste plus que « quelques semaines » pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien si Téhéran continue à développer ses activités atomiques au rythme actuel, a prévenu la semaine dernière le négociateur américain Rob Malley, mettant en garde contre une « crise » en cas d’échec de la diplomatie.

Même ton du côté de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni (E3). « Le temps est compté. A défaut de progrès rapides, au vu de l’avance rapide du programme nucléaire iranien, l’accord deviendra très prochainement une coquille vide », ont averti de hauts responsables.

Jeudi, le coordinateur de l’UE Enrique Mora a estimé qu’ « il était important d’accélérer le rythme sur les questions clés en suspens (…), en travaillant étroitement avec les Etats-Unis ».

Dans une déclaration samedi à l’agence de presse russe RIA Novosti, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique Mohammad Eslami a indiqué que son pays n’avait pas l’intention d’enrichir de l’uranium au-delà de 60 % en cas d’échec des négociations sur son programme nucléaire.

Mohammad Eslami, nouveau directeur de l’agence nucléaire iranienne (AEOI), s’exprime sur la scène de la conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Lisa Leutner)

« Nos objectifs en matière d’enrichissement d’uranium sont de répondre à nos besoins industriels, de production » et à ceux « du peuple iranien », a-t-il dit.

L’ambassadeur russe auprès de l’ONU à Vienne Mikhaïl Oulianov a qualifié cette déclaration de « message « positif ».

Le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid a déclaré lundi qu’ « arrêter le programme nucléaire de Téhéran », était « le premier défi pour la politique sécuritaire et extérieure d’Israël ».

« Nous préférons agir à travers le coopération internationale, mais si nécessaire nous nous défendrons par nous-mêmes », a-t-il ajouté.

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